Je voulais juste être « l’un des gars » dans mon équipe de hockey, mais ce n’était pas toujours facile
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Je voulais juste être « l’un des gars » dans mon équipe de hockey, mais ce n’était pas toujours facile

Même si le hockey n’est pas parfait, il me rappellera toujours mon chez‑moi

Par @alexm
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Ça fait presque 30 ans que j’ai joué au hockey mineur à Rossland, en C.-B., mais ce sont surtout les gars avec qui j’ai joué dont je me souviens. Dallas, la vedette de la ville qui pouvait marquer quand ça lui chantait. Vanni — chaque fois que je faisais une passe sur l’un de ses buts, son père me refilait un huard. Et Mike, mon meilleur ami, qu’on taquinait sans relâche pour avoir remporté le prix du joueur au meilleur esprit sportif six saisons de suite.

Mais un autre coéquipier me revient en mémoire pour des raisons moins agréables. Il faisait partie de ces jeunes de 16 ans avec une méchanceté d’enfant et un physique d’homme. Des épaules proéminentes. Un cou comme un tronc d’arbre. Une pilosité faciale drue et hérissée.

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C’était la saison 1995-1996. Dès le premier entraînement, j’ai su que c’était quelqu’un que je voulais éviter. Il semblait le sentir. Bientôt, il me suivait aux entraînements, me cinglait l’arrière des jambes de coups de bâton et m’insultait de tous les noms.

Le vestiaire est devenu un endroit effrayant. Plus jeunes, il y avait toujours des pères et des entraîneurs dans les parages, mais à l’adolescence, on nous laissait pas mal livrés à nous‑mêmes. Les gars se défiaient dans des combats de boxe casques et gants.

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Ce coéquipier a commencé à me provoquer devant l’équipe. Je l’ai esquivé pendant des semaines, en me changeant vite en civil et en filant par la porte. Mais finalement — peut‑être avais‑je vu trop de films où les brutes finissent par recevoir leur dû — j’ai enfilé mon casque et mes gants pour l’affronter. Prévisiblement, c’est moi qui me suis fait tabasser aux quatre coins du vestiaire.

En me relevant tant bien que mal du plancher de caoutchouc noir, une chose me faisait encore plus mal que la tête qui bourdonnait : le sentiment d’avoir été complètement abandonné par mes coéquipiers, y compris certains de mes plus proches amis.

Sans jamais apprécier le côté physique du hockey, je l’acceptais sur la glace. En match, on se défendait les uns les autres. Tout adversaire qui s’en prenait à l’un de nous devait rapidement composer avec le reste de l’équipe. Mais ce jour‑là, dans le vestiaire, personne n’a pris ma défense. La plupart encourageaient l’autre.

Je ne sais pas très bien pourquoi je suis resté au hockey après ça.

J’aime penser qu’en partie, c’était la fierté que je ressentais en représentant ma ville natale. À huit ans, notre équipe a été invitée à faire un trajet en autobus de 10 heures (père à mon tour aujourd’hui, j’ai une pensée pour nos pauvres papas) pour jouer entre les périodes d’un match de la LNH entre les Canucks de Vancouver et les Kings de Los Angeles. On nous avait remis des casquettes de baseball d’un rose néon saisissant de l’Association de hockey mineur de Rossland. J’ai porté la mienne pendant des années jusqu’à ce qu’elle blanchisse et tombe en morceaux.

Nous n’étions peut‑être qu’un groupe d’enfants de petite ville, mais on avait toujours l’impression qu’on pouvait affronter n’importe qui, même les grosses équipes de Kelowna, Kamloops et Vancouver. Et en 1996‑1997, c’est exactement ce que nous avons fait. Libérée de ce coéquipier qui m’avait tourmenté, notre équipe s’est rendue jusqu’à une finale provinciale en C.-B.

Si je suis honnête, j’avais aussi peur d’être mis à l’écart. À l’époque, mon désir d’être inclus, d’être considéré comme l’un des gars, l’emportait sur la crainte de l’humiliation ou de la violence physique.

C’est un sentiment qui peut être incroyablement destructeur. Rituels de bizutage, bagarres, excès d’alcool, comportements désagréables et agressifs envers les femmes — beaucoup d’hommes font en groupe des choses qu’ils ne feraient jamais seuls.

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Ayant depuis joué au soccer de compétition dans plusieurs pays au cours de ma vie, je ne crois certainement pas que ces problèmes soient exclusifs au hockey ou au Canada. Mais il faut savoir qu’il y a toujours une ligne mince entre les liens d’une équipe et la folie d’une foule.

Au final, je suis heureux de ne pas avoir été poussé hors du hockey. Il s’est simplement effacé de ma vie alors que je partais vivre en Angleterre, puis au Japon, et que je continuais plutôt le soccer.

Mais chaque fois qu’Équipe Canada enfile son chandail pour viser l’or olympique ou que les Canucks accèdent aux séries éliminatoires, je me sens de nouveau happé par le monde du hockey, à la fois brutal et magnifique, et par les souvenirs de ma ville natale, de mes coéquipiers et des joies et peines indissociables du passage à l’âge adulte.

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