Un manufacturier du bois de Prince George soutient que le nouveau fonds forestier de 12 M$ d’Ottawa est largement insuffisant alors que les tarifs et les pertes du secteur frappent les scieries de la C.-B.
Un manufacturier du bois de Prince George affirme que la plus récente aide fédérale à la foresterie est loin de suffire pour une industrie de la Colombie-Britannique éprouvée par les droits américains, les réductions d’activités dans les usines et les pertes d’emplois.
Le gouvernement fédéral a annoncé jeudi un nouveau fonds de 12 M$ que le ministre des Ressources naturelles, Tim Hodgson, a dit vouloir prioriser pour 14 projets destinés à diversifier la production canadienne du bois et réduire la dépendance envers les États‑Unis. Cette annonce survient alors que le bois d’œuvre résineux canadien fait toujours face à des droits d’importation américains que la CBC a rapporté être actuellement de plus de 35 %.
John Brink, qui exploite trois usines de fabrication de produits du bois à Prince George et dans les environs, juge le financement inadéquat face à l’ampleur de la crise que vivent des entreprises comme la sienne. Il dit que son effectif est passé d’environ 400 personnes à une trentaine au cours de la dernière année et qu’il n’a pu accéder à aucune des aides annoncées jusqu’ici.
« C’est une insulte », a dit Brink à CBC News. « C’est dérisoire par rapport à ce qu’il faudrait. »
Des responsables fédéraux affirment être déterminés à soutenir le secteur forestier chancelant de la C.-B. Hodgson a indiqué que le gouvernement s’était déjà engagé à verser 2,5 G$ en appui à la foresterie, dont 500 M$ en garanties de prêt pour le bois d’œuvre résineux et 500 M$ en prêts liés aux droits pour les entreprises confrontées à des pénuries de liquidités. Un autre 500 M$ a été réservé à des programmes de financement du secteur forestier, dont ceux axés sur les produits de construction en bois et les projets dirigés par des Autochtones.
Les pressions sur Ottawa s’accentuent en Colombie-Britannique, où les tarifs et d’autres contraintes du marché ont contribué à des centaines de pertes d’emplois et à des dizaines de fermetures ou de réductions d’activités dans des scieries et des usines de fabrication. Plus tôt ce mois-ci, le premier ministre de la C.-B., David Eby, s’est demandé si le gouvernement fédéral mesurait l’ampleur des dégâts dans la province après l’annonce d’un programme de prêts de 1 G$ pour les industries de l’acier, de l’aluminium et du cuivre.
Lors d’une autre annonce, jeudi, aux côtés de Hodgson, Eby a dit avoir reçu l’assurance que la foresterie obtiendrait le soutien nécessaire. Brian Hawrysh, PDG de B.C. Wood, s’est dit aussi optimiste de voir arriver bientôt une aide plus complète, sans toutefois en connaître les détails.
Dans une déclaration, le ministre des Forêts de la C.-B., Ravi Parmar, a indiqué que la province veut travailler avec Ottawa pour transformer le secteur, tout en exhortant le gouvernement fédéral à accorder à la foresterie le même niveau d’engagement qu’à d’autres industries.
Pour Brink, l’épreuve sera de voir si les programmes annoncés avanceront assez vite, et à une échelle suffisante, pour maintenir en vie les activités restantes.
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