The Southern Poverty Law Center fait face à des accusations fédérales de fraude concernant un ancien programme d'informateurs rémunérés après une année marquée par des licenciements et des turbulences à la direction.
La Southern Poverty Law Center a été mise en accusation par des autorités fédérales pour des faits de fraude liés à son recours passé à des informateurs confidentiels rémunérés, ouvrant un important combat juridique pour une organisation de défense des droits civils déjà éprouvée par des licenciements, des dissensions internes et un changement à la tête.
Le Justice Department a annoncé mardi qu'un grand jury fédéral en Alabama a inculpé l'association à but non lucratif basée à Montgomery de 11 chefs d'accusation, dont fraude électronique, fraude bancaire et complot en vue de commettre du blanchiment d'argent. Les procureurs allèguent que le SPLC a versé des paiements à des personnes liées à des groupes extrémistes dans le cadre de ses enquêtes sans avoir correctement divulgué la pratique aux donateurs ou aux banques.
L'affaire marque une nette escalade par rapport à ce que le président par intérim et chef de la direction du SPLC, Bryan Fair, avait décrit plus tôt mardi comme une enquête portant sur un programme d'informateurs aujourd'hui abandonné. L'organisation nie les accusations et affirme que son travail visait à surveiller des groupes extrémistes violents et à partager des renseignements crédibles avec les forces de l'ordre.
Le ministre par intérim de la Justice, Todd Blanche, a accusé le groupe lors d'une conférence de presse d'avoir payé des sources pour encourager l'extrémisme qu'il condamnait publiquement. Il a déclaré que les accusations comprennent six chefs de fraude électronique, quatre chefs de fraude bancaire et un chef de complot en vue de commettre du blanchiment d'argent.
Fair, dans une déclaration rapportée après l'acte d'accusation, a qualifié les accusations de fausses et a dit que l'organisation se défendrait. “S'attaquer à la haine violente et aux groupes extrémistes fait partie des travaux les plus dangereux qui soient, et nous croyons aussi que c'est l'un des travaux les plus importants que nous accomplissons. Pour être clair, ce programme a sauvé des vies,” a-t-il dit.
L'acte d'accusation, rendu dans le Middle District of Alabama, allègue que plus de 3 millions de dollars de dons ont été acheminés en secret vers des personnes associées à des groupes de haine d'extrême droite liés à des organisations néonazies, à l'Aryan Nation et à des groupes associés au Ku Klux Klan. CBS News a rapporté que l'acte d'accusation indique que le programme a fonctionné de 2014 à 2023 et n'allègue pas que l'argent ait été versé directement aux groupes de haine eux-mêmes.
Les procureurs allèguent également que le SPLC a utilisé des comptes bancaires liés à des entités fictives pour dissimuler la nature et le contrôle des fonds. L'acte d'accusation a identifié des entités portant des noms tels que Center Investigative Agency, Fox Photography et Rare Books Warehouse, selon CBS News.
La défense du SPLC repose sur l'argument selon lequel des informateurs confidentiels étaient nécessaires pour enquêter sur des groupes violents tout en protégeant les sources et leurs familles. Fair a déclaré avant l'annonce des accusations que le SPLC avait partagé les informations recueillies auprès des informateurs avec les forces de l'ordre locales et fédérales, y compris le FBI, tout en limitant une divulgation plus large pour protéger la sécurité des informateurs. Il a également affirmé que l'organisation ne travaille plus avec des informateurs rémunérés.
L'acte d'accusation intervient après une période de turbulences internes inhabituelles au SPLC. Margaret Huang, qui dirigeait l'organisation, a démissionné en juillet dernier après que 92 % du personnel eut soutenu un vote de défiance quelques mois plus tôt, selon The Las Vegas Sun cité par Fox News. Le centre avait licencié environ 80 employés, soit près d'un quart de son effectif, en juin 2024, a rapporté le média.
Huang a déclaré qu'elle avait démissionné parce qu'elle ne pouvait pas à la fois s'occuper de ses parents et répondre aux exigences du poste, tandis que le SPLC a alors dit qu'elle quittait son poste après cinq ans à la tête de l'organisation pour privilégier la vie familiale. Fair, professeur de droit constitutionnel à l'University of Alabama et ancien président du conseil d'administration du SPLC, est devenu président par intérim et chef de la direction après son départ.
L'organisation avait déjà fait l'objet d'un examen et de bouleversements internes. En 2019, elle a licencié le cofondateur et chief trial counsel Morris Dees et l'a retiré de son conseil d'administration, selon le SPLC, ce qui a entraîné une restructuration plus large qui a ensuite conduit à la nomination de Huang au poste de présidente et chef de la direction. Dees n'a pas été inculpé.
L'affaire actuelle se déroule également dans un contexte d'hostilité ouverte entre le SPLC et des responsables de l'administration Trump ainsi que leurs alliés. Le directeur du FBI, Kash Patel, a mis fin aux liens du bureau avec le SPLC en octobre, l'accusant d'opérer comme une « machine à diffamer », selon le matériau source capturé. Le SPLC a soutenu que l'administration cible des organisations qui s'opposent à l'extrémisme et défendent les droits civils.
Certaines données du matériau source doivent rester distinctes et ne doivent pas être confondues : l'acte d'accusation allègue que plus de 3 millions de dollars de dons ont transité par le programme d'informateurs, tandis qu'un critique cité par Fox News a affirmé que le SPLC disposait de près d'un milliard de dollars en réserves. Le chiffre de l'acte d'accusation décrit la conduite alléguée en question ; la revendication sur les réserves n'est pas présentée comme une accusation.
La procédure judiciaire devrait désormais mettre à l'épreuve à la fois les allégations du Justice Department concernant le programme d'informateurs et la défense du SPLC selon laquelle ses tactiques faisaient partie d'un travail d'enquête dangereux. L'organisation dit qu'elle poursuivra sa mission tout en se défendant, défendant son personnel et ses pratiques passées devant les tribunaux.
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