Le Sénat philippin a été bouclé après que des coups de feu ont été entendus dans le complexe de Manille où le sénateur Ronald dela Rosa, recherché par la CPI, s’était réfugié.
Des responsables ont indiqué qu’il n’y avait pas eu de victimes et que Dela Rosa était en sécurité avec des agents de sécurité. L’origine des tirs restait inconnue, et le gouvernement a nié avoir lancé une opération pour l’arrêter.
Des forces de sécurité ont été vues en train d’entrer dans l’édifice du Sénat ou d’en boucler les abords après que Dela Rosa eut dit croire que son arrestation était imminente et exhorté les Philippins à empêcher tout transfert vers La Haye. Des images télévisées ont montré des commandos de police en treillis à l’intérieur du bâtiment et des policiers antiémeute au périmètre; des journalistes de Reuters cités par CBC ont également vu arriver plus de 10 militaires, dont certains portaient des fusils d’assaut.
Dela Rosa, 64 ans, a été chef de la police sous l’ex‑président Rodrigo Duterte et a été une figure centrale de la campagne antidrogue de Duterte, au cours de laquelle des milliers de présumés suspects de drogue ont été tués. La CPI a mis en cause Dela Rosa en lien avec cette répression, et CBC ainsi que The Guardian ont rapporté que la cour avait rendu public ou confirmé cette semaine un mandat d’arrêt à son encontre. Dela Rosa a nié toute implication dans des homicides illégaux.
La confusion s’est accentuée alors que des responsables donnaient des versions divergentes sur qui était entré au Sénat et qui avait tiré. Le secrétaire du Sénat, Mark Llandro Mendoza, a déclaré aux journalistes que des agents des forces de l’ordre, présumés provenir du National Bureau of Investigation, avaient tenté d’entrer au Sénat et avaient tiré en se repliant. Le directeur du NBI, Melvin Matibag, a toutefois déclaré à GMA News qu’aucun agent du NBI n’avait été déployé.
Le ministre de l’Intérieur, Jonvic Remulla, a indiqué que les autorités ignoraient toujours qui avait ouvert le feu et que les images de surveillance devraient être examinées. Il a précisé que le président Ferdinand Marcos Jr. avait ordonné aux responsables de sécuriser les sénateurs et a insisté sur le fait que le gouvernement n’était pas là pour détenir Dela Rosa.
« Nous ne sommes pas ici pour arrêter le sénateur Dela Rosa, a dit M. Remulla. En fait, nous sommes ici pour le protéger. »
Personne n’avait été arrêté en lien avec la fusillade, a ajouté Remulla. Le président du Sénat, Alan Peter Cayetano, a demandé au public de transmettre toute vidéo pouvant aider les enquêteurs.
Dela Rosa a cherché à obtenir une protection juridique à mesure que l’affaire devant la CPI progresse. Ses avocats ont demandé à la Cour suprême de bloquer toute tentative de le transférer à La Haye, et CBC a rapporté que la cour avait accordé 72 heures aux parties à la requête d’urgence pour répondre.
L’impasse survient sur fond de fracture politique plus large entre la famille Duterte et Marcos. Duterte est détenu à La Haye depuis 2025 alors qu’il fait face à des procédures de la CPI liées à la guerre antidrogue. La chambre basse du Congrès a aussi voté cette semaine pour entamer une procédure de destitution contre la vice‑présidente Sara Duterte, la fille de Rodrigo Duterte, le Sénat étant appelé à jouer un rôle décisif pour la suite.
Pour l’heure, le Sénat demeurait bouclé, Dela Rosa restait à l’intérieur sous protection, et les autorités n’avaient pas encore identifié publiquement qui avait tiré.
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