Keir Starmer fait face à un vote aux Communes sur une enquête proposée concernant ses déclarations au sujet de l’habilitation de sécurité de Lord Mandelson, même si une rébellion majeure au sein du Labour paraît peu probable.
Sir Keir Starmer est confronté à un vote aux Communes sur l’opportunité d’une enquête le visant à la suite d’allégations selon lesquelles il aurait induit les députés en erreur au sujet de l’habilitation de sécurité de Lord Mandelson pour le poste d’ambassadeur aux États-Unis.
La motion menée par les Conservateurs demande aux députés de renvoyer l’affaire au Comité des privilèges, l’organe interpartis chargé d’examiner les possibles violations des règles parlementaires. Elle ne devrait pas être adoptée à moins qu’un grand nombre de députés travaillistes ne se rebellent, et la BBC a indiqué qu’il n’existe aucune preuve de l’émergence d’une telle rébellion.
Pour autant, Downing Street est intervenu lundi soir pour renforcer le soutien parmi les députés travaillistes, des ministres du cabinet contactant des députés d’arrière-ban tandis que des dirigeants du parti apportaient publiquement leur soutien au Premier ministre. Starmer a déclaré aux députés travaillistes que le vote relevait de la « pure politique » et les a exhortés à « faire bloc contre lui ».
La motion, menée par la dirigeante conservatrice Kemi Badenoch, a également été signée par le chef des Libéraux-démocrates, Sir Ed Davey, ainsi que par des députés du SNP, du DUP et des indépendants. Elle s’attache à déterminer si les déclarations de Starmer aux Communes au sujet de la nomination de Lord Mandelson étaient exactes, y compris ses affirmations répétées selon lesquelles « l’intégralité de la procédure régulière » a été respectée, que Lord Mandelson a été soumis à une procédure de « Developed Vetting » et qu’aucune pression n’a été exercée sur les fonctionnaires du Foreign Office.
Downing Street a rejeté ces allégations. Un porte-parole a déclaré que ces affirmations « n’ont aucun fondement » et que le gouvernement coopère « en toute transparence » avec deux processus parlementaires qui examinent déjà la nomination de Lord Mandelson.
Les enjeux sont élevés, car le Code ministériel prévoit que les ministres qui induisent sciemment le Parlement en erreur sont censés démissionner, tandis que les erreurs involontaires doivent être corrigées dans les plus brefs délais. Le Comité des privilèges a précédemment conclu, en 2023, que l’ancien Premier ministre Boris Johnson avait induit les députés en erreur au sujet des fêtes à Downing Street pendant la pandémie de Covid.
Le vote aura lieu après que deux anciens hauts responsables gouvernementaux — l’ancien chef de cabinet de Starmer, Morgan McSweeney, et Sir Philip Barton, l’ancien plus haut fonctionnaire du Foreign Office — auront témoigné devant la Commission des affaires étrangères. Leur témoignage pourrait influer sur l’état d’esprit des députés, même si le Labour a reçu la consigne de rejeter la proposition.
Des documents publiés lundi ont apporté des précisions supplémentaires au différend. Le gouvernement a diffusé une lettre de septembre 2025 dans laquelle Sir Chris Wormald, alors chef de la fonction publique, indiquait à Starmer que « des processus appropriés » avaient été suivis. Par ailleurs, des éléments écrits publiés par la Commission des affaires étrangères indiquent qu’Ian Collard, alors responsable de la sécurité au Foreign Office, a ressenti une pression pour aboutir rapidement en raison de contacts réguliers avec le 10 Downing Street, mais ne pensait pas que cette pression ait influencé l’appréciation professionnelle à laquelle lui ou son équipe sont parvenus.
Sir Olly Robbins, ancien plus haut fonctionnaire au Foreign Office, a livré un récit similaire la semaine dernière, affirmant qu’il y avait eu une « pression constante » sur le calendrier de l’habilitation, sans que cela n’affecte sa décision d’accorder l’habilitation de sécurité.
Les partis d’opposition pressent les députés travaillistes de soutenir le renvoi au comité, tandis que des responsables de premier plan au Labour soutiennent que les travaux en cours des commissions doivent se poursuivre. Le test immédiat est de savoir si le gouvernement peut maintenir ses députés alignés lorsque la motion sera soumise au vote.
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