Un homme californien de 31 ans accusé d’avoir ouvert le feu à proximité du dîner de l’Association des correspondants de la Maison‑Blanche a été inculpé devant un tribunal fédéral pour tentative d’assassinat du président Donald Trump, une affaire qui a intensifié l’examen de la sécurité autour des événements politiques de haut profil à Washington.
Cole Tomas Allen, de Torrance, en Californie, est comparu lundi devant un tribunal fédéral à Washington et n’a pas plaidé. Il a été placé en détention au moins jusqu’à une audience de mise en détention prévue jeudi. Les procureurs l’ont également accusé de deux chefs liés aux armes à feu après avoir déclaré qu’il avait traversé des frontières d’État avec des armes et qu’il avait foncé vers un point de contrôle de sécurité au Washington Hilton samedi soir.
L’attaque s’est déroulée alors que Trump, le vice‑président JD Vance, des membres du Cabinet, des parlementaires, des journalistes et d’autres invités étaient rassemblés pour le dîner annuel. Les autorités ont indiqué qu’un agent du Secret Service avait été atteint à la poitrine mais protégé par un gilet pare‑balle et qu’il avait depuis été libéré de l’hôpital. Les enquêteurs n’ont pas précisé de façon définitive si la balle qui a frappé l’agent avait été tirée par Allen ou par les forces de l’ordre lors des échanges.
Accusations et chronologie alléguée
Les procureurs fédéraux ont déclaré qu’Allen portait un fusil à pompe calibre 12, un pistolet semi‑automatique de calibre .38 et trois couteaux lorsqu’il s’est approché du point de contrôle de l’hôtel au niveau de la terrasse, un étage au‑dessus de la salle de bal où se tenait le dîner. Selon un affidavit du FBI décrit dans les documents d’accusation, le personnel du Secret Service a entendu un coup de feu bruyant après qu’Allen a traversé un portique détecteur de métaux en tenant une longue arme.
Les responsables ont dit que l’agent blessé a tiré à plusieurs reprises sur Allen, qui est tombé au sol, a subi des blessures mineures et a été arrêté. Le procureur général par intérim Todd Blanche a déclaré lundi que les enquêteurs estiment que l’agent a tiré cinq fois et qu’Allen a au moins une fois déchargé son fusil, mais il a précisé que les analyses balistiques étaient encore en cours.
L’affidavit indique qu’Allen a quitté la région de Los Angeles en train le 21 avril, a transité par Chicago et est arrivé à Washington le 24 avril, la veille du dîner. Il s’est enregistré au Washington Hilton après son arrivée dans la capitale, selon les procureurs.
Les autorités ont également cité des écrits qu’elles attribuent à Allen et qu’il aurait envoyés ou programmés pour être envoyés à des membres de sa famille et à un ancien employeur autour du moment de l’incident. Les documents décrivaient des responsables de l’administration comme des cibles à prioriser selon leur rang, selon l’affidavit. Les procureurs ont dit que ces écrits aidaient à établir l’intention, tandis que les responsables fédéraux ont déclaré que le mobile plus large reste l’objet d’une enquête.
La tentative d’assassinat du président est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité. Les chefs d’accusation liés aux armes à feu comportent des peines distinctes si Allen est reconnu coupable.
Des questions de sécurité demeurent
La fusillade a relancé les interrogations sur le périmètre de sécurité du Washington Hilton et sur la décision d’organiser un événement réunissant le président, le vice‑président et d’autres hauts responsables au même endroit. CBS News a rapporté que plus de 2 500 personnes avaient assisté au dîner, parmi lesquelles des journalistes, des responsables de l’administration, des parlementaires et des célébrités.
Les responsables fédéraux ont défendu la réponse. « Les forces de l’ordre n’ont pas failli », a déclaré Blanche, ajoutant qu’Allen se trouvait un étage au‑dessus de la salle de bal, avec des centaines d’agents fédéraux entre lui et le président.
Le directeur du Secret Service, Sean Curran, a également défendu les actions de ses agents, tout en affirmant que l’agence examinerait la sécurité des événements au cas par cas. Un haut responsable de la Maison‑Blanche a déclaré à la BBC que la cheffe de cabinet de la Maison‑Blanche, Susie Wiles, convoquerait une réunion cette semaine pour discuter des protocoles et des pratiques pour les grands événements.
La procureure des États‑Unis pour le district de Columbia, Jeanine Pirro, a indiqué que d’autres charges étaient attendues au fur et à mesure de l’enquête. Des mandats de perquisition ont été exécutés en Californie et à Washington, ont déclaré des responsables, et les enquêteurs ont saisi plusieurs appareils dans la chambre d’hôtel d’Allen et chez lui en Californie.
La prochaine étape majeure de l’affaire est l’audience de mise en détention de jeudi, où les procureurs devraient faire valoir qu’Allen doit rester en détention pendant que la procédure pénale et l’enquête sur la sécurité se poursuivent.
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