L'Iran a déclaré que le cadre américano‑iranien en cours exige le retrait d'Israël du sud du Liban, révélant un désaccord majeur alors que les combats s'atténuent mais se poursuivent.
Téhéran a indiqué mardi que les forces israéliennes ne pouvaient pas rester dans le sud du Liban dans le cadre d'un accord américano‑iranien en cours, ouvrant un affrontement direct avec Israël sur la question de savoir si le cadre destiné à arrêter la guerre plus large limite également la campagne israélienne contre le Hezbollah.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré que toute troupe israélienne encore présente dans le sud du Liban, ou toute frappe israélienne là-bas après l'entrée en vigueur de l'accord, constituerait une violation de l'entente. Des responsables israéliens ont rejeté cette interprétation, affirmant qu'Israël n'est pas partie prenante de l'accord américano‑iranien et qu'il conservera la capacité d'agir contre le Hezbollah.
Ce désaccord est important parce que le Liban a été le débordement le plus meurtrier du conflit entre les États-Unis et l'Iran. Près de 3 800 personnes ont été tuées et environ 1,2 million déplacées par l'offensive israélienne contre le groupe soutenu par l'Iran, le Hezbollah, selon des chiffres cités dans les reportages fournis. Les combats se sont calmés après que le Pakistan, médiateur entre Washington et Téhéran, a annoncé lundi qu'un accord avait été conclu prévoyant la fin des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. Ils ne se sont pas arrêtés entièrement.
L'Agence nationale d'information du Liban, organe d'État, a rapporté mardi que des frappes de drones israéliens ont tué au moins quatre personnes dans la région de Nabatiyeh, au sud du Liban. L'agence a indiqué que les frappes israéliennes dans le sud avaient fait au moins cinq morts depuis lundi. Le Hezbollah a également déclaré lundi qu'il avait tiré des drones, des roquettes et de l'artillerie sur des véhicules militaires israéliens dans le sud du Liban; l'armée israélienne a dit avoir intercepté des roquettes et n'a signalé aucune victime liée à ces tirs.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré tard lundi que les troupes israéliennes resteraient dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire, affirmant que l'Iran avait exigé un retrait mais qu'il « s'est montré ferme ». Des responsables israéliens ont également indiqué que l'armée maintiendrait ce qu'ils ont décrit comme une liberté d'action au Liban pour prévenir les attaques du Hezbollah.
Le cadre américano‑iranien reste préliminaire et, selon certains récits, n'est pas encore réglé sur le plan procédural. Des responsables américains ont déclaré que le président Donald Trump, le vice‑président JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf avaient signé le protocole d'entente, tandis qu'une cérémonie de signature formelle est toujours attendue vendredi en Suisse. Les comptes rendus publics fournis diffèrent sur le lieu exact, l'un situant la cérémonie à Genève et un autre affirmant que des responsables suisses ont confirmé la station de Burgenstock près de Lucerne.
Le texte du protocole n'a pas été rendu public. Vance a déclaré à CNBC que l'accord prolongerait le cessez‑le‑feu américano‑iranien de 60 jours et ouvrirait des discussions sur le programme nucléaire iranien, le détroit d'Ormuz et d'autres sujets, mais il a dit qu'« il restait beaucoup » de détails à régler. Trump a déclaré au G7 que la prochaine série de pourparlers pourrait aller vite mais pourrait aussi durer plus longtemps que la période de 60 jours.
Washington maintient également la pression sur Téhéran pendant les négociations. Un haut responsable américain a déclaré que la posture actuelle des forces américaines au Moyen‑Orient resterait en place pendant la période de négociation, malgré l'espoir d'une réduction éventuelle si un accord final était conclu. Des responsables américains ont aussi contesté des récits iraniens suggérant que des milliards de dollars de fonds gelés étaient déjà en cours de libération, précisant que l'assouplissement des sanctions dépendrait des performances iraniennes.
Pour le Liban, le test immédiat est de savoir si l'atténuation des violences se maintiendra alors qu'Israël et l'Iran avancent des interprétations contradictoires de ce que le cadre américano‑iranien exige. Des responsables locaux du sud du Liban ont averti les personnes déplacées de ne pas rentrer précipitamment chez elles, signe que même une ouverture diplomatique ne s'est pas encore traduite en sécurité sur le terrain.
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