La Russie a durci ses critiques envers le soutien européen à l’Ukraine tout en affirmant rester ouverte au dialogue avec l’Union européenne, alors que les efforts de paix stagnent.
La Russie a accusé mardi l’Europe de devenir un danger pour la sécurité internationale, même si un haut conseiller du Kremlin a déclaré que Moscou restait ouvert au dialogue avec l’Union européenne, un message en deux volets qui souligne à quel point les efforts de paix autour de l’Ukraine restent lointains.
Le ministre des Affaires étrangères Sergei Lavrov a déclaré aux envoyés étrangers à Moscou que le soutien militaire européen à Kyiv transformait l’Europe en « une menace majeure pour la paix et la sécurité internationales ». Il a également soutenu que les États-Unis ne jouent plus le rôle de médiateur neutre dans les efforts pour mettre fin à la guerre de la Russie contre l’Ukraine.
« Quant aux États-Unis, d'après leurs actions, ils semblent abandonner toute prétention au rôle de médiateur objectif et suivre au contraire une voie d'escalade de la pression des sanctions contre la Russie », a déclaré Lavrov.
Ces propos interviennent alors que les pourparlers dirigés par les États-Unis visant à mettre fin à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie restent effectivement gelés, l’attention du président Donald Trump étant détournée vers le Moyen-Orient. Ils font aussi suite au geste surprise du président du Conseil européen António Costa la semaine dernière, qui a ouvert un canal diplomatique avec le Kremlin pour tester s’il existait des conditions favorables à des négociations de paix. L’équipe de Costa a conclu que de telles discussions ne sont pas actuellement viables.
Yuri Ushakov, un conseiller du président russe Vladimir Putin, a dit que la Russie était prête au dialogue avec l’UE tout en répétant la position du Kremlin selon laquelle c’est l’Europe, et non Moscou, qui prolonge la guerre en Ukraine. Ushakov n’a pas abordé mardi d’éventuels contacts avec l’équipe de Costa.
Au lieu de cela, il a accusé Bruxelles de chercher à saper ce que Moscou décrit comme des accords conclus à Anchorage, en référence au sommet en Alaska de l’an dernier entre Trump et Putin. Cette réunion s’était terminée sans engagements en faveur d’un cessez-le-feu en Ukraine. Moscou affirme que Washington a accepté une « formule d'Anchorage » vaguement définie impliquant un gel le long de la ligne de front et des limites au soutien militaire occidental à Kyiv, mais des responsables américains n’ont jamais reconnu de telles ententes.
Le fossé diplomatique reste important. L’une des principales conditions avancées par Moscou pour des négociations de paix est le retrait de l’Ukraine de la région orientale du Donbas, où les forces de Kyiv contrôlent encore des parties du territoire. L’Ukraine a exclu de le céder, laissant la diplomatie prise entre la volonté affichée de la Russie de discuter et des exigences que Kyiv a rejetées.
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