Marché carbone de l'UE

Des États de l'UE freinent les règles carbone face à la hausse des coûts industriels

Plusieurs gouvernements estiment que les réductions prévues des quotas gratuits pourraient accroître la pression sur l’industrie lourde, tandis que Bruxelles indique qu’une approche plus souple, secteur par secteur, pourrait être envisagée

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Des États de l'UE freinent les règles carbone face à la hausse des coûts industriels
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Brussels
Brussels, Brussels-Capital, Belgium
Les ministres de l’UE pressent Bruxelles de ralentir les réductions des quotas gratuits de carbone, avertissant que la hausse des coûts pourrait pousser l’industrie lourde hors du bloc.
Marché du carbone Système d'échange de quotas d'émission de l'UE Union européenne Industrie lourde Politique industrielle

Les ministres de l’UE pressent Bruxelles de ralentir les réductions des quotas gratuits de carbone, avertissant que la hausse des coûts pourrait pousser l’industrie lourde hors du bloc.

Plusieurs pays de l’Union européenne demandent à Bruxelles d’assouplir les modifications prévues du marché carbone du bloc, affirmant que des réductions plus marquées des allocations gratuites d’émissions pourraient alourdir les coûts de production et pousser l’industrie lourde hors d’Europe.

Les inquiétudes ont été soulevées jeudi lors d’une réunion des ministres de l’Industrie à Bruxelles, où la Bulgarie, la République tchèque, la Grèce, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie ont fait valoir que les producteurs d’acier, de ciment, d’aluminium et de produits chimiques sont frappés par la hausse des prix de l’énergie, l’instabilité géopolitique et des règles plus strictes dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (ETS).

Le litige porte sur le nombre de quotas gratuits de carbone que recevront les industries à forte intensité énergétique entre 2026 et 2030. La Commission européenne a annoncé le 11 mai qu’elle entend resserrer ces allocations, avec des réductions pouvant, dans certains cas, atteindre 50 % par rapport à la décennie précédente.

Les ministres ont décrit le plan comme une déception, selon Euronews, et un document diffusé par les six pays soutenait que Bruxelles demande à certaines usines de décarboner plus rapidement que ne le permettent les technologies et les conditions commerciales actuelles. Les gouvernements ont indiqué que de nombreux processus industriels lourds dépendent encore de la chaleur issue des combustibles fossiles parce que les alternatives moins carbonées ne sont pas encore disponibles à grande échelle ou restent trop coûteuses.

L’Italie et l’Autriche ont également soutenu l’appel en faveur d’un allégement. Le ministre italien de l’Industrie Adolfo Urso a déclaré que la pression sur l’industrie était déjà sévère avant que le dernier conflit au Moyen-Orient n’aggrave les inquiétudes énergétiques de l’Europe. « Il le fallait alors, c’est encore plus nécessaire maintenant pour faire face à la situation », a déclaré Urso à ses homologues.

Le ministre fédéral autrichien de l’Économie et de l’Énergie Wolfgang Hattmannsdorfer a dit que les producteurs d’acier doivent faire face à des coûts de décarbonation majeurs au cours des cinq prochaines années, estimés entre 1 et 2 milliards d’euros. « Les certificats gratuits (ETS) doivent être prolongés car le système devient de plus en plus un désavantage concurrentiel pour notre industrie européenne », a-t-il dit.

Les ministres ne demandent pas que les règles climatiques soient abandonnées. Ils réclament plutôt une transition plus lente, notamment un gel temporaire des valeurs de référence aux niveaux actuels et une méthodologie révisée qui reflète la capacité de production réelle et des mixes énergétiques plus réalistes.

Le commissaire à l’Industrie Stéphane Séjourné a signalé que la Commission pourrait envisager une approche plus adaptée dans le cadre de la révision de l’ETS. Il a dit que Bruxelles examinerait « une méthodologie adaptée » plus souple selon les secteurs, tout en évoquant 30 milliards d’euros de fonds financés par 400 millions de quotas ETS pour soutenir les investissements de décarbonation industrielle.

L’épreuve suivante est de savoir si la révision de la Commission offrira suffisamment de flexibilité pour satisfaire les gouvernements préoccupés par la compétitivité sans affaiblir le cadre plus large de la politique climatique de l’UE.

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