Commerce transatlantique

La menace de Trump d’augmenter les tarifs automobiles de l’UE remet les constructeurs européens dans la ligne de mire

Le président américain affirme que les tarifs sur les voitures et camions fabriqués dans l’UE pourraient passer de 15 % à 25 %, ravivant un contentieux autour d’un accord commercial inachevé

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La menace de Trump d’augmenter les tarifs automobiles de l’UE remet les constructeurs européens dans la ligne de mire
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La menace de Trump d’augmenter les tarifs sur les voitures et camions fabriqués dans l’UE place l’industrie automobile européenne au cœur de nouvelles tensions commerciales transatlantiques.
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L’industrie automobile européenne se retrouve au centre d’un bras de fer commercial transatlantique après que le président américain Donald Trump a menacé d’augmenter les tarifs sur les voitures et camions fabriqués dans l’Union européenne, passant de 15 % à 25 %.

La menace est importante parce que le secteur automobile avait été l’un des principaux bénéficiaires d’un accord commercial conclu en juillet 2025 entre les États-Unis et l’UE, qui plafonnait les tarifs sur la plupart des produits de l’UE, y compris les voitures, à 15 %. Aucun tarif automobile supplémentaire n’est encore entré en vigueur, et les voies juridiques et diplomatiques pour toute hausse restent incertaines.

La semaine dernière, Trump a déclaré qu’il augmenterait les tarifs parce que l’Union européenne ne respectait pas l’accord commercial conclu en juillet dernier. Dans un message sur les réseaux sociaux cité par Al Jazeera, il a écrit que l’UE « not complying with our full agreed to Trade Deal, » mais n’a pas fourni de preuve pour cette affirmation. Il a également dit que les véhicules fabriqués aux États-Unis par des entreprises européennes seraient exemptés.

La Commission européenne a rejeté l’accusation de Trump. Un porte-parole de la Commission, Thomas Regnier, a déclaré aux journalistes lundi que l’UE avait déjà fait face à de telles menaces et restait « très calme », concentrée sur l’application de la déclaration conjointe dans l’intérêt des entreprises et des citoyens.

Pourquoi l’automobile est le point sensible

Le secteur automobile est au cœur du différend parce que l’accord de juillet a abaissé le plafond des tarifs sur les voitures et pièces automobiles à 15 %. Les avocats spécialisés en commerce Shantanu Singh et Vikram Naik ont déclaré à Al Jazeera que, avant l’accord, les voitures et pièces automobiles faisaient l’objet de droits d’importation américains pouvant atteindre 27,5 %, rendant un retour menacé à 25 % économiquement significatif.

Les États-Unis constituent un marché important pour les véhicules fabriqués dans l’UE. Peter Chase, chercheur principal en économie transatlantique au bureau de Bruxelles du German Marshall Fund, a déclaré à Al Jazeera que l’UE vend près de 40 milliards de dollars de voitures et camions finis aux États-Unis chaque année. L’Association des constructeurs automobiles européens a indiqué que les États-Unis étaient le deuxième marché le plus important pour les exportations de véhicules neufs de l’UE après le Royaume-Uni, représentant 18,4 % du marché d’exportation de l’UE en valeur en 2025.

Selon Camille Reverdy, chercheuse affiliée au think tank bruxellois Bruegel, l’Allemagne devrait être l’économie de l’UE la plus exposée en raison de sa dépendance aux exportations automobiles. D’autres producteurs, dont la France et l’Italie, pourraient aussi être affectés, tandis que la Slovaquie, la République tchèque et la Hongrie sont vulnérables via leur rôle dans les chaînes d’approvisionnement automobiles européennes et allemandes.

Un accord pas encore pleinement en vigueur

L’accord commercial lui-même n’est pas encore pleinement mis en œuvre. Les législateurs européens avaient initialement suspendu la ratification en janvier après que Trump a menacé d’annexer le Groenland, un territoire autonome du Danemark. L’avenir des accords commerciaux américains a aussi été compliqué en février lorsque la US Supreme Court a déclaré illégaux les tarifs globaux ambitieux de Trump.

Trump a ensuite invoqué la Section 122 of the US Trade Act of 1974 pour imposer un tarif général à ses partenaires commerciaux, d’abord de 10 % puis de 15 %, le taux le plus élevé autorisé par cette loi. La nouvelle menace placerait les voitures et camions de l’UE à 25 %, au‑dessus du niveau de tarif général de 15 %.

Le Parlement européen a donné une approbation conditionnelle à l’accord commercial et ajouté des garanties qui permettraient à l’UE de suspendre l’accord si les États-Unis imposaient des tarifs supérieurs à 15 % ou introduisaient de nouvelles taxes. Les États membres de l’UE ne se sont pas encore mis d’accord sur ces propositions, et des négociations entre des représentants du Parlement européen et du Conseil européen doivent reprendre mercredi.

Le chancelier allemand Friedrich Merz, dont le pays serait fortement exposé à une hausse des tarifs automobiles, a déclaré à la chaîne ARD que les États-Unis avaient finalisé leur partie tandis que l’Europe ne l’avait pas fait, ajoutant qu’il espérait que l’UE pourrait rapidement parvenir à un accord.

La légalité de toute nouvelle augmentation tarifaire reste floue. Reverdy a indiqué que les États-Unis pourraient chercher à justifier des tarifs automobiles en vertu de la Section 232 of the Trade Expansion Act, qui a été utilisée pour des motifs de sécurité nationale, mais elle a aussi noté que des décisions récentes de la Cour suprême avaient affaibli la solidité juridique de cette voie. Du point de vue de l’UE, a‑t‑elle ajouté, la menace pourrait violer des accords commerciaux existants et être contestée à l’Organisation mondiale du commerce.

Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, doit rencontrer le représentant américain au Commerce Jamieson Greer avant une réunion des ministres du commerce du G7 à Paris. L’UE pourrait poursuivre les négociations, contester la mesure par des voies commerciales ou riposter par des tarifs sur des produits américains. Pour l’instant, l’industrie attend de voir si la menace de Trump deviendra un ordre formel — et si Bruxelles pourra boucler son propre processus interne avant que le différend ne s’aggrave.

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