James Comey fait face à des poursuites fédérales pour une image Instagram formant « 8647 », une affaire qui met à l’épreuve la loi sur les menaces, la liberté d’expression politique et l’indépendance des procureurs.
L’ancien directeur du FBI James Comey a été inculpé au niveau fédéral pour un post Instagram montrant des coquillages disposés de manière à former « 8647 », une séquence de chiffres que le président Donald Trump et ses partisans ont décrite comme une menace codée.
Les procureurs ont annoncé les accusations mardi, accusant Comey d’avoir sciemment menacé le président et d’avoir transmis une menace par le biais du commerce inter‑étatique. L’affaire, portée par un grand jury fédéral en Caroline du Nord, est rapidement devenue un point de tension dans le débat plus large sur la parole politique, l’indépendance des forces de l’ordre et les appels de Trump à poursuivre des adversaires de premier plan.
Comey a nié tout acte répréhensible. Dans une vidéo publiée sur Substack intitulée « Seashells », il a déclaré : « Je suis toujours innocent, je n’ai pas peur, et je crois toujours en l’indépendance du pouvoir judiciaire fédéral. » Son avocat, Patrick Fitzgerald, a indiqué que Comey contesterait les accusations et défendrait ses droits constitutionnels devant le tribunal.
L’acte d’accusation porte sur un post que Comey a partagé en mai dernier. Le chiffre 47 est largement compris, dans ce contexte, comme une référence à Trump, revenu au pouvoir en tant que 47e président en janvier 2025. La controverse porte sur « 86 », un terme couramment utilisé en argot américain pour indiquer l’élimination, le rejet ou le retrait de quelque chose, y compris dans les restaurants lorsqu’un plat n’est plus disponible.
Certains détracteurs de Comey soutiennent que « 86 » peut avoir une connotation violente, interprétation qui est contestée. Comey avait alors dit qu’il n’avait pas voulu que le post soit vu comme une menace. Il l’a ensuite supprimé, affirmant qu’il n’avait pas réalisé que certaines personnes associaient ces chiffres à la violence et qu’il s’opposait à la violence « de toute nature ».
Le procureur général par intérim des États‑Unis, Todd Blanche, a déclaré que l’accusation comporte une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement, bien que les peines dans de telles affaires soient souvent plus faibles. Les procureurs fédéraux ont également obtenu un mandat d’arrêt contre Comey, selon le rapport.
La poursuite intervient après qu’une précédente affaire du ministère de la Justice contre Comey s’est effondrée l’an dernier. Dans cette affaire, il avait été accusé en Virginie d’avoir fait de fausses déclarations au Congrès et d’obstruction en lien avec son témoignage relatif à l’enquête sur la Russie; un juge fédéral a ensuite rejeté l’affaire après avoir estimé que le procureur chargé du dossier n’avait pas été nommé conformément à la loi.
Comey, qui a dirigé le FBI de 2013 à 2017, est depuis longtemps une cible des critiques de Trump. Il a supervisé les premières étapes de l’enquête sur d’éventuelles coordinations entre la campagne de Trump en 2016 et la Russie, et Trump l’a renvoyé en 2017. L’enquête du conseiller spécial qui a suivi a conclu que la Russie avait déployé d’importants efforts pour influencer l’élection mais n’a pas établi l’existence d’un complot criminel impliquant Trump ou son équipe.
La nouvelle affaire a été confiée à la juge de district des États‑Unis Louise Flanagan en Caroline du Nord. Le principal enjeu juridique devrait être de déterminer si les procureurs peuvent prouver que Comey avait l’intention de menacer le président, ou si le post relevait d’un message politique protégé par le Premier Amendement.
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