Pourparlers sur la guerre en Iran

L'Iran promet de poursuivre le combat après le rejet par Trump d'une offre de paix

Le dernier revers diplomatique maintient la pression sur les marchés de l’énergie et le détroit d’Ormuz, les États‑Unis et l’Iran restant divisés sur les sanctions, la navigation et le programme nucléaire de Téhéran

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L'Iran promet de poursuivre le combat après le rejet par Trump d'une offre de paix
Emplacement
Strait of Hormuz
Strait of Hormuz, Oman
Trump a jugé inacceptable la dernière réponse de l'Iran à une proposition de paix, prolongeant l'incertitude autour du détroit d'Ormuz et des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Donald Trump guerre en Iran Pourparlers nucléaires Prix du pétrole détroit d'Ormuz

L'Iran a juré lundi de continuer à se battre quand il le jugera nécessaire après que le président Donald Trump a rejeté la dernière réponse de Téhéran à une proposition de paix américaine, un revers qui a approfondi l'incertitude autour de la guerre, du détroit d'Ormuz et des approvisionnements énergétiques mondiaux.

Trump a qualifié dimanche la réponse de l'Iran de « totalement inacceptable » et n'a pas expliqué publiquement quelles parties de la réponse il contestait ni ce que Washington ferait ensuite. L'Iran a indiqué que sa contre-proposition, envoyée par l'intermédiaire du médiateur Pakistan, ne demandait aucune concession et ne réclamait que ce qu'il appelait les droits légitimes du pays.

L'impasse diplomatique a des répercussions bien au-delà de Washington et de Téhéran. Les prix du pétrole ont bondi après le rejet de Trump, le baril de référence Brent étant rapporté autour ou au‑dessus de 100 $ en début de séance, tandis que le stratégique détroit d'Ormuz reste fortement perturbé. Cette voie maritime constitue une porte d'entrée pour les producteurs de pétrole et de gaz du golfe Persique et, en temps de paix, transporte environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel.

Où en sont les pourparlers

Les responsables iraniens ont présenté leur proposition comme une tentative de mettre fin aux combats dans la région, notamment au Liban, de rétablir la sécurité maritime dans le golfe et le détroit d'Ormuz, de lever le blocus naval américain et de libérer les avoirs iraniens gelés. Le porte‑parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a déclaré que la réponse de l'Iran n'était pas excessive et que les États‑Unis continuaient de formuler des demandes déraisonnables.

« Nous combattons quand cela est nécessaire », a déclaré Baqaei aux journalistes lundi, ajoutant que l'Iran recourrait aussi à la diplomatie lorsqu'il le jugerait approprié.

Les récits sur les détails de la proposition varient. Des médias iraniens cités par Al Jazeera ont rapporté que Téhéran souhaite une phase initiale axée sur la fin des hostilités et la sécurité de la navigation avant des pourparlers plus larges sur son programme nucléaire et ses alliés régionaux. D'autres comptes ont indiqué que l'Iran était prêt à diluer une partie d'uranium hautement enrichi et à en transférer une partie vers un pays tiers, tout en refusant le démantèlement de ses installations nucléaires et un moratoire d'enrichissement à long terme demandé par Washington.

La position américaine, telle que décrite dans le reportage, place le programme nucléaire iranien au cœur de tout accord. Une récente proposition américaine exigerait que l'Iran accepte de ne pas développer d'arme nucléaire, cesse l'enrichissement d'uranium pendant au moins 12 ans et remette son stock estimé d'uranium enrichi à 60 %. En retour, les États‑Unis lèveraient progressivement les sanctions, libéreraient les avoirs gelés et retireraient leur blocus des ports iraniens. Les deux parties rouvriraient le détroit d'Ormuz dans les 30 jours suivant la signature.

Le choc énergétique accroît les enjeux

L'impasse dans le détroit d'Ormuz se répercute déjà sur les marchés de l'énergie. Amin al‑Nasser, directeur général de Saudi Aramco, a averti lundi que l'engorgement du transport maritime avait provoqué ce qu'il a décrit comme le plus grand choc d'approvisionnement en énergie que les marchés mondiaux aient connu, avec environ un milliard de barils de pétrole déjà perdus sur le marché à cause de la guerre. Il a ajouté que la poursuite des perturbations pourrait coûter au marché environ 100 millions de barils pour chaque semaine où le détroit resterait fermé.

Des signes de mouvements limités sont apparus pendant le week‑end : plusieurs méthaniers et autres navires ont traversé le détroit après des jours sans trafic apparent de pétroliers. Un méthanier qatari a emprunté la voie navigable, et l'Iran a déclaré qu'un autre pétrolier l'avait fait en coordination avec ses autorités. Néanmoins, l'Iran exige que les navires coordonnent leur passage avec son armée, et l'impasse plus large sur la navigation reste non résolue.

La tension touche aussi les consommateurs et les systèmes alimentaires. Le responsable d'un groupe de travail des Nations unies a averti que des dizaines de millions de personnes pourraient être confrontées à la faim si les envois d'engrais ne transitent pas rapidement par le détroit. En Inde, le premier ministre Narendra Modi a demandé aux citoyens de télétravailler, d'utiliser les transports en commun ou le covoiturage et d'économiser le carburant alors que les prix mondiaux augmentent. L'Inde importe environ 90 % de son pétrole brut.

Ce qui pourrait changer ensuite

Trump devrait aborder la question de l'Iran lors d'une visite à Pékin cette semaine, où il doit rencontrer le président chinois Xi Jinping. Un haut fonctionnaire de l'administration américaine a déclaré que Trump devrait inciter la Chine à user de son influence auprès de Téhéran pour aider à conclure un accord.

Pour l'instant, le principal différend demeure non résolu : l'Iran veut la fin des combats et du blocus avant d'entamer des pourparlers nucléaires plus larges, tandis que les États‑Unis insistent pour que la capacité nucléaire de l'Iran et la réouverture du détroit d'Ormuz soient traitées comme des conditions centrales. Alors qu'aucune des deux parties ne montre de mouvement net, le prochain point de pression sera de savoir si une médiation extérieure, la tension sur les marchés ou un risque militaire accru modifiera les termes de l'impasse.

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