Trump a exhorté l'Iran à conclure un accord alors que Téhéran renouvelait ses menaces liées au détroit d'Ormuz et au Bab el‑Mandeb, accentuant la pression sur le transport maritime et les marchés de l'énergie.
Le président Trump et des responsables iraniens se sont lancés mercredi de nouveaux avertissements tandis que la confrontation entre les États‑Unis et l'Iran continuait de serrer d'importantes voies maritimes et de susciter à Washington des interrogations croissantes sur le coût et la direction de la guerre.
Trump a exhorté Téhéran dans un message sur les réseaux sociaux à «get smart soon» et à conclure un accord pour mettre fin à la guerre et rouvrir le détroit d'Ormuz, selon CBS News. Un haut responsable iranien au parlement, pour sa part, a réitéré l'avertissement de Téhéran selon lequel, si les États‑Unis continuent d'intercepter des navires iraniens, l'Iran pourrait demander à ses alliés houthis au Yémen de perturber le détroit du Bab el‑Mandeb, un autre point d'étranglement crucial pour les approvisionnements énergétiques du Moyen‑Orient.
Ces avertissements ont souligné le risque central de la confrontation : une impasse militaire et diplomatique de plus en plus liée au contrôle de voies maritimes qui transportent du pétrole et d'autres trafics commerciaux. L'Iran n'a laissé passer que quelques pétroliers par le détroit d'Ormuz ces derniers jours et a saisi deux navires qu'il accusait d'enfreindre ses restrictions, a rapporté CBS. L'armée américaine dit avoir contraint au moins 39 navires à faire demi‑tour après qu'ils ont tenté d'entrer ou de quitter des ports iraniens en violation du blocus américain.
La Maison‑Blanche n'a pas nié mercredi que l'administration envisage de maintenir le blocus des ports et des navires iraniens en place pendant des mois. La secrétaire adjointe de presse de la Maison‑Blanche, Anna Kelly, a déclaré que le blocus avait donné aux États‑Unis «maximum leverage over the regime» et que Trump n'accepterait qu'un accord qui protège la sécurité nationale des États‑Unis.
L'Iran a refusé des pourparlers de paix directs avec les États‑Unis tant que le blocus reste en vigueur. Press TV, la chaîne d'État iranienne, citant une source sécuritaire de haut rang non nommée, a averti mercredi qu'un blocus prolongé provoquerait une réponse militaire sans précédent, sans fournir de détails.
La confrontation a également gagné le Capitole, où le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a été confronté publiquement par des parlementaires sur la guerre en Iran pour la première fois depuis que l'administration Trump a lancé sa campagne conjointe avec Israël. Jules Hurst III, le sous‑secrétaire par intérim à la guerre pour les finances, a déclaré à la House Armed Services Committee que la guerre avait coûté environ $25 billion jusqu'à présent, la majeure partie des dépenses portant sur les munitions ainsi que sur les opérations et le remplacement d'équipement.
Hurst a indiqué que l'administration enverrait au Congrès une demande de financement supplémentaire après avoir achevé une évaluation plus complète des coûts. Hegseth est apparu aux côtés de Gen. Dan Caine, chairman of the Joint Chiefs of Staff, lors d'une audience officiellement axée sur la demande budgétaire de $1.5 trillion du département de la Défense, mais qui a rapidement suscité des questions sur les objectifs de l'administration au Moyen‑Orient.
La tension économique s'étend au‑delà de Washington. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a averti que la guerre coûte à l'Union européenne près de 500 million euros, soit environ $600 million, chaque jour, alors que la pression sur la navigation via le détroit d'Ormuz fait grimper les coûts du carburant et fait craindre une pénurie de kérosène dans les semaines à venir.
Les efforts diplomatiques n'ont pas cessé. Le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif a déclaré mercredi que les tentatives de son pays pour aider à négocier un accord entre les États‑Unis et l'Iran étaient toujours en cours, et il a dit qu'un cessez‑le‑feu annoncé par Trump avait été prolongé pour donner à l'Iran plus de temps pour présenter une proposition de paix. Pour l'instant, l'épreuve suivante est de savoir si le blocus conduira à la reprise des pourparlers, à un statu quo prolongé ou à une menace plus large pour la navigation dans les corridors énergétiques de la région.
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