Choc énergétique au Moyen‑Orient

Le pétrole grimpe après l’impasse entre États‑Unis et Iran sur Hormuz et le nucléaire

Le Brent a dépassé 109 $ avant de se replier, sans percée claire pour rouvrir le détroit d'Hormuz ni résoudre le différend de Washington avec Téhéran sur son programme nucléaire

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Le pétrole grimpe après l’impasse entre États‑Unis et Iran sur Hormuz et le nucléaire
Emplacement
Strait of Hormuz
Strait of Hormuz, Oman
Les prix du pétrole ont augmenté alors que la diplomatie États‑Unis‑Iran marquait le pas, maintenant la pression sur les approvisionnements mondiaux liés au détroit d'Hormuz et à l'instabilité plus large au Moyen‑Orient.
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Les prix du pétrole ont augmenté alors que la diplomatie entre les États‑Unis et l'Iran montrait peu de signes de sortir d'une impasse qui a laissé le détroit d'Hormuz effectivement fermé et les approvisionnements énergétiques mondiaux sous pression.

Le Brent, l'étalon pétrolier international, a grimpé de plus de 3 % au‑dessus de 109 $ le baril lundi avant de se replier légèrement, selon des reportages de la BBC. Ce mouvement reflétait l'inquiétude des investisseurs quant à la perte de dynamique des pourparlers visant à mettre fin à la guerre au Moyen‑Orient qui dure depuis deux mois, même si Téhéran a proposé de rouvrir la voie maritime si Washington levait son blocus des ports et navires iraniens.

Le différend a des répercussions bien au‑delà du Golfe. Environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondial transite normalement par le détroit d'Hormuz, faisant de ce passage étroit un point de pression clé pour les prix des carburants, le transport maritime, l'industrie manufacturière et les dépenses des ménages.

Une proposition avec une lacune majeure

L'offre de l'Iran, telle que décrite dans le reportage fourni, rouvrirait le détroit à la navigation commerciale tout en reportant la question la plus difficile : le programme nucléaire de Téhéran. Le président Donald Trump a insisté pour que tout accord mettant fin à la guerre doit traiter des capacités nucléaires de l'Iran, et le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que prévenir l'Iran d'obtenir une arme nucléaire "demeure la question centrale."

Cette divergence a laissé la diplomatie incertaine. Trump a déclaré au cours du week‑end que les États‑Unis avaient annulé des plans d'envoi de hauts responsables au Pakistan pour un nouveau cycle de pourparlers directs avec des responsables iraniens. Il a soutenu que ces déplacements feraient perdre du temps et a dit que Téhéran pouvait contacter Washington s'il souhaitait dialoguer.

La Maison‑Blanche a indiqué lundi que Trump avait rencontré son équipe de sécurité nationale pour discuter de la dernière proposition de l'Iran, mais la porte‑parole Karoline Leavitt a évité de dire que l'administration l'envisageait formellement. L'Iran, de son côté, a durci sa posture publique. Le porte‑parole du ministère de la Défense Reza Talaei‑Nik a déclaré mardi, selon la télévision d'État iranienne, que les États‑Unis n'étaient plus en mesure de "dicter" leur politique aux nations indépendantes.

La pression économique se propage

La réaction du marché a été alimentée non seulement par les cours du brut mais aussi par le risque qu'une fermeture prolongée se répercute dans les chaînes d'approvisionnement. Sophie Huynh, gestionnaire de portefeuille et stratège chez BNP Paribas, a déclaré à la BBC que la pénurie pourrait affecter des biens allant "des sacs‑poubelle aux médicaments", parce que le pétrole brut entre dans la composition de nombreux produits de la vie quotidienne.

La Corée du Sud a déjà pris des mesures contre un éventuel stockage illégal de seringues et d'aiguilles médicales alors que la guerre perturbe les livraisons de naphta, un dérivé pétrolier utilisé dans la fabrication des plastiques. Séoul a imposé ce mois‑ci une interdiction du stockage de seringues et d'aiguilles, et la police a indiqué enquêter sur quatre distributeurs de matériel médical après une plainte du ministère de la sécurité alimentaire et des médicaments. Plus de la moitié des importations de naphta de la Corée du Sud l'année dernière transitaient par le détroit d'Hormuz, selon le bureau présidentiel du pays.

La préoccupation se manifeste aussi dans la planification économique plus large. Au Royaume‑Uni, des représentants de la Bank of England étaient attendus à une réunion du Middle East Response Committee du gouvernement sur l'impact du conflit sur le coût de la vie. Le premier ministre Keir Starmer a déclaré que les conséquences économiques "pourraient encore être avec nous pendant un certain temps."

Le conflit plus large complique la sortie de crise

La perspective diplomatique est en outre compliquée par des conflits parallèles et des demandes concurrentes aux Nations unies. Des dizaines de pays, dans une déclaration menée par Bahreïn, ont appelé lundi à la réouverture du détroit d'Hormuz. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a averti que les pressions dues à la fermeture se répercutaient en "réservoirs de carburant vides, étagères vides — et assiettes vides."

Lors de la même session du Conseil de sécurité, l'ambassadeur de l'Iran auprès de l'ONU, Amir‑Saeid Iravani, a déclaré que Téhéran avait besoin de garanties crédibles contre une nouvelle attaque américano‑israélienne avant de pouvoir assurer la sécurité dans le Golfe. Le ministre français des Affaires étrangères Jean‑Noël Barrot a critiqué à la fois les frappes américano‑israéliennes sur l'Iran et le rôle de l'Iran dans le blocage du détroit, estimant que de tels passages ne peuvent être traités comme une propriété privée.

Le rejet par le Hezbollah des négociations négociées par les États‑Unis entre Israël et le Liban a ajouté un autre obstacle, faisant douter de la solidité d'un cessez‑le‑feu fragile dans ce conflit parallèle et rendant plus difficile la conclusion d'un règlement plus large entre les États‑Unis et l'Iran.

Pour les marchés pétroliers, le prochain tournant dépendra moins d'une nouvelle déclaration d'intention que de preuves que la navigation à travers Hormuz peut reprendre et que Washington et Téhéran peuvent rapprocher leurs positions entre l'accès maritime et les exigences nucléaires au cœur du différend.

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