La saisie par l’Iran de deux porte-conteneurs dans le détroit d’Ormuz a intensifié un face-à-face maritime à coups de représailles avec les États-Unis.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) a saisi deux porte-conteneurs commerciaux dans le détroit d’Ormuz, intensifiant une confrontation maritime qui s’accélère, tandis que les forces américaines signalaient de nouveaux abordages de pétroliers liés à l’Iran en dehors du Golfe.
Les navires ont été identifiés dans les rapports fournis comme le MSC Francesca et l’Epaminondas. Ces saisies accentuent la pression sur l’un des plus importants goulets d’étranglement énergétiques au monde, où les perturbations du trafic maritime ont déjà ébranlé les marchés pétroliers et compliqué une diplomatie américano-iranienne fragile.
Des images diffusées par la télévision d’État iranienne et citées par Reuters auraient montré des membres de l’IRGC participant à l’opération. CBS News a rapporté que des vidéos de l’IRGC semblaient montrer des combattants masqués approchant le MSC Francesca à bord d’une vedette rapide et escaladant sa coque, suivies d’images de combattants armés à bord d’un navire.
Des détails sur les équipages ont commencé à être communiqués par plusieurs gouvernements. Le ministère philippin des Travailleurs migrants a indiqué que 15 marins philippins à bord des deux navires étaient “safe and unharmed”, dont 10 sur l’Epaminondas et cinq sur le MSC Francesca. Des responsables ont également déclaré que quatre membres d’équipage, dont le capitaine, sont originaires du Monténégro, tandis que le ministère croate des Affaires étrangères a confirmé que deux ressortissants croates se trouvent à bord.
Le ministre monténégrin des Affaires maritimes, Filip Radulovic, a déclaré au radiodiffuseur public RTCG que le MSC Francesca était au mouillage à environ 9 milles nautiques des côtes iraniennes et que des discussions entre MSC et l’Iran se poursuivaient. Reuters a également rapporté, citant des sources, que le navire était acheminé vers le port iranien de Bandar Abbas. MSC s’est refusée à tout commentaire, selon Reuters.
La marine des Gardiens de la révolution islamique a déclaré que les deux navires capturés opéraient sans les autorisations requises. La société de renseignement maritime Windward AI a décrit l’opération comme s’inscrivant dans un schéma de représailles à la suite d’un blocus naval américain et de saisies par les États-Unis de navires liés à l’Iran. Le cofondateur de Windward AI, Ami Daniel, a déclaré à Fox News Digital que l’IRGC avait attaqué trois navires, capturé le MSC Francesca et l’Epaminondas, et qu’un troisième navire, l’Euphoria, s’était échappé.
Le MSC Francesca appartient à MSC Mediterranean Shipping Company, fondée par le milliardaire italien Gianluigi Aponte et désormais contrôlée par ses enfants, selon le reportage de Fox News. Le même reportage, citant Bloomberg, a évoqué des contacts récents de Diego Aponte avec le cercle de Trump et noté que le président exécutif de MSC, Gianluigi Aponte, et Rafaela Aponte-Diamant ont été photographiés avec le président français Emmanuel Macron.
Washington a également élargi ses interceptions. Le département de la Défense a déclaré jeudi que les forces américaines étaient montées à bord du pétrolier sans pavillon sanctionné M/T Majestic X dans l’océan Indien, le décrivant comme un navire transportant du pétrole en provenance d’Iran. Un jour plus tôt, selon CBS, le Pentagone a indiqué que les forces américaines avaient intercepté le M/T Tifani, lié à l’Iran, dans la zone du Commandement indo-pacifique. Al Jazeera a rapporté que le Tifani avait été sanctionné pour contrebande de brut iranien et qu’un responsable de la défense américain a indiqué qu’il transportait du pétrole iranien.
La chronologie ne concorde pas parfaitement entre les récits. Le récit de Fox situe l’escalade à Ormuz au 22 avril, tandis que des reportages distincts sur le Tifani font remonter le chargement de pétrole de ce pétrolier au 5 avril et indiquent que les forces américaines y sont montées à bord plus tard en avril. Dans l’ensemble, ces récits font apparaître une série continue de saisies de navires, d’abordages et d’actions liées au blocus plutôt qu’un incident isolé.
Ce face-à-face se déroule sur fond de tensions diplomatiques. CBS a rapporté que l’Iran avait refusé de rouvrir le détroit d’Ormuz malgré la prolongation indéfinie d’un cessez-le-feu américano-iranien par le président Donald Trump, tandis que CNBC a indiqué plus tôt dans la semaine que le trafic maritime s’était de nouveau grippé après que des navires ont essuyé des tirs et qu’un nouveau cycle de pourparlers au Pakistan restait incertain.
Les questions immédiates sont de savoir si les équipages seront libérés, si l’Iran et MSC parviendront à un arrangement concernant les navires saisis, et si les États-Unis et l’Iran peuvent empêcher les actions de contrôle maritime de dégénérer à nouveau en hostilités ouvertes.
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