Une poussée diplomatique américaine prévue au Pakistan a échoué après que le président Trump a annulé le déplacement de Steve Witkoff et Jared Kushner pour de nouveaux pourparlers avec l'Iran, alors même que le ministre iranien des Affaires étrangères est retourné à Islamabad puis s'est rendu en Russie dans le cadre d'une tournée régionale visant à mettre fin à la guerre.
Ce revirement a laissé la médiation menée par le Pakistan dans une position fragile à un moment où le conflit déborde du champ de bataille : les prix du pétrole ont augmenté, la navigation dans le détroit d'Ormuz reste perturbée, et les combats entre Israël et le Hezbollah ont continué malgré une prolongation du cessez‑le‑feu annoncée par Trump.
La porte‑parole de la Maison‑Blanche, Karoline Leavitt, avait déclaré vendredi que Witkoff, l'envoyé spécial américain, et Kushner se rendraient à Islamabad samedi pour des « discussions directes » avec des homologues iraniens après que Téhéran eut demandé un entretien en personne. Le vice‑président JD Vance, qui a dirigé une délégation américaine précédente à Islamabad, n'était pas censé y assister, bien que Leavitt ait dit qu'il resterait impliqué depuis Washington avec Trump, le secrétaire d'État Marco Rubio et l'équipe de sécurité nationale.
Dimanche, Trump a dit avoir annulé le voyage. « S'ils veulent parler, ils peuvent venir à nous, ou ils peuvent nous appeler », a‑t‑il déclaré à Fox News, ajoutant qu'il n'envoyait pas d'envoyés « pour voyager 18 heures pour une rencontre ». Il a dit que tout accord devrait s'assurer que l'Iran ne puisse pas se doter d'une arme nucléaire.
Le Pakistan reste un canal diplomatique
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est retourné à Islamabad dimanche pour des discussions axées sur la fin de la guerre avec les États‑Unis, ont rapporté les médias d'État iraniens. Il avait aussi visité Oman et s'est ensuite rendu en Russie pour une rencontre avec le président Vladimir Putin, selon des reportages des médias d'État iraniens cités dans le matériel source.
Araghchi a déclaré que sa tournée régionale visait à coordonner avec des partenaires et à consulter sur les développements régionaux. Son porte‑parole, Esmaeil Baqaei, a nié qu'une rencontre directe avec des responsables américains fût prévue pendant l'étape pakistanaise et a dit que les observations de l'Iran seraient transmises au Pakistan.
Un responsable régional impliqué dans les efforts de médiation a dit à The Associated Press, sous couvert d'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à discuter de l'affaire, que les médiateurs pakistanais essayaient de réduire d'importants écarts entre Washington et Téhéran. Ces différences sont apparues depuis plusieurs jours : une précédente série de pourparlers à Islamabad s'est terminée sans accord, et une délégation de suivi a été retardée après que des responsables iraniens ont apparemment dit qu'ils n'y assisteraient pas.
Le détroit d'Ormuz et la pression pétrolière façonnent les pourparlers
Le détroit d'Ormuz reste l'un des points de pression centraux. Ce passage étroit transporte normalement environ un cinquième du pétrole mondial, mais le trafic a fortement ralenti pendant le conflit. Trump a déclaré que les États‑Unis ne lèveraient pas leur blocus des ports iraniens tant qu'un accord n'aurait pas été conclu, tandis que des responsables iraniens ont décrit le blocus comme une violation du cessez‑le‑feu.
Les marchés pétroliers ont réagi à l'enlisement de la diplomatie. Le West Texas Intermediate se négociait à 96,50 $ le baril dimanche, en hausse de 2 % par rapport à la clôture de vendredi et de 44 % au‑dessus de son niveau avant le début de la guerre, selon un reportage de CBS cité dans le matériel source. Le Brent était à 107,75 $, en hausse d'environ 3 % depuis vendredi et de 48 % depuis le début de la guerre.
Mike Wirth, président et chef de la direction de Chevron, a déclaré à Face the Nation with Margaret Brennan que le système énergétique mondial avait perdu « an incredible amount of flexibility » depuis le début de la guerre. Il a dit que la réouverture du détroit d'Ormuz ne rétablirait pas immédiatement des flux normaux parce que les chaînes d'approvisionnement et les stocks mettraient du temps à se rétablir.
Un conflit plus large complique tout accord
La diplomatie est également liée au front Israël‑Hezbollah au Liban. Trump a annoncé qu'Israël et le Liban avaient accepté de prolonger un cessez‑le‑feu de trois semaines, mais le Hezbollah ne faisait pas partie de ces négociations et s'y est opposé. Israël et le Hezbollah se sont depuis mutuellement accusés de violations du cessez‑le‑feu, les deux camps rapportant de nouvelles attaques.
Le ministère de la Santé du Liban a indiqué que 2 509 personnes ont été tuées et 7 755 blessées dans la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, qui a débuté le 2 mars après que le Hezbollah a tiré des roquettes vers le nord d'Israël deux jours après que les États‑Unis et Israël eurent attaqué l'Iran. Le cessez‑le‑feu est entré initialement en vigueur le 17 avril et a été ensuite prolongé.
Pour l'instant, la voie vers la reprise des pourparlers américano‑iraniens est incertaine. Le Pakistan demeure un intermédiaire, le ministre iranien des Affaires étrangères défend sa position dans des capitales régionales, et Washington indique que toute prochaine étape doit satisfaire aux conditions de Trump avant que des envoyés américains ne voyagent à nouveau.
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