Le Brent a atteint 119 $ le baril alors que les traders ont évalué des informations sur un blocus américain prolongé de l'Iran et la poursuite des perturbations dans le détroit d'Ormuz.
Le Brent a grimpé à 119 $ le baril mercredi après‑midi, son plus haut niveau jusqu'à présent ce mois‑ci, tandis que les marchés pétroliers réagissaient à des informations selon lesquelles les États‑Unis se prépareraient à un blocus prolongé de l'Iran.
Cette hausse, près de 7 % en une seule journée, illustre les fortes variations des prix de l'énergie depuis le début de la guerre au Moyen‑Orient. Le détroit d'Ormuz, voie essentielle qui transporte normalement environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié, est en pratique fermé depuis des semaines en raison du conflit.
La BBC a rapporté que des dirigeants du secteur de l'énergie, dont le directeur général de Chevron Mike Wirth, ont rencontré le président Donald Trump à la Maison‑Blanche mardi pour discuter des moyens de limiter l'impact du conflit sur les consommateurs américains. Les traders ont semblé interpréter la rencontre comme un signe que la fermeture et le blocus pourraient durer plus longtemps qu'on ne l'espérait.
Le Wall Street Journal, citant des responsables américains, a rapporté que Trump avait demandé à ses collaborateurs de se préparer à prolonger le blocus des ports iraniens dans le cadre d'un effort visant à accroître la pression économique sur Téhéran. L'Iran a indiqué qu'il poursuivrait les perturbations de la circulation dans le détroit d'Ormuz en réponse au blocus américain.
L'Iran a fortement restreint la navigation dans le détroit depuis que des frappes américaines et israéliennes ont commencé le 28 février, et Téhéran a averti plus tôt ce mois‑ci que tout navire s'approchant du détroit serait visé. Les États‑Unis ont ensuite déclaré que leurs forces intercepteraient ou repousseraient les navires se dirigeant vers ou venant de ports iraniens. Une analyse de BBC Verify a établi qu'au moins quatre navires suivis depuis des ports iraniens semblaient avoir franchi la ligne de blocus établie par les États‑Unis.
Le prix de référence reste bien au‑dessus des niveaux d'avant le conflit, malgré des replis récents. Le Brent était tombé à 90 $ le baril le 17 avril après l'annonce d'un cessez‑le‑feu entre Israël et le Liban, mais il a augmenté régulièrement au cours des 12 derniers jours alors que le blocus américain se poursuivait.
La pression économique se fait sentir en Iran également. Le taux d'inflation annuel du pays a atteint 53,7 %, selon le Statistical Center of Iran, tandis que le rial est tombé à un niveau record. Le gouvernement iranien a déclaré la semaine dernière qu'environ deux millions de personnes avaient perdu leur emploi, directement ou indirectement, à cause de la guerre.
Lindsay James, stratège en investissement chez Quilter, a déclaré que l'impact au Royaume‑Uni s'était jusque‑là surtout limité à la hausse des prix de l'essence et du diesel, mais elle a averti que « chaque jour qui passe sans reprise des approvisionnements voit augmenter le risque de pénuries physiques et de hausses de prix plus marquées sur une série de biens. »
Trump a exhorté l'Iran mercredi à « faites preuve de bon sens bientôt » et à signer un accord après des jours d'impasse. Le prochain signal pour les marchés sera de savoir si le blocus est officiellement prolongé — et si la navigation dans Ormuz commence à se rouvrir ou se resserre davantage.
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