WASHINGTON — Le président Donald Trump a averti mercredi que l'Iran « paierait le prix » de ne pas parvenir à un accord avec les États‑Unis, alors qu’un nouvel échange de tirs mettait sous forte tension un cessez‑le‑feu fragile et ravivait la crainte d’un élargissement du conflit autour du détroit d'Ormuz.
Trump a déclaré aux journalistes à la Maison‑Blanche que les États‑Unis avaient frappé l'Iran et étaient prêts à le faire de nouveau, affirmant: « Nous les avons durement touchés hier et nous allons les frapper à nouveau aujourd'hui. » Ses commentaires faisaient suite à des frappes américaines contre des cibles iraniennes après que des responsables américains eurent dit qu’un drone iranien avait abattu un hélicoptère Apache de l'armée près du détroit d'Ormuz lundi soir. Les deux membres d'équipage ont été secourus.
Un cessez‑le‑feu mis à l'épreuve par de nouveaux tirs
La séquence des événements est désormais au coeur de la dernière escalade. U.S. Central Command a décrit les frappes américaines comme une réponse défensive à l'incident de l'hélicoptère. L'Iran n'a pas revendiqué directement la responsabilité de l'abattage de l'appareil, et CNBC a rapporté que le diffuseur d'État iranien IRIB avait dit qu'aucune opération militaire offensive n'avait été menée dans le détroit au cours des 24 dernières heures.
L'Iran a déclaré avoir riposté aux frappes américaines en lançant des attaques visant des installations militaires américaines au Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. CBS News a indiqué qu'il n'y avait pas de rapports immédiats d'impacts, seulement des interceptions d'armements. Euronews, citant des déclarations régionales, a rapporté que la Jordanie disait avoir abattu cinq missiles en direction de la zone d'Azraq et que Bahreïn annonçait avoir intercepté des missiles; le Koweït a déclaré que ses défenses aériennes engageaient des cibles aériennes hostiles.
La reprise des tirs intervient alors que les efforts diplomatiques restent sans résolution. Trump avait dit plus tôt dans la semaine qu’un accord pourrait être conclu en « deux ou trois jours », mais mercredi il a affirmé que Téhéran avait pris trop de temps. Reuters et des médias d'État iraniens, cités par CBS News, ont rapporté que des négociateurs qataris étaient arrivés à Téhéran pour des pourparlers, bien que le statut de ces efforts soit resté flou au milieu des frappes.
Pourquoi le détroit d'Ormuz compte
La confrontation est particulièrement sensible parce qu'elle se déroule près du détroit d'Ormuz, l'une des voies maritimes énergétiques les plus importantes au monde. CBS News a rapporté que la circulation dans la voie navigable était restée fortement restreinte pendant la confrontation, et qu’un pétrolier transportant du brut irakien se dirigeait vers l'Europe après avoir quitté le golfe Persique — la première expédition de ce type depuis mars, selon la société de suivi maritime Kpler.
Les marchés ont réagi rapidement au risque d'un conflit généralisé. CNBC a rapporté que les prix du pétrole ont augmenté mercredi après les menaces de Trump et les frappes américaines. Ses reportages intrajournaliers séparés utilisaient différents instantanés du marché, situant le brut américain entre 89,72 $ et 90,76 $ le baril et le Brent entre 92,74 $ et 93,80 $. Les chiffres vont dans la même direction : les opérateurs intégraient à leurs prix un danger renoué pour les flux énergétiques du Golfe.
Trump a également utilisé les réseaux sociaux pour vanter un blocus naval américain des ports et des navires iraniens, le qualifiant de très efficace et affirmant que rien ne passe sauf si les États‑Unis l'autorisent. CNBC a toutefois rapporté que des analystes de JPMorgan estimaient qu’un certain pétrole pouvait encore transiter par Ormuz sur des pétroliers dont les transpondeurs sont éteints, soulignant l'incertitude quant à la portée du blocus.
Ce qui reste incertain
La question immédiate est de savoir si Washington et Téhéran vont continuer à s'échanger des frappes ou revenir à la négociation. L'attitude publique de Trump s'est considérablement durcie mercredi, avec des menaces d'attaques supplémentaires et des affirmations selon lesquelles l'armée iranienne avait été vaincue. Dans le même temps, les rapports sur des pourparlers médiés par le Qatar laissaient entendre que la diplomatie n'avait pas totalement disparu.
Pour l'heure, le cessez‑le‑feu qui était censé contenir la guerre est visiblement mis sous pression. Le prochain signal clair viendra de savoir si l'une ou l'autre des parties effectue de nouvelles frappes — ou si des négociateurs peuvent restaurer suffisamment d'espace pour des pourparlers avant que le conflit ne se propage davantage dans le Golfe.
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