Trump, l’Iran et des médiateurs annoncent avoir conclu un accord destiné à mettre fin à plus de trois mois de guerre et à rouvrir le détroit d’Hormuz, tandis que des points clés restent non résolus.
Le président Donald Trump, l’Iran et des médiateurs pakistanais ont déclaré avoir conclu un accord destiné à mettre fin à plus de trois mois de guerre et à rouvrir le détroit d’Hormuz, une percée diplomatique potentielle dans un conflit qui a ébranlé le Moyen‑Orient et les marchés pétroliers mondiaux.
L’annonce laisse toutefois d’importantes questions en suspens. Le texte du protocole d’entente n’a pas été rendu public, et les récits de l’accord décrivent plusieurs enjeux centraux — y compris le programme nucléaire de l’Iran, la levée des sanctions et la durabilité d’un cessez‑le‑feu plus large — comme restant sujets à de nouvelles négociations.
Trump et le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui a joué un rôle de médiateur dans les pourparlers, ont tous deux indiqué sur les réseaux sociaux qu’une cérémonie de signature officielle est prévue vendredi en Suisse. Le Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran a déclaré que l’accord faisait suite à une période de négociations « difficile et intensive » sur plusieurs mois.
Sharif a affirmé que les États‑Unis et l’Iran avaient déclaré « l’arrêt immédiat et permanent des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. » Cette affirmation pourrait être mise à l’épreuve rapidement : Israël n’a pas participé aux négociations, et le ministre israélien de la Défense Israel Katz a déclaré lundi qu’Israël maintiendrait des troupes dans le sud du Liban indéfiniment. Israël et le Hezbollah ont poursuivi les combats malgré un cessez‑le‑feu formel, le Hezbollah ayant envoyé des drones dans le nord d’Israël dimanche et Israël ayant riposté par une frappe meurtrière dans les banlieues sud de Beyrouth.
Le détroit d’Hormuz est au cœur des enjeux économiques de l’accord. L’Iran contrôle de facto le passage depuis peu après le début de la guerre le 28 février, limitant fortement une route utilisée pour environ 20 % du pétrole mondial. Les États‑Unis ont bloqué les ports iraniens en réaction. Trump a dit que le détroit serait rouvert pour le déminage après la signature de l’accord et a écrit : “Ships of the World, start your engines. Let the oil flow!”
Les contrats à terme sur le pétrole ont chuté de 4 % après l’annonce de Trump, selon NPR. Les prix restent au‑dessus des niveaux d’avant‑guerre, et une réouverture du détroit ne rétablirait pas nécessairement immédiatement les flux ou les prix du pétrole.
Selon la description de responsables et de reportages, la trêve actuelle entre les États‑Unis et l’Iran serait prolongée de 60 jours dans le cadre de l’accord, l’objectif étant d’obtenir une fin permanente de la guerre lors de pourparlers ultérieurs. Le sort du programme nucléaire iranien reste l’une des questions les plus sensibles non réglées. Trump n’a pas évoqué la question nucléaire dans ses premiers messages, bien qu’il l’ait citée comme une raison centrale du lancement de la guerre. Le vice‑président JD Vance a déclaré à Fox News que l’accord signifie que l’Iran « n’aura jamais d’arme nucléaire », tandis que NPR a rapporté que Trump a dit au New York Times que l’Iran se verrait autoriser un enrichissement nucléaire de faible niveau.
L’Iran cherche également des milliards de dollars d’avoirs gelés et la levée des sanctions américaines et internationales. On ne sait pas ce qui se passera si les parties n’arrivent pas à un accord durant la période de négociation de 60 jours.
Les médias d’État iraniens ont présenté le protocole d’entente comme une victoire sur Washington et Israël. Le vice‑ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi, cité par les médias d’État iraniens, a déclaré que l’accord « ne signifie pas faire confiance à l’ennemi » et qu’il avait été rédigé avec une « méfiance active. »
L’annonce devrait dominer le voyage de Trump au sommet du G7 en France. Le président français Emmanuel Macron a déclaré que les dirigeants examineraient les conséquences de l’accord, ses implications pour le Liban, la réouverture à long terme du détroit d’Hormuz et l’avenir des programmes nucléaires et de missiles balistiques de l’Iran. Le premier ministre du Qatar, des dirigeants européens et le secrétaire général de l’ONU António Guterres ont également salué l’accord tout en appelant à des progrès supplémentaires.
Le prochain jalon majeur est la signature prévue vendredi. D’ici là, la durabilité du cessez‑le‑feu, la posture d’Israël au Liban et les termes nucléaires et sur les sanctions non résolus resteront les principaux tests pour savoir si l’annonce aboutira à un règlement durable.
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