Le cadre États‑Unis‑Iran a soulagé les marchés et ravivé l'espoir pour le pétrole, mais le détroit d'Hormuz tarde à rouvrir et les négociations finales restent marquées par d'importants désaccords.
Les États‑Unis et l'Iran ont annoncé un cadre destiné à mettre fin à des mois d'affrontements et à rouvrir le détroit d'Hormuz, offrant un répit immédiat aux marchés de l'énergie tout en laissant d'importantes questions pour des négociations ultérieures.
Le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le gouvernement a joué les intermédiaires, a déclaré que l'accord avait été conclu après des pourparlers intensifs et qu'il serait formellement signé vendredi en Suisse. Le président Donald Trump a écrit dans un message sur les réseaux sociaux que l'accord avec l'Iran était “now complete,” tandis que le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a indiqué que Téhéran avait finalisé un protocole d'entente qui mettrait fin aux opérations militaires et lèverait le blocus naval contre l'Iran.
L'annonce n'a pas réglé la question de la durabilité de l'arrangement. Certains comptes ont décrit l'accord comme un cadre préliminaire ou provisoire, et le vice‑ministre des Affaires étrangères iranien Kazem Gharibabadi a dit que les négociations en vue d'un accord final se poursuivraient pendant 60 jours. Les questions les plus difficiles — notamment le programme nucléaire iranien, la levée des sanctions, l'avenir du détroit d'Hormuz et les alliés régionaux de l'Iran — semblent passer à la prochaine phase de discussions.
Le détroit d'Hormuz reste l'épreuve centrale. Trump a salué l'accord avec le message «Let the oil flow!» et a dit que la voie maritime rouvrirait au trafic commercial, bien qu'il ait ensuite indiqué que la réouverture initiale concernerait le déminage. Le détroit est fermé à la plupart du trafic depuis le 28 février, coupant une route qui transporte normalement environ un cinquième du pétrole mondial et des approvisionnements en gaz naturel liquéfié.
Les premières données de suivi des navires laissaient entendre que le trafic n'était pas encore revenu de manière significative. BBC Verify, citant MarineTraffic, a rapporté que seulement deux navires disposant de traceurs de position actifs avaient quitté la voie maritime depuis dimanche — un vraquier et un pétrolier. Des centaines de navires restent coincés dans le golfe, et les compagnies de navigation évaluent toujours les risques liés aux mines, aux drones, aux coûts d'assurance et au défi de repositionner les navires après une longue interruption.
Neil Shearing, économiste en chef du groupe chez Capital Economics, a déclaré à la BBC qu'il n'était pas clair si l'accord deviendrait «a fragile truce or a durable settlement,» ajoutant que les flux pétroliers par le détroit mettraient probablement du temps à se rétablir. Maersk a indiqué qu'il était trop tôt pour évaluer l'effet de l'accord sur la logistique et n'avait pas modifié ses opérations dans la région, tandis que Hapag‑Lloyd espérait pouvoir déplacer ses navires bloqués une fois l'accord signé et les mines dégagées.
Les marchés ont réagi rapidement à la perspective d'un risque énergétique réduit. Le Brent est tombé à 83,55 $ le baril après avoir atteint environ 120 $ pendant le conflit, tandis que les contrats à terme sur actions américaines ont progressé, notamment ceux liés au S&P 500 et au Nasdaq. Néanmoins, des analystes ont averti que la volatilité pourrait persister avant la signature de vendredi et que les coûts du carburant, des engrais et du transport maritime pourraient mettre des mois à se normaliser.
L'accord fait également face à un test de sécurité régional. L'Iran a déclaré que l'arrêt des opérations militaires inclurait le Liban, où le conflit impliquant Israël et le Hezbollah soutenu par l'Iran a failli faire échouer l'accord. Trump a critiqué les frappes israéliennes dans la banlieue sud de Beyrouth dimanche, mais le ministre de la Défense israélien a indiqué qu'Israël maintiendrait des forces dans des zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza pour une période illimitée, ce qui suscite des doutes sur la manière dont un cessez‑le‑feu plus large serait appliqué.
Les sanctions et les limites nucléaires demeurent non résolues. Des dirigeants européens ont dit qu'ils étaient prêts à travailler avec les États‑Unis, l'Iran et l'Agence internationale de l'énergie atomique, mais seulement à la condition que l'Iran n'acquière jamais d'arme nucléaire. Des reportages citant des médias iraniens ont évoqué une possible levée des sanctions et des avoirs gelés comme partie de l'étape suivante, tandis que des responsables américains ont lié les avantages économiques à la conformité iranienne.
Pour l'heure, le cadre a réduit le risque immédiat d'une guerre plus vaste et d'un choc énergétique prolongé. La question de savoir s'il deviendra un règlement durable dépendra de la signature de vendredi, du rythme du déminage dans le détroit d'Hormuz et de la prochaine série de pourparlers sur les sujets que le cadre laisse en suspens.
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