Une signature prévue entre les États‑Unis et l’Iran doit passer des tests précoces : Trump met en garde que l’accord n’est pas final, Israël poursuit ses frappes au Liban et les armateurs attendent des précisions sur Hormuz.
Une signature prévue entre les États‑Unis et l’Iran, destinée à prolonger un cessez‑le‑feu et à rouvrir le détroit d’Hormuz, subit une pression immédiate en raison des opérations continues d’Israël au Liban, de l’incertitude sur les termes de l’accord et des signaux contradictoires sur la levée du blocus naval américain.
Le président Donald Trump a déclaré mercredi que le memorandum of understanding avec l’Iran « n’est pas final » et a averti que les États‑Unis pourraient reprendre les bombardements si les dirigeants de Téhéran ne se conformaient pas. Ces propos interviennent deux jours avant la signature attendue en Suisse d’un accord que des déclarations américaines, iraniennes et des médiateurs ont décrit de façons différentes depuis son annonce dimanche.
Les enjeux dépassent largement la table des négociations. Le détroit d’Hormuz est l’un des corridors énergétiques les plus importants au monde, et des compagnies maritimes ont dit qu’elles avaient besoin de termes plus clairs et de garanties de sécurité avant que la circulation normale puisse reprendre. Parallèlement, l’Iran a averti que la poursuite de l’activité militaire israélienne au Liban constituerait une violation de l’entente qu’il s’attend à signer avec Washington.
L’accord a été annoncé dimanche par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays a aidé à la médiation entre Washington et Téhéran. Trump a ensuite dit qu’un accord avait été conclu et a d’abord autorisé la levée du blocus naval américain, avant d’indiquer que le détroit s’ouvrirait vendredi lors de la signature de l’accord. Iran’s Supreme National Security Council a déclaré que Téhéran avait finalisé un memorandum of understanding et que les opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, cesseraient immédiatement et de façon permanente.
Mercredi toutefois, Trump a adopté une posture plus conditionnelle. Interrogé par des journalistes lors du sommet du G7 en France, il a dit que l’allègement des sanctions pour l’Iran ne serait pas immédiat et serait précisé ultérieurement. Il a aussi affirmé qu’il relancerait l’action militaire s’il était mécontent du comportement de l’Iran.
La position d’Israël a ajouté une complication supplémentaire. Lebanon’s National News Agency a rapporté mercredi que les forces israéliennes ont mené des frappes aériennes dans des secteurs du sud du Liban, notamment la zone de Nabatieh al‑Fawqa et près de Kfar Tebnit, ainsi qu’une attaque de drone à Ansariyeh. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré mardi que la présence continue d’Israël au Liban serait considérée comme une violation de l’accord États‑Unis‑Iran. Des responsables israéliens ont indiqué lundi que des troupes resteraient dans une vaste portion du sud du Liban qu’ils occupent depuis plus de trois mois, et le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben‑Gvir a dit, « Trump’s agreement does not bind us. »
Les dirigeants du G7 ont salué l’accord annoncé entre les États‑Unis et l’Iran comme une percée et une occasion d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Ils ont également appelé à un cessez‑le‑feu immédiat au Liban et au désarmement du Hezbollah, le groupe soutenu par l’Iran dont le conflit avec Israël menaçait déjà l’effort diplomatique plus tôt dans la semaine.
Le Qatar, autre médiateur, a décrit le cadre comme une première étape plutôt qu’un règlement final. Le porte‑parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, a dit mardi que Doha était « prudemment optimiste », mais a averti que la région ne reviendrait pas rapidement à la normale après des mois de conflit et de perturbations. Le Qatar a indiqué que l’accord devrait rétablir la navigation normale dans le détroit d’Hormuz, lui permettant de continuer à fournir du gaz naturel liquéfié.
Les conditions en mer restent instables. CBS News, citant des données de suivi open‑source de MarineTraffic.com, a rapporté que cinq navires iraniens sanctionnés ont traversé la ligne du blocus américain dans le golfe d’Oman au cours des 24 heures précédentes. Le trafic commercial à travers le détroit d’Hormuz est demeuré faible, avec des navires transitant par l’entrée du golfe Persique dans les unités, contre une moyenne historique d’environ 135 navires par jour.
Les prix du pétrole ont reculé dans l’espoir que le conflit pourrait se calmer et que Hormuz pourrait rouvrir. Le Brent a été négocié en baisse mercredi après une forte chute la veille, bien qu’il reste au‑dessus des niveaux observés avant le début de la guerre fin février.
Le test immédiat est de savoir si la signature de vendredi apportera suffisamment de clarté pour maintenir le cessez‑le‑feu, rassurer les armateurs et contenir le front libanais. Pour l’heure, le cadre annoncé comme une voie de sortie de la guerre est encore façonné par des décisions sur le terrain et des termes non résolus.
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