Des négociateurs américains et iraniens cherchent à conclure un accord de paix lié à la réouverture du détroit d'Ormuz, mais les responsables préviennent qu'une entente n'est pas imminente.
WASHINGTON — Les États-Unis et l'Iran semblaient se rapprocher lundi d'un accord qui pourrait prolonger un cessez‑le‑feu et rouvrir le détroit d'Ormuz, mais des responsables des deux camps ont averti qu'aucun accord n'avait été conclu et que le risque de reprise des combats subsistait.
Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré que les négociateurs avaient une “pretty solid thing on the table” et a laissé entendre qu'un accord mettant fin au conflit pourrait intervenir dès lundi. Le président Donald Trump a affirmé que les pourparlers avançaient de façon constructive, tout en disant avoir demandé aux négociateurs de ne pas se précipiter.
L'Iran a aussi évoqué des progrès, mais le porte‑parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baqai, a déclaré que de larges pans des sujets en discussion avaient été réglés tout en avertissant que “no-one can make such a claim” quant au fait que la signature soit imminente.
Les enjeux dépassent largement Washington et Téhéran. Le détroit d'Ormuz, corridor énergétique crucial par lequel transitent habituellement environ un cinquième du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié, est en pratique fermé depuis le début du conflit le 28 février. La réouverture de la voie maritime est présentée dans plusieurs reportages comme un élément central de l'accord en devenir.
Les marchés pétroliers ont réagi rapidement à la perspective d'une percée. Le brut de référence mondial Brent a chuté de 5,5 % lundi matin à 97,90 $ le baril et s'est négocié autour de 97,70 $ dans l'après‑midi, selon des reportages de la BBC. Même après cette baisse, les prix restaient nettement supérieurs au niveau d'environ 70 $ le baril observé avant la guerre.
Samedi, Trump a déclaré qu'un accord inclurait la réouverture du détroit d'Ormuz, sans donner plus de détails. Il a aussi affirmé avoir parlé avec les dirigeants de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar et d'autres pays au sujet d'un protocole d'entente lié à la paix, et que les aspects finaux d'un accord étaient en cours de discussion. NPR a rapporté que Trump s'était également entretenu avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Le cadre qui se dessine reste toutefois fragile. CBS News a rapporté que des négociateurs américains et iraniens s'étaient mis d'accord sur de grands principes, y compris sur plusieurs questions difficiles divisant les deux pays, mais que Trump mettait en garde contre une signature précipitée. NPR a indiqué que Washington avait clairement exigé que l'Iran commence à laisser passer des navires par le détroit, tandis que l'Iran réclame le dégel de ses fonds dans des banques étrangères et la fin de la guerre d'Israël au Liban contre le Hezbollah soutenu par l'Iran.
Les questions nucléaires demeurent l'un des volets non résolus les plus sensibles. NPR a rapporté que des responsables iraniens ont décrit un possible processus par étapes dans lequel un accord initial de 30 jours sur le détroit serait suivi d'une période de 60 jours de discussions nucléaires avec les États‑Unis. Dans le même temps, les reportages de NPR ont noté que l'Iran a refusé d'engager des discussions sur son programme nucléaire, ce qui souligne l'incertitude quant à ce qu'exigerait réellement tout accord final.
Même un accord signé ne rétablirait pas immédiatement le commerce normal à travers le golfe Persique. L'analyste maritime Lars Jensen a déclaré à l'émission Today de BBC Radio 4 que les entreprises essaieraient probablement de faire bouger les navires déjà bloqués dans le golfe Persique, mais resteraient hésitantes à renvoyer des navires si l'accord venait à échouer. Il a ajouté que des problèmes tels que des mines marines éventuelles pourraient faire en sorte qu'il faille des mois avant que les chaînes d'approvisionnement ne retrouvent les conditions d'avant‑guerre.
Pour l'instant, le prochain test est de savoir si Téhéran accepte formellement les termes proposés et si les parties parviennent à transformer ces grands principes en un accord exécutoire qui rouvrirait le détroit sans raviver le conflit.
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