Un projet en vue d’un accord possible avec l’Iran prolongerait le cessez‑le‑feu actuel de 60 jours, exigerait la réouverture du détroit d'Ormuz et inclurait un engagement iranien de ne pas développer d'armes nucléaires, selon deux responsables régionaux familiers des pourparlers.
Le mémorandum rapporté n'est pas un accord définitif. L'Iran n'a pas accepté tous les termes, et plusieurs des détails les plus importants — notamment la manière dont le stock d'uranium enrichi de Téhéran serait éliminé et comment le respect serait garanti — restent en suspens.
Ce projet a attiré l'attention parce qu'il esquisse le plan le plus clair connu d'une éventuelle issue après une période pendant laquelle la diplomatie et la planification militaire ont évolué en parallèle. Le président Trump a déclaré, après avoir parlé samedi avec des dirigeants du Moyen‑Orient, qu'un accord de paix avec l'Iran avait été “largely negotiated,” bien que des questions finales soient encore en discussion.
Ce que prévoit le projet
Selon les termes décrits par les responsables régionaux, le mémorandum prolongerait le cessez‑le‑feu de 60 jours et demanderait à l'Iran de rouvrir immédiatement le détroit d'Ormuz, une voie navigable cruciale pour le commerce mondial. Il serait également attendu de l'Iran qu'il prenne des mesures pour ramener le trafic à travers le détroit aux conditions d'avant‑guerre dans les 30 jours.
Le projet comprend aussi un engagement de sécurité plus large : l'Iran, les États‑Unis et leurs alliés déclareraient la fin immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, et s'engageraient à ne pas se faire la guerre, ni à menacer ou recourir à la force.
Sur la question nucléaire, la proposition demanderait à l'Iran de réaffirmer qu'il ne développera jamais d'armes nucléaires. Elle exigerait aussi que l'Iran accepte que son stock d'uranium enrichi soit éliminé selon un mécanisme à négocier par les deux parties. Ce mécanisme n'a pas été déterminé, selon les responsables.
Un haut responsable de l'administration américaine a confirmé plusieurs éléments du projet, y compris l'accord de principe de l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée d'un blocus américain sur les ports et navires iraniens, ainsi que l'élimination de son stock d'uranium enrichi. Le responsable n'a pas confirmé la proposition de prolongation du cessez‑le‑feu de 60 jours ni la déclaration mettant fin à toutes les opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban.
Le projet lie les sanctions et les avoirs financiers iraniens gelés à la conformité de l'Iran aux engagements proposés. Mais les détails disponibles ne précisent ni le calendrier, ni l'étendue, ni les conditions d'un éventuel allégement des sanctions, et ne résolvent pas non plus la manière dont le stock d'uranium serait retiré, éliminé ou vérifié.
La question du détroit d'Ormuz pourrait aussi prendre plus de temps que ne le suggère le texte du mémorandum. Même si l'Iran cessait les menaces militaires dans le détroit, le déminage éventuel et le rétablissement de la confiance commerciale pourraient demander du temps supplémentaire, selon le reportage.
Le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a déclaré lundi que les pourparlers avec les États‑Unis se poursuivraient, tout en reconnaissant que “some issues” n'avaient pas été finalisés. Il a dit que les discussions en cours visaient à mettre fin à la guerre et que des pourparlers nucléaires détaillés suivraient durant une période de 60 jours si les parties finalisaient un mémorandum d'entente.
Trump, dans un message publié lundi sur Truth Social, a présenté les pourparlers comme en progression mais a mis en garde contre un compromis partiel. “It will only be a Great Deal for all or, no Deal at all,” a‑t‑il écrit, ajoutant que l'échec signifierait un retour sur le champ de bataille.
Les négociations interviennent après que des responsables américains se sont préparés vendredi à une nouvelle série de frappes militaires, selon des sources ayant une connaissance directe des plans. Ces frappes n'ont pas eu lieu durant le week‑end, alors que les efforts diplomatiques se poursuivaient.
Pour l'heure, la proposition semble être un cadre plutôt qu'un règlement. L'épreuve suivante est de savoir si l'Iran acceptera les termes de fond — et si les deux parties pourront transformer des engagements larges sur la navigation, les sanctions, les lignes de cessez‑le‑feu et l'élimination de l'uranium en dispositions exécutoires.
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