Les États-Unis et l’Iran se sont accordés sur un mémorandum d’entente préliminaire destiné à mettre fin à près de quatre mois de guerre, préparant une signature prévue vendredi en Suisse tout en laissant d’importantes questions en suspens sur l’application, le détroit d’Hormuz, le programme nucléaire iranien et le rôle d’Israël.
Les marchés ont réagi rapidement à l’annonce : les actions ont fortement monté lundi, tandis que les prix du pétrole et les rendements obligataires ont baissé. La réaction reflétait l’espoir que le spectre d’un conflit régional plus large et les perturbations autour de l’une des voies maritimes les plus importantes du monde puissent s’atténuer, même si l’accord n’a pas encore été signé et que son texte intégral n’a pas été rendu public.
Un accord avant la signature
Le président Donald Trump et le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif ont déclaré dimanche que les États-Unis et l’Iran avaient conclu un accord. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a ensuite affirmé que le texte avait été finalisé et serait signé vendredi en Suisse, a rapporté la presse d’État iranienne. Des médiateurs qataris ont également joué un rôle, quittant Téhéran après 17 heures de négociations, avec des réunions préparatoires prévues à Doha avant la signature.
Pour l’instant, l’arrangement doit davantage être compris comme un cadre que comme un règlement définitif. Les États-Unis et l’Iran se sont désengagés militairement, et le mémorandum prolongerait un cessez-le-feu de 60 jours afin de créer un espace pour des négociations sur le programme nucléaire iranien, les sanctions et la sécurité régionale. Gharibabadi a déclaré que les pourparlers nucléaires ne pourraient commencer que si les États-Unis libéraient des milliards de dollars de fonds iraniens gelés ; les États-Unis ont rejeté cette affirmation.
L’incertitude centrale est de savoir si un document signé peut produire une fin durable du conflit. “The threat of renewed conflict will remain in the coming months,” Torbjorn Soltvedt, principal Middle East analyst at Verisk Maplecroft, told CNBC, saying the hardest issues have been pushed into later negotiations.
Le détroit d’Hormuz est central, mais pas entièrement réglé
Trump a mis l’accent sur le détroit d’Hormuz, affirmant que le blocus naval américain serait levé et que la voie navigable serait rouverte sans péages après la signature de l’accord. Il a ajouté que l’ouverture interviendrait lors de la signature de vendredi pour le déminage. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a déclaré dimanche que le processus de réouverture du détroit commencerait immédiatement, bien qu’il ait décrit les modalités comme fondées sur des performances et ait dit que les États-Unis s’attendaient à ce que l’Iran cesse de tirer sur des navires commerciaux une fois l’accord signé.
Le détroit n’est pas officiellement rouvert pour l’instant. L’agence de presse d’État iranienne Mehr a rapporté que la réouverture serait soumise à des « dispositions iraniennes », tandis que le Qatar a salué l’accord comme une étape vers l’assurance de la liberté de navigation. Des dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron et le premier ministre britannique Keir Starmer, ont aussi demandé une mise en œuvre rapide et une restauration complète du trafic maritime.
Israël reste en dehors de l’accord
La plus grande complication politique est qu’Israël n’est pas partie à l’accord américano-iranien. Le conflit a impliqué le Liban, et des frappes israéliennes autour de Beyrouth ont menacé de mettre à mal l’accord naissant. Trump a déclaré que « toutes les parties devraient se tenir à l’écart » après qu’Israël a frappé une banlieue de Beyrouth, tandis qu’Israël a dit qu’il répondait à une attaque du Hezbollah.
Les dirigeants israéliens ont indiqué qu’ils ne considéraient pas l’accord comme contraignant pour la posture militaire d’Israël. Le service d’information israélien Ynet a rapporté que le premier ministre Benjamin Netanyahu avait dit à Trump qu’Israël ne se retirerait pas du Liban et ne se considérait pas obligé de respecter les volets de l’accord relatifs au Liban. Le ministre de la Défense Israel Katz a déclaré que les forces israéliennes resteraient dans les zones de sécurité au Liban, dans la bande de Gaza et en Syrie, et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a dit qu’Israël n’était pas un partenaire de l’accord.
La signature de vendredi pourrait clarifier l’ampleur du soutien au cadre. Téhéran n’a pas publié de liste des participants, et aucune délégation officielle américaine n’a été confirmée. La présence de hauts responsables iraniens, ou de représentants de puissances régionales comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, pourrait signaler un soutien plus large. Tant que le texte n’est pas signé, que le détroit d’Hormuz n’est pas rouvert et que les parties régionales n’ont pas testé le cessez-le-feu, cette avancée reste une ouverture diplomatique plutôt qu’une paix établie.
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