Les armateurs restent prudents quant à un retour dans le détroit d'Ormuz après un accord préliminaire États-Unis‑Iran, les principaux détails de sécurité et de vérification restant non réglés.
Les armateurs ont salué un accord entre les États-Unis et l'Iran visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, mais ont indiqué qu'ils exigeraient des garanties de sécurité plus solides avant de reprendre les traversées de la voie maritime.
La prudence des compagnies maritimes reflète la configuration encore incertaine d'un accord que des responsables américains ont qualifié de préliminaire. Le vice-président JD Vance a déclaré lundi que l'accord prolongerait le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran pour 60 jours et créerait un cadre pour de nouvelles discussions sur le programme nucléaire de Téhéran et d'autres questions, y compris le détroit.
Vance a déclaré à “Squawk Box” de CNBC que les deux principaux volets de l'arrangement sont la réouverture du détroit d'Ormuz et l'obtention d'un engagement à long terme selon lequel l'Iran ne développerait jamais d'arme nucléaire. Il a précisé que le texte n'avait pas été publié et a reconnu que « beaucoup » de détails importants restaient en suspens.
« C'est le genre de choses que nous allons régler dans ces négociations techniques », a déclaré Vance quand on l'a interrogé sur les attentes selon lesquelles le détroit resterait ouvert sans péages à long terme.
Vance a déclaré que le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le président du parlement Mohammad Bagher Ghalibaf devraient participer aux discussions à venir. Il a aussi affirmé que l'Iran s'était engagé à détruire et à se défaire de son stock de matières hautement enrichies, mais que la procédure pour le faire restait à négocier. Toute levée de sanctions ou autre suppression d'obstacles économiques, a-t-il ajouté, exigerait un régime d'inspection et de vérification à long terme.
Le statut de l'accord restait moins que pleinement clair. CNBC a rapporté, citant les propos de Vance, que l'accord préliminaire n'avait pas encore été signé et que son texte n'avait pas été rendu public. La CBC a rapporté séparément que le Pakistan, présenté comme un médiateur clé entre Téhéran et Washington, a annoncé tôt lundi, heure locale, qu'un accord avait été conclu appelant à la « cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ».
Cette incertitude est particulièrement importante pour les compagnies maritimes qui évaluent le moment d'envoyer des navires de nouveau dans le détroit. La promesse de l'accord de rouvrir la route est significative, mais la réaction des armateurs laisse entendre qu'ils attendent de voir si l'annonce politique sera assortie de garanties de sécurité applicables en mer.
L'accord semblait aussi avoir un effet sur les combats liés au conflit plus large. La CBC a rapporté que les combats dans le sud du Liban se sont apaisés lundi après l'annonce, bien que les autorités locales aient averti les personnes déplacées de ne pas rentrer précipitamment. Des sources sécuritaires libanaises et étrangères ont dit que la zone était relativement plus calme, tandis que des tirs d'artillerie ont encore été signalés dans des villes du sud du Liban et qu'au moins un drone a été entendu au‑dessus de Beyrouth et de ses banlieues sud.
Israël n'est pas partie à l'accord États-Unis‑Iran, et le ministre israélien de la Défense Israel Katz a déclaré que les troupes israéliennes resteraient « indéfiniment » dans les zones occupées par Israël au Liban, en Syrie et à Gaza. Un porte-parole du bureau du premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré à The Associated Press que Israël et les États-Unis demeurent alignés pour empêcher l'Iran d'obtenir des armes nucléaires, tout en affirmant qu'Israël continuerait d'agir contre les attaques du Hezbollah.
Pour l'instant, le prochain test est de savoir si les négociateurs peuvent transformer le cadre en termes écrits qui satisfassent les gouvernements, les acteurs armés et les opérateurs commerciaux. Tant que ces détails ne seront pas plus clairs, les armateurs semblent peu enclins à considérer la réouverture du détroit d'Ormuz comme une garantie de sécurité établie.
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