Un regroupement de décès de policiers a ravivé les inquiétudes au Canada, mais les données disponibles n'indiquent pas encore une augmentation au‑delà des tendances historiques.
Un affrontement armé mortel à Montréal a intensifié les inquiétudes concernant la violence contre la police, après qu’un officier, un civil et un suspect ont été tués lundi dans Côte‑des‑Neiges et qu’un autre officier et un passant ont été blessés.
La fusillade a été la troisième fois qu’un policier au Canada a été tué en moins de deux semaines. Elle fait suite à d’autres attaques récentes et à des blessures impliquant des agents, dont deux membres de la RCMP qui ont été blessés par balles alors qu’ils répondaient à un appel à Melville, Sask.
Mais des chercheurs qui suivent les décès de policiers préviennent que ce regroupement récent n’indique pas, à lui seul, que les assassinats d’agents sont en hausse. Cinq officiers sont morts en service au Canada jusqu’à présent en 2026, dont trois lors d’attaques, selon des données citées par CBC News.
« It's important to understand that a short cluster of deaths does not necessarily make for a trend or a wave in on-duty police officer deaths, » a déclaré Justin Piché, professeur de criminologie à l'University of Ottawa, à CBC’s The National.
Piché, qui a recueilli des données sur les décès de policiers causés par des actes intentionnels nuisibles depuis les années 1960, a dit que les agents sont moins susceptibles d’être tués par quelqu’un qui cherche intentionnellement à leur nuire aujourd’hui que dans les décennies précédentes. « We are only six and a half months into 2026, but if the current numbers hold, it would be a below average year, » a‑t‑il ajouté.
À l’échelle du Canada, 416 officiers sont morts en service entre 1962 et 2026, soit en moyenne 6,5 décès par an. Il n’y a eu aucun décès de policiers en service en 2024 ou 2025, ce que les données décrivent comme une anomalie sur la période de 64 ans. En 2023, huit officiers sont morts en service, six à la suite d’une violence intentionnelle.
Les collisions de véhicules demeurent la principale cause de décès chez les policiers, suivies de près par les tirs d’armes à feu. Les décès et blessures de cette année comprennent Ontario Provincial Police Sgt. Brandon Malcolm, décédé dans un accident de moto en avril, et OPP Const. Tarun Bali, qui a été tué June 9 alors qu’il tentait d’arrêter un véhicule près de Hearst, Ont. Toronto police Const. Marc Pinizzotto a été abattu et tué June 11 lors d’une perquisition dans un immeuble d’habitation.
Le ministre québécois de la sécurité intérieure Ian Lafrenière a décrit la fusillade de Montréal comme « extrêmement rare ». Néanmoins, les cas récents ont relancé le débat sur ce que les agents affrontent en service, incluant des questions sur la confiance du public, les armes à feu illégales et les circonstances qui mènent aux attaques.
Les experts contactés par CBC ont dit qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions nettes sur ce qui motive la violence récente. Piché a averti qu’après des incidents très médiatisés, la discussion publique peut évoluer plus vite que les éléments probants. Pour l’instant, les données indiquent un regroupement sérieux de décès, et non une tendance nationale confirmée.
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