Le succès de “Backrooms” et d’“Obsession” place deux réalisateurs formés sur YouTube au centre des discussions sur le box‑office hollywoodien.
Deux films d’horreur réalisés par des cinéastes ayant construit leur audience sur YouTube sont devenus des succès inattendus au box‑office, accentuant l’urgence pour Hollywood de retrouver un public plus jeune.
Backrooms, réalisé par le Canadien de 20 ans Kane Parsons, a démarré à la première place en salles le week‑end dernier, récoltant plus de $5 million Cdn au Canada et $118 million US à l’échelle mondiale, selon CBC News. Obsession, du Britannique de 26 ans Curry Barker, s’est classé deuxième et a engrangé $150 million US dans le monde depuis sa sortie il y a un peu plus de deux semaines.
Leur succès est remarquable non seulement parce que ces deux réalisateurs sont jeunes et nouveaux dans les sorties en salles, mais aussi parce que leur public semble les avoir suivis des plateformes en ligne jusqu’aux cinémas. Des observateurs de l’industrie cités par CBC estiment que ces résultats pourraient influencer les projets que les studios seront prêts à soutenir, notamment dans l’horreur, où des concepts distinctifs à faibles budgets peuvent rapidement voyager.
Backrooms a commencé comme une série found‑footage de 22 vidéos sur YouTube qui a cumulé plus de 25 millions de vues et développé un culte de fans. Barker, connu pour ses sketches comiques sur YouTube, s’était déjà orienté vers l’horreur avant Obsession, publiant le long métrage Milk & Serial sur la plateforme en 2024.
Chris Ferguson, producteur basé à Vancouver sur Backrooms, a dit à CBC qu’il croyait que l’audience de Parsons ferait le saut vers les salles parce que le film restait fidèle à la série. « Je pense que la leçon est d’arrêter de sous‑estimer le public », a déclaré Ferguson.
Les chiffres du box‑office mettent aussi en relief le contraste entre l’horreur à moindre coût et les productions de franchises coûteuses. CBC rapportait qu’Obsession a été réalisé pour $750,000, tandis que Backrooms disposait d’un budget de $10 million. À titre de comparaison, Star Wars: The Mandalorian and Grogu, sorti le même week‑end qu’Obsession, avait un budget estimé à $165 million et a rapporté $81 million alors que les ventes de billets ont diminué.
Aaron Couch, rédacteur cinéma au The Hollywood Reporter, a dit à CBC que l’attrait tient en partie à voir un « coin étrange d’internet » porté à un public de masse par un jeune cinéaste sans le maquillage traditionnel des stars de cinéma. Il a aussi noté qu’Obsession a progressé durant sa deuxième et sa troisième fin de semaine, un schéma inhabituel pour une sortie moderne.
Les données sur le public aident à expliquer pourquoi l’industrie y prête attention. Des sondages de sortie rapportés par The Associated Press et cités par CBC ont révélé que 86 % du public de Backrooms avait moins de 35 ans, plus de la moitié avait 25 ans ou moins et 44 % avaient moins de 21 ans. Pour Obsession, 75 % des spectateurs avaient entre 18 et 25 ans.
Cela ne signifie pas que chaque créateur YouTube devient soudainement un pari sûr pour les studios, ni que la popularité en ligne seule puisse porter un long métrage. Mais la double performance de Backrooms et d’Obsession donne à Hollywood un exemple plus clair de la façon dont une narration native du web, des communautés de fans intégrées et des budgets relativement modestes peuvent se combiner à un moment où certaines franchises établies peinent à paraître essentielles auprès des publics plus jeunes.
Le prochain test sera de savoir si les studios considèrent ces films comme des exceptions ou comme la preuve d’un pipeline plus large — un parcours où des créateurs d’horreur qui apprennent le rythme, le ton et l’engagement du public en ligne peuvent passer directement aux salles sans perdre l’audience qui les a découverts en premier.
Commentaires (0)