Un fournisseur automobile de Windsor cible l’Inde alors que le Canada et l’Inde travaillent à un accord de libre‑échange et visent à accroître fortement le commerce bilatéral d’ici 2030.
Un fabricant de Windsor, Ont., qui fournit des revêtements pour pièces en caoutchouc destinées à l’automobile gagne du terrain en Inde alors que le Canada et l’Inde tentent de reconstruire leurs liens commerciaux et que les entreprises canadiennes recherchent des moyens de réduire leur exposition à l’incertitude entourant les tarifs américains.
G. Bareich Import-Export Inc., ou GBIE, fabrique des revêtements utilisés sur les joints de portes, de toits ouvrants et de fenêtres pour réduire l’usure, la friction, les grincements et les cliquetis. Après des années passées à se concentrer sur les marchés américain et chinois, le président David Bareich a dit que l’entreprise se tourne désormais plus agressivement vers l’Inde, notamment après une visite récente au cours de laquelle il a rencontré des clients potentiels comme le constructeur automobile Mahindra.
« Le marché indien est énorme », a déclaré Bareich en pointant la croissance de la production automobile en Inde. Il a dit que l’entreprise veut y réaliser davantage de ventes et voit l’Inde comme un marché de croissance évident.
Ce virage commercial survient alors que le ministre indien du Commerce et de l’Industrie, Piyush Goyal, s’est rendu au Canada cette semaine pour des réunions sur le commerce et l’investissement. Goyal a déclaré que les deux pays veulent conclure un accord de libre‑échange en 2026 et travaillent à tripler le commerce bilatéral pour atteindre 70 milliards de dollars d’ici 2030.
Le commerce de marchandises bilatéral entre le Canada et l’Inde a atteint 13,6 milliards de dollars en 2025. Les exportations canadiennes totalisaient 3,9 milliards de dollars, dominées par les légumes, les combustibles et huiles minérales, et la pâte à papier. Les importations en provenance de l’Inde ont atteint 9,7 milliards de dollars, les principales catégories étant les pierres et métaux précieux, les machines et les produits pharmaceutiques.
Pour GBIE, un accord commercial pourrait avoir des conséquences financières directes. Bareich a dit que l’Inde applique actuellement un droit de 10 % sur les importations, et que la réduction des droits et des coûts logistiques pourrait permettre à l’entreprise d’économiser des centaines de milliers de dollars tout en la rendant plus compétitive face à ses rivaux mondiaux.
Il a expliqué que l’incertitude liée aux tarifs américains, aux questions commerciales plus larges entre le Canada et les États‑Unis et à la guerre en Iran a rendu certains clients américains potentiels hésitants à s’engager. Cela a, selon lui, renforcé l’argument en faveur de la diversification des entreprises canadiennes. « Nous sommes un parfait exemple de pourquoi le Canada devrait se diversifier », a dit Bareich.
Le contexte diplomatique reste compliqué. Le Canada et l’Inde ont mené des pourparlers commerciaux depuis 2010, mais le processus a été interrompu en 2023 après que le gouvernement canadien a accusé l’Inde d’être impliquée dans l’assassinat d’un militant sikhe à Surrey, en C.‑B. Le premier ministre Mark Carney s’est rendu à Mumbai et à New Delhi en mars, et Goyal a affirmé que cette visite a changé la manière dont les deux pays se perçoivent mutuellement.
Vina Nadjibulla de l’Asia Pacific Foundation of Canada a déclaré que l’Inde est un élément majeur de la stratégie du Canada pour élargir ses relations commerciales, citant l’économie indienne en forte croissance, l’expansion de la classe moyenne et la demande en énergie, en alimentation, en technologies et en investissement. Elle a dit que deux cycles de négociations ont été complétés, bien que le calendrier pour conclure un accord reste ambitieux.
Pour des entreprises comme GBIE, l’épreuve suivante est de savoir si l’élan politique renouvelé peut se traduire par un accord commercial qui réduira les barrières avant l’échéance de 2026.
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