Des théories du complot se sont propagées sur les réseaux sociaux quelques heures à peine après la fusillade de samedi au dîner des correspondants de la Maison‑Blanche, les utilisateurs se demandant si l'attaque avait été mise en scène alors que les autorités rassemblaient encore des faits élémentaires.
Les allégations ont trouvé un écho parce que l'incident combinait une cible très en vue, un cadre public chaotique et des informations initiales incomplètes. Des chercheurs qui étudient la désinformation ont dit que la réaction était notable non seulement par sa rapidité, mais aussi par l'étendue de la suspicion à travers les lignes idéologiques, y compris chez des comptes libéraux et progressistes ainsi que chez des comptes d'extrême droite critiques envers le président Donald Trump.
“We saw it in 2016, but this time it's much stronger, where we're starting to see the adherence to conspiracy theories on the political left, especially after they've mocked everyone who's been attached to them,” said Carmen Celestini, a University of Waterloo scholar who studies disinformation, extremism and conspiracy movements.
La fusillade s'est déroulée au Washington Hilton alors que Trump, la première dame Melania Trump et d'autres responsables assistaient au dîner annuel. CNBC a rapporté qu'au moins cinq détonations ont été entendues vers 20 h 35, heure de l'Est, et que des agents du Secret Service ont entouré le président pendant que des participants se mettaient à l'abri. Les autorités ont déclaré que le président et la première dame avaient été évacués en sécurité et qu'aucun participant n'avait été sérieusement blessé. Un agent du Secret Service a été atteint par au moins un projectile mais protégé par un gilet pare‑balle et devrait s'en sortir, a rapporté CBS News.
Le suspect, identifié par CBS News via des sources des forces de l'ordre comme étant Cole Tomas Allen, 31 ans, de Torrance, en Californie, a été arrêté sur place. Il a été inculpé lundi devant un tribunal fédéral pour tentative d'assassinat du président, pour avoir utilisé une arme à feu lors d'un crime violent et pour avoir transporté une arme à feu à travers les États en vue de commettre un délit. Les enquêteurs ont décrit l'affaire comme étant toujours en cours et ont déclaré qu'ils examinaient des écrits, des appareils électroniques et d'autres preuves pour déterminer le mobile.
Un récit mis en scène s'impose
Les théories en ligne se sont rapidement concentrées sur l'idée que la fusillade avait été mise en scène à des fins politiques. La CBC a rapporté que des utilisateurs sur X et Bluesky ont tour à tour affirmé que l'attaque visait à distraire de la guerre en Iran, à améliorer la position de Trump avant les élections de mi‑mandat ou à accélérer le soutien à un projet de salle de bal à la Maison‑Blanche.
La salle de bal est devenue un point d'attention particulier après que des partisans éminents de Trump ont publié des messages similaires réclamant le projet peu après la fusillade. L'ancienne influenceuse MAGA Ashley St. Clair a déclaré dans une vidéo TikTok que les publications semblaient coordonnées. “Everything in MAGA is fake, staged and coordinated,” she said.
Trump et d'autres responsables ont continué à plaider en faveur de la salle de bal après la fusillade. La CBC a rapporté que Trump a dit aux journalistes, “We need the ballroom,” et a ensuite posté que la fusillade ne se serait pas produite avec ce qu'il a appelé le “Military Top Secret Ballroom.” Le ministère de la Justice des États‑Unis a également évoqué la fusillade en demandant aux défenseurs du patrimoine d'abandonner une poursuite contre le projet de 400 millions de dollars, et les républicains au Congrès ont poussé une législation pour accélérer la construction en utilisant des fonds publics, selon la CBC.
Des fragments deviennent des preuves supposées
D'autres théories se sont appuyées sur des extraits et des images isolés provenant d'une scène confuse. Certains utilisateurs ont pointé des images de Trump arborant un sourire pendant l'agitation ou la remarque pré‑dîner de la porte‑parole Karoline Leavitt à Fox News selon laquelle “there will be some shots fired tonight,” remarque que la CBC a présentée comme une référence métaphorique au discours de Trump.
Un extrait largement partagé montrant la journaliste de Fox News Aishah Hasnie interrompue alors qu'elle couvrait l'événement au Hilton est également devenu de la matière pour des allégations de faux‑drapeau. Hasnie a rejeté cette interprétation, écrivant sur X que les appels tombaient parce qu'il y avait à peine de service cellulaire dans la salle de bal.
Une autre affirmation citait un message de 2023 provenant d'un compte anonyme sur X qui incluait le nom “Cole Allen” comme preuve supposée d'une prédiction par un voyageur temporel. Le nom du suspect est Cole Tomas Allen.
Pourquoi l'incertitude se propage rapidement
Des experts cités par la CBC et The Associated Press ont expliqué que le flou initial entourant une attaque peut créer des conditions idéales pour la pensée conspirationniste, surtout lorsque la confiance envers les institutions est déjà faible et que l'environnement informationnel est saturé. Emily Vraga, professeure à l'University of Minnesota qui étudie la désinformation politique, a dit à l'AP qu'un flot d'informations contradictoires et changeantes peut pousser les gens vers des récits simplifiés, y compris des théories du complot.
Dans ce cas, les déclarations officielles et les procédures judiciaires ont répondu à certaines questions de base, notamment qui a été arrêté et quelles accusations il encourt. Mais les enquêteurs n'ont pas publiquement répondu à toutes les questions sur le mobile ou la planification. Tant que d'autres preuves vérifiées ne seront pas rendues publiques, les mêmes zones d'ombre que cherchent à combler les enquêteurs resteront probablement les espaces où la spéculation en ligne prospère.
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