Le président iranien a invoqué un symbole marquant de la guerre Iran‑Irak alors que se poursuivent les pourparlers entre les États‑Unis et l'Iran, un signal qu’un expert a décrit comme à forts enjeux et peu enclin au compromis.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a présenté la confrontation de l'Iran avec les États‑Unis et Israël dans le langage de la guerre Iran‑Irak, invoquant l'un des symboles de résistance les plus puissants de la République islamique alors que les négociations avec Washington se poursuivent.
Le message, publié May 24 sur X pour marquer l'anniversaire de la reprise en 1982 de Khorramshahr par l'Iran aux forces irakiennes, est intervenu alors que le président Donald Trump affirmait qu'un accord avec Téhéran était « largement négocié », tout en avertissant que les États‑Unis signeraient soit ce qu'il a appelé « un accord important et significatif », soit qu'ils se retireraient.
L'Iran a indiqué un large accord avec Washington sur certains points, mais a aussi dit qu'un accord final n'était pas imminent et que des discussions sur les détails restants étaient toujours en cours.
Dans son message, Pezeshkian a écrit : « Khorramshahr today is Iran, the Persian Gulf, and the Strait of Hormuz, » ajoutant que « resistance, self‑sacrifice, and repelling aggression are rooted in the culture of this land. »
Le Dr Omar Mohammed, directeur du Antisemitism Research Initiative Program on Extremism à George Washington University, a déclaré à Fox News Digital que le choix du moment et des images était central au message. Khorramshahr, une ville du sud‑ouest capturée par les forces de Saddam Hussein au début de la guerre Iran‑Irak puis reprise par l'Iran, représente depuis longtemps dans la mémoire politique iranienne l'endurance, le sacrifice civil et la défiance face à l'invasion.
« C'est l'un des moments mythologiques fondateurs de la République islamique — résistance civile, sacrifice massif, repousser une armée agresseuse, » a dit Mohammed. Il a expliqué que Pezeshkian étendait ce cadre de guerre à l'impasse actuelle, présentant l'Iran comme un pays attaqué et présentant la résistance comme la réponse nationale attendue.
Mohammed a également souligné la référence de Pezeshkian au détroit d'Hormuz, une voie maritime critique souvent évoquée par des responsables iraniens lors de périodes d'escalade. Inclure le détroit dans un message de résistance de guerre, a‑t‑il dit, constituait un signal délibéré plutôt qu'une rhétorique incidente.
Ces propos ne montrent pas en eux‑mêmes si Téhéran est prêt à durcir sa position de négociation, mais ils soulignent les enjeux politiques entourant les pourparlers. L'utilisation de Khorramshahr par Pezeshkian suggère que les dirigeants iraniens rattachent la diplomatie à un récit national plus profond de résistance, alors que Washington met la pression pour un accord qu'il dit devoir être substantiel ou ne pas avoir lieu du tout.
Pour l'instant, les négociations restent sans résolution, et le prochain test sera de savoir si les avertissements publics de Téhéran et de Washington rétréciront la voie vers un accord ou deviendront partie intégrante du marchandage lui‑même.
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