Le Canada a perdu 18 000 emplois en avril et le taux de chômage est monté à 6,9 %, s’ajoutant aux signes d’un marché du travail qui s’affaiblit après un début de 2026 difficile.
L’économie canadienne s’est délestée de 18 000 emplois en avril et le taux de chômage a grimpé à 6,9 %, son plus haut niveau en six mois, selon des données de Statistics Canada publiées vendredi.
Le recul pointe vers des tensions persistantes sur le marché du travail après un bref gain d’environ 14 000 emplois en mars. Le Canada a maintenant perdu des emplois durant trois des quatre premiers mois de 2026, pour un recul cumulatif de 112 000 postes depuis janvier.
Les pertes se sont concentrées dans le travail à temps plein. L’emploi à temps plein a diminué de 46 700 en avril, en partie contrebalancé par un gain de 29 000 emplois à temps partiel. Sur les quatre premiers mois de l’année, le travail à temps plein était en baisse de 111 000 postes, a indiqué Statistics Canada.
Les chiffres se sont avérés plus faibles que prévu par les analystes. Des économistes sondés par Reuters prévoyaient un gain net de 15 000 emplois et un taux de chômage de 6,7 %.
Le rapport s’ajoute aux signes de relâchement du marché du travail, une préoccupation que la Bank of Canada a signalée dans son plus récent Monetary Policy Report. La banque centrale surveille des indicateurs comme l’emploi, les heures travaillées et les postes vacants pour évaluer l’ampleur des capacités inutilisées dans l’économie.
La croissance des salaires s’est modérée tout en demeurant élevée. Le salaire horaire moyen des employés permanents a augmenté de 4,8 % sur un an, en baisse par rapport à 5,1 % en mars. Cette mesure est étroitement surveillée par la Bank of Canada en raison de son lien avec les attentes d’inflation.
Le taux de participation a légèrement augmenté à 65 %, contre 64,9 % en mars, ce qui signifie qu’une part légèrement plus grande des Canadiens de 15 ans et plus travaillaient ou cherchaient du travail. Un taux de participation plus élevé parallèlement à un taux de chômage plus élevé laisse entendre que davantage de personnes cherchaient un emploi sans en trouver.
Le taux de chômage a augmenté tant chez les travailleurs du principal groupe d’âge que chez les jeunes. Chez les travailleurs de 25 à 54 ans, le chômage a augmenté à 6 %. Le chômage des jeunes est monté à 14,3 %.
Par secteur, les secteurs producteurs de biens ont perdu 26 800 emplois en avril, tandis que l’emploi dans les services a augmenté de 9 100. Selon le rapport, la partie de l’économie axée sur les biens a été davantage exposée aux tarifs américains et à l’incertitude commerciale. Les soins de santé et l’assistance sociale, ainsi que les services aux entreprises et de bâtiment, ont affiché des gains.
Malgré la faiblesse récente, l’emploi demeurait supérieur de 67 000 à son niveau d’avril 2025. Mais des économistes cités dans le rapport ont indiqué que le recul du début d’année laisse croire que les chercheurs d’emploi pourraient continuer à faire face à un marché difficile.
« Les conditions difficiles auxquelles font face les chercheurs d’emploi, qu’il s’agisse de jeunes qui tentent d’entrer sur le marché ou de chômeurs qui essaient de retourner au travail, persistent. On voit peu de signes d’un passage à la vitesse supérieure de sitôt », a écrit l’économiste principal d’Indeed, Brendon Bernard, dans une note.
Les prochaines données sur le marché du travail seront scrutées pour déterminer si la faiblesse d’avril faisait partie d’un ralentissement plus large ou représentait un autre à-coup dans une année qui, jusqu’à présent, a offert peu de stabilité aux travailleurs et aux employeurs.
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