Des députés conservateurs demandent au vérificateur général d’enquêter sur PrescribeIT, un programme d’ordonnances électroniques financé par le fédéral que Canada Health Infoway indique prendra fin le 29 mai.
Des députés conservateurs demandent au vérificateur général d’examiner la façon dont le gouvernement fédéral a géré PrescribeIT, un programme d’ordonnances électroniques de 250 millions de dollars lancé pour moderniser la façon dont les médecins envoient des prescriptions aux pharmacies.
La demande suit la confirmation de Canada Health Infoway, l’organisme sans but lucratif financé par le fédéral qui gère le programme, que PrescribeIT prendra fin le 29 mai alors qu’il passe à « une approche fondée sur des normes ouvertes » pour les ordonnances électroniques. Le programme a débuté en 2017 dans le but de réduire la dépendance à des technologies plus anciennes, notamment les télécopieurs.
Lors d’une conférence de presse lundi sur la Colline du Parlement, le député conservateur Dan Mazier, porte-parole du parti en matière de santé, a dit que des articles du Globe and Mail suggérant que moins de 5 % des ordonnances sont envoyées via PrescribeIT ont incité le parti à exercer un examen approfondi. Mazier a dit que le projet avait d’abord été annoncé en 2016 avec un budget de 40 millions de dollars et a allégué que son coût a grimpé à plus de 300 millions de dollars au cours de la dernière décennie.
« Alors, qu’ont obtenu les Canadiens pour leurs 300 millions de dollars ? Eh bien, c’est la question des 300 millions de dollars. Parce qu’à ce jour, les médecins envoient encore des ordonnances par télécopieur », a déclaré Mazier.
Mazier a indiqué que les conservateurs tentent d’obtenir des documents sur PrescribeIT par le biais des travaux des comités, et a accusé le gouvernement de retarder ces efforts avant la restructuration des comités parlementaires pour refléter la nouvelle majorité des libéraux à la Chambre des communes. Il a aussi soulevé des questions sur la propriété intellectuelle liée au programme.
Lors d’un examen du comité le 21 avril, on a dit aux députés que Canada Health Infoway avait engagé Telus Health pour concevoir PrescribeIT et que Telus avait reçu 98 millions de dollars pour son travail. En réponse à une question inscrite au Feuilleton, Health Canada a indiqué que le gouvernement fédéral « ne détient aucun droit de propriété intellectuelle relatif à PrescribeIT ». Ratcho Batchvarov, vice-président des solutions pour les fournisseurs chez Telus Health, a dit au comité que Telus possédait déjà 85 % de la propriété intellectuelle utilisée comme base pour le programme et qu’elle ne pouvait pas être transférée ni maintenue sans l’implication de Telus.
Le député du Bloc Québécois Maxime Blanchette-Joncas, vice-président du comité de la santé de la Chambre des communes aux côtés de Mazier, a appuyé l’appel à une enquête du vérificateur général, déclarant dans une déclaration en français à The Canadian Press que les contrats informatiques fédéraux montrent trop souvent une mauvaise gestion, une surveillance insuffisante et des coûts élevés.
Le bureau de la ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, a indiqué que PrescribeIT devait devenir autosuffisant, mais n’a pas atteint ce point. « Étant donné la faible adoption du programme, il était clair qu’il n’y avait aucune voie vers l’autosuffisance, donc le programme a été arrêté », a écrit Guillaume Bertrand, directeur des communications de Mme Michel, dans un courriel. « Notre gouvernement veut s’assurer de tirer le meilleur parti de l’argent des contribuables, et mettre fin à PrescribeIT était la décision responsable sur le plan financier. »
La prochaine question est de savoir si le vérificateur général acceptera d’examiner le programme, et si les documents demandés par les députés de l’opposition seront publiés avant la fin prévue du programme.
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