Retards judiciaires

Terre‑Neuve‑et‑Labrador va suivre les dossiers criminels annulés en raison de délais de procès

Le premier ministre Tony Wakeham a qualifié ces retards d’inacceptables après que CBC a établi qu’au moins 24 personnes avaient vu leurs accusations suspendues, rejetées ou retirées à la suite de demandes Jordan

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Terre‑Neuve‑et‑Labrador va suivre les dossiers criminels annulés en raison de délais de procès
Emplacement
Newfoundland and Labrador
Newfoundland and Labrador, Canada
Terre‑Neuve‑et‑Labrador dit qu’elle suivra les dossiers Jordan après que CBC a rapporté qu’au moins 24 personnes ont échappé à des poursuites liées à des délais de procès.
Tribunaux Système judiciaire Terre-Neuve-et-Labrador R c Jordan Retards de procès

Terre‑Neuve‑et‑Labrador commencera à suivre les dossiers criminels touchés par les règles sur les délais de mise en procès après qu’une enquête de CBC News a établi qu’au moins 24 personnes dans la province avaient vu leurs accusations suspendues, rejetées ou retirées au cours de la dernière année et demie à la suite de demandes Jordan.

Le premier ministre Tony Wakeham a déclaré mercredi qu’il est inacceptable que des affaires criminelles sortent du système parce qu’elles ont pris trop de temps avant d’être jugées. « Aucun de nous ne voudrait voir ce genre de délais dans notre système de justice qui provoquent ce genre de situation, » a dit Wakeham aux journalistes. « Et comme nous l’avons déjà dit, et nous continuerons de le dire, nous devons faire mieux. »

La question tourne autour de la décision R v Jordan de la Cour suprême du Canada, qui a fixé des limites de temps présumées pour les procès criminels : 18 mois dans les cours provinciales et 30 mois dans les cours supérieures, calculés à partir du dépôt des accusations. Les retards au‑delà de ces limites sont présumés déraisonnables, à moins qu’ils ne soient causés par la défense ou par des circonstances exceptionnelles.

La province dit qu’elle commencera à compiler les chiffres

La ministre de la Justice, Helen Conway Ottenheimer, a déclaré que son ministère commencera à compiler des données sur les dossiers Jordan afin que les responsables puissent évaluer si les nouveaux investissements réduisent les délais. Elle n’a pas précisé quand l’information serait rendue publique.

« Nous voulons nous assurer que nous suivons et analysons cela pour aller de l’avant, afin que nous puissions apporter des améliorations et voir si les améliorations et les investissements que nous faisons sont efficaces, » a dit Conway Ottenheimer.

Le budget récent de la province prévoyait davantage de policiers, de procureurs, de juges et de personnel de cour, selon le reportage de CBC. Wakeham a évoqué ce travail lorsqu’on lui a demandé comment le gouvernement entend faire face à un système judiciaire mis à rude épreuve par des fermetures et des retards.

Les responsables de la justice de la province avaient auparavant indiqué qu’ils ne pouvaient fournir que le nombre actuel de demandes Jordan devant les tribunaux, et non des statistiques sur les accusations touchées par des dépassements de délais. CBC Investigates a rapporté qu’elle avait elle‑même retracé les dossiers, trouvant au moins 24 personnes dont les accusations ont été suspendues, rejetées ou retirées après que les échéances Jordan ont été dépassées.

L’enquête a aussi révélé que la Couronne s’est opposée avec succès à au moins une douzaine de demandes Jordan, dont quatre dans des affaires d’agression sexuelle, et que des accords de plaidoyer ont été conclus dans environ une demi‑douzaine d’autres dossiers. CBC a signalé 10 autres dossiers où les demandes Jordan n’ont jamais été entendues parce que les accusations n’ont pas été poursuivies pour d’autres raisons, y compris des éléments de preuve exclus ou des acquittements au procès.

Conway Ottenheimer a dit que les retards ont des conséquences pour les personnes prises dans le système. « Quand leurs dossiers ne sont pas jugés sur le fond, cela a un impact sur les victimes, cela a un impact sur toute personne impliquée dans l’affaire, » a‑t‑elle dit. « Et vraiment, ce n’est pas acceptable. »

Le prochain test pour la province sera de savoir si le suivi des dossiers produira des données publiques — et si le renfort en personnel et en ressources réduira le nombre de poursuites qui prennent fin parce que les tribunaux ne peuvent pas respecter les échéances constitutionnelles.

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