Sumerian Oil and Gas, établie à Calgary, soutient que l'Alberta Energy Regulator n'a pas veillé à ce que ses puits sur la base des Forces canadiennes Wainwright soient fermés avant l'incendie de végétation du 17 octobre, qui a tué quatre soldats et en a blessé des dizaines d'autres. Elle affirme avoir l'intention d'intenter des poursuites contre l'organisme de réglementation.
Les autorités militaires ont indiqué que rien n'indique que des infrastructures énergétiques soient liées à l'incendie. Les enquêteurs militaires ont déclaré que rien ne laisse croire qu'il a été causé par des infrastructures pétrolières ou gazières, ni qu'une conduite de gaz a été heurtée. Trois enquêtes distinctes sont en cours, et les autorités militaires disent n'avoir aucune nouvelle information sur les actifs de Sumerian.
Le différend porte sur une ordonnance de l'organisme de réglementation datée du 5 octobre, qui a confié tous les actifs de Sumerian, dont plus de 300 permis de puits sur la base, à la Orphan Well Association (OWA). L'ordonnance exigeait que l'association ferme les sites dans un délai de 14 jours. Sumerian affirme avoir prévenu l'organisme de réglementation que ce délai était impossible à respecter, en raison de la procédure requise pour accéder à des sites situés sur une base militaire active.
« Autant que Sumerian puisse le déterminer, entre le 5 et le 17 octobre, l'OWA ne s'est présentée à aucun site de Sumerian sur le champ de tir, n'a fermé aucun puits et n'a isolé aucun pipeline », a indiqué l'entreprise dans une déclaration à CBC News.
Sumerian affirme avoir appelé la ligne d'urgence de l'association le soir de l'incendie pour signaler que ses puits se trouvaient dans la zone touchée. L'entreprise soutient que la personne-ressource désignée par l'association lui a répondu qu'aucun des puits n'avait été fermé et que l'association ne prévoyait pas se rendre sur la base avant le 27 octobre.
Lars DePauw, président de l'association, a affirmé vendredi dans une déclaration à CBC News que tous les puits de Sumerian sur la base ont été inspectés et fermés. Il n'a pas précisé quand les travaux ont été terminés, ni si c'était avant ou après l'incendie. Selon lui, l'association n'a pas participé à l'intervention d'urgence pendant l'incendie, et elle continue de travailler sur de nouveaux problèmes de conformité qu'elle a relevés.
L'organisme de réglementation a refusé de commenter les allégations de Sumerian, affirmant qu'il ne peut répondre aux questions sur l'incident de Wainwright tant qu'il fait l'objet d'une enquête. Il n'a pas répondu aux questions sur l'état des puits ni sur la façon dont ils sont gérés depuis que Sumerian en a perdu l'accès. Le site Web de l'entreprise semblait avoir été mis hors ligne mardi.
Sumerian affirme que l'organisme de réglementation la cible injustement depuis des mois. Elle s'est engagée à déposer un appel réglementaire et à demander une injonction judiciaire pour reprendre le contrôle opérationnel de ses actifs. Elle a aussi demandé au ministre de l'Énergie, Brian Jean, d'ordonner un examen ministériel de la conduite de l'organisme de réglementation, et réclame un audit réglementaire de ses actifs. Le bureau de M. Jean n'a pas répondu à des demandes répétées de commentaires.
L'ordonnance du 5 octobre faisait suite à des mesures d'application de la loi, à des frais réglementaires impayés et à deux fuites de pétrole brut, à Wainwright et à Killam, qui n'auraient pas été corrigées. En l'annonçant, l'organisme de réglementation a indiqué que Sumerian pourrait ne pas être en mesure de fournir des soins et des mesures raisonnables pour protéger la sécurité publique et l'environnement. L'organisme avait d'abord ordonné à Sumerian de suspendre ses activités en juillet, mais l'entreprise a obtenu un sursis temporaire de la Cour du Banc du Roi.
Sumerian affirme que les problèmes sont antérieurs à son acquisition, en novembre 2025, des actifs de Cleo Energy Corp., et que l'organisme de réglementation le savait. Elle soutient également que l'organisme s'est écarté de sa propre politique d'application proportionnée et lui a attribué des actifs appartenant à des tiers ou inexistants.
Mandy Olsgard, spécialiste de l'évaluation des risques et ancienne toxicologue principale en environnement au sein de l'organisme de réglementation, a critiqué l'approche de l'entreprise. « Il est évident qu'elle ne gérait pas ses puits d'une manière jugée suffisante par l'Alberta Energy Regulator, et c'est pourquoi elle n'en a plus le contrôle », a-t-elle dit.
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