Le Royaume‑Uni prévoit d'affaiblir le lien entre les factures d'électricité et les prix du gaz d'ici environ un an et d'augmenter une taxe sur les profits exceptionnels de certains producteurs, visant à protéger les ménages contre de futures hausses de prix.
Le gouvernement britannique a présenté mardi des plans visant à modifier la façon dont l'électricité est tarifée, dans le but d'isoler les ménages des chocs sur les factures provoqués par des flambées des marchés gaziers internationaux. Les ministres disent vouloir affaiblir le lien entre les prix de l'électricité et du gaz d'ici environ un an, sous réserve d'une consultation.
Aucun chiffre officiel d'économies n'a été avancé, même si le gouvernement a indiqué qu'elles pourraient être « significatives ». Les analystes cités dans les briefings s'attendent à ce que toute réduction soit modeste, mais estiment que les factures devraient devenir plus stables. La mesure intervient après un regain d'inquiétude sur l'exposition du Royaume‑Uni à la volatilité des combustibles fossiles, y compris les récentes tensions impliquant l'Iran.
Selon la proposition, les projets d'énergies renouvelables plus anciens qui profitent aujourd'hui lorsque le gaz fixe un prix de marché élevé seraient transférés vers des contrats à prix fixe. Ces projets — qui représentent environ un tiers de la production d'électricité britannique — recevraient un prix fixe pour les renouvelables plus toute subvention précédemment convenue, les alignant sur les développements plus récents qui bénéficient déjà de prix fixes.
Actuellement, le prix de gros de l'électricité est généralement fixé par la dernière unité nécessaire pour satisfaire la demande, qui, en Grande‑Bretagne, est souvent la production issue du gaz. Cela signifie qu'une hausse des prix du gaz peut faire grimper les factures d'électricité pour tous, même lorsque la production éolienne et solaire est importante. Nombre de pays européens moins dépendants du gaz ne sont pas aussi exposés à de telles variations.
Le gouvernement a insisté sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une refonte complète de l'ensemble du marché de l'électricité et que le gaz continuera de jouer un rôle important quand le vent tombe ou que le soleil ne brille pas.
Les ministres ont également annoncé que la taxe sur les « profits exceptionnels » réalisés par certains producteurs d'électricité passerait de 45 % à 55 % le 1er juillet et serait prolongée au‑delà de 2028, date à laquelle elle devait expirer. Introduit en 2023, ce prélèvement vise certains producteurs titulaires d'anciens contrats renouvelables qui peuvent tirer profit des poussées des prix du gaz. Les responsables expliquent que ce durcissement du prélèvement a pour but de soutenir les mesures liées au coût de la vie et d'encourager les entreprises à opter pour de nouveaux contrats à prix fixe, qui ne seraient pas taxés de la même manière.
Le secrétaire d'État à l'Énergie Ed Miliband a déclaré, « on ne peut pas résoudre une crise des combustibles fossiles en misant davantage sur les combustibles fossiles », arguant qu'une transition vers l'énergie propre est essentielle pour lutter contre le changement climatique et maintenir les factures à un niveau bas. Les Conservateurs d'opposition ont affirmé que les prix élevés sont causés par les taxes et prélèvements sur les factures. La shadow energy secretary Claire Coutinho a dit, « If we want people to use electricity, then we need to make it cheap. »
D'autres partis ont exprimé un mélange de soutien et de critiques. Les Libéraux‑démocrates ont exhorté le gouvernement à rompre le lien entre électricité et gaz afin que les ménages voient leurs coûts baisser à mesure que les renouvelables se développent. Le Parti vert a indiqué que les plans étaient les bienvenus mais tardifs, tandis que Reform UK a soutenu que les subventions accordées à certains projets d'énergie propre contribuaient à alourdir les factures. Plaid Cymru a soutenu l'orientation générale mais a demandé des réformes plus profondes. Le SNP a été contacté pour commentaire. L'Irlande du Nord opère sur un marché de l'énergie distinct.
Les plans tarifaires seront désormais soumis à consultation. Le gouvernement estime que les changements pourraient être mis en œuvre en environ un an. Miliband a également présenté des mesures visant à modifier les règles d'urbanisme pour faciliter la recharge des voitures électriques pour les personnes sans allée et permettre à davantage d'entreprises d'installer des panneaux solaires, dans le cadre d'une démarche plus large en faveur des technologies électriques propres.
Commentaires (0)