Un accord US-Iran visant à mettre fin à la guerre pourrait commencer à alléger certaines des pressions sur les prix qui frappent les automobilistes, les ménages et les compagnies aériennes, mais le répit devrait être inégal et pourrait mettre du temps à se voir sur les factures.
L’accord, signé le 18 June, devrait rouvrir le Strait of Hormuz, une voie de transport critique pour le pétrole et le gaz dont la fermeture après le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran en février a contribué à faire grimper les coûts de l’énergie et du transport. La durabilité de l’accord reste toutefois incertaine, car des négociations portant sur certains des sujets les plus difficiles, y compris le programme nucléaire iranien, ont été reportées de 60 jours.
Les prix du carburant évoluent en premier
Le carburant automobile est l’endroit le plus visible où les consommateurs peuvent remarquer un changement. Les prix à la pompe au Royaume‑Uni ont commencé à baisser alors que l’espoir d’un accord a fait reculer les cours mondiaux du pétrole et les prix de gros de l’essence, mais ils restent nettement supérieurs aux niveaux d’avant la guerre.
Les chiffres de RAC Fuel Watch montraient une moyenne de 154.72p a litre pour l’essence au Royaume‑Uni jeudi, tandis que le diesel était en moyenne à 174.30p. Près de quatre mois plus tôt, l’essence valait 132.05p a litre et le diesel 141.6p. Aux États‑Unis, le prix moyen de l’essence est retombé par rapport à plus de $4.50 le gallon le mois dernier pour atteindre $3.97, mais il reste au‑dessus du niveau de $2.98 observé avant la guerre ; le diesel est passé de $3.76 à $5.09 sur la même période.
Simon Williams, responsable des politiques au RAC, a déclaré que la baisse des prix mondiaux du pétrole et des prix de gros de l’essence devrait finir par se répercuter sur les stations‑service si la tendance se maintient. La question pour les conducteurs est de savoir si les prix à la pompe baisseront aussi vite qu’ils ont augmenté en mars et avril.
L’énergie domestique et les vols pourraient suivre plus lentement
Des prix du gaz plus bas ne signifient pas immédiatement des factures de chauffage moindres. Le prix de référence du gaz au Royaume‑Uni était inférieur à 80p a therm avant la guerre, est monté à environ 157p le 19 March, et est depuis retombé autour de 98p. Cornwall Insight a mis en garde contre l’idée que les prix reviendront rapidement aux niveaux d’avant le conflit, et Ofgem a déjà fixé son plafond tarifaire de juillet : la facture moyenne des ménages doit augmenter de 13 %, soit £221 par an, pour 33 million households in England, Wales and Scotland.
Les tarifs aériens pourraient aussi ne pas se normaliser rapidement. L’Europe obtient environ la moitié de son kérosène du Golfe, et les prix du kérosène ont bondi d’environ $784 a tonne à $1,838 après le début de la guerre. Ils ont depuis fortement chuté autour de $967, mais Amaar Khan, spécialiste du kérosène chez Argus Media, s’attend à ce que les prix restent supérieurs aux niveaux d’avant la guerre pendant une bonne partie de cette année, même si les compagnies aériennes européennes disposent de carburant suffisant pour répondre à la demande estivale.
L’inflation maintient la pression sur les taux
Le choc énergétique a compliqué la trajectoire de l’inflation. L’inflation au Royaume‑Uni est tombée à 3 % en février, avant de remonter à 3.3 % en mars puis de se stabiliser à 2.8 % en avril et en mai. Aux États‑Unis, l’inflation est passée de 2.4 % en février à 4.2 % en mai, tandis que dans l’Union européenne elle est passée de 2.1 % à 3.3 % sur la même période.
Cela explique en partie pourquoi les banques centrales ont fait preuve de prudence. La Bank of England a maintenu ses taux à 3.75 % pour une quatrième réunion consécutive cette semaine, le gouverneur Andrew Bailey disant que les récentes baisses des prix du pétrole étaient « encouraging » mais que les prix élevés de l’énergie pendant la guerre avaient laissé « inflationary pressure in the pipeline. » La US Federal Reserve a également maintenu ses taux, tandis que la European Central Bank a relevé son taux à 2.25 %.
Pour les consommateurs, le bénéfice le plus immédiat devrait se faire sentir à la pompe. Un allégement plus large des factures ménagères, des tarifs aériens et des coûts d’emprunt dépend de la tenue de l’ouverture du Strait of Hormuz, de la poursuite de l’apaisement des marchés de l’énergie et du fait que les négociations reportées ne raniment pas le choc.
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