The European Central Bank a maintenu son taux de dépôt à 2% alors que l’inflation de la zone euro est passée à 3%, rendant une action possible en juin tributaire des données à venir.
The European Central Bank a maintenu jeudi son taux directeur de la facilité de dépôt à 2%, choisissant de ne pas resserrer immédiatement sa politique même si une nouvelle hausse de l’inflation liée à l’énergie a accentué la pression sur l’économie de la zone euro.
La décision place les responsables politiques face à l’arbitrage entre une menace renouvelée d’inflation et des signes d’un affaiblissement de la croissance. Les données flash publiées jeudi ont montré que l’inflation de la zone euro est montée à 3% en avril, principalement en raison de la hausse des coûts de l’énergie dans la région, tandis que la croissance du premier trimestre a ralenti à 0.1%.
Dans un communiqué, la banque centrale a indiqué que, si sa vision antérieure des perspectives d’inflation restait globalement inchangée, «upside risks to inflation and the downside risks to growth have intensified.» L’ECB a déclaré qu’elle reste déterminée à ramener l’inflation à son objectif de 2% à moyen terme.
La banque a indiqué que la guerre au Moyen‑Orient a poussé les prix de l’énergie à la hausse et pesé sur le sentiment économique. Elle a ajouté que l’effet sur l’inflation et l’activité à moyen terme dépendra de la durée et de l’intensité du choc énergétique, ainsi que de la manière dont il se répercutera sur les prix plus larges et les salaires.
La présidente de l’ECB, Christine Lagarde, a déclaré que la demande intérieure restait le principal moteur de la croissance, soutenue par un marché du travail résilient, mais elle a averti que les perspectives étaient «hautement incertaines» et étroitement liées à la durée du conflit et à son impact sur l’énergie, les matières premières et les chaînes d’approvisionnement.
Les chiffres entourant les décisions des banques centrales cette semaine renvoient à des mesures différentes : le taux de la facilité de dépôt de l’ECB reste à 2%, l’inflation de la zone euro a été rapportée à 3% en avril, et une lecture distincte de l’inflation au Royaume‑Uni, citée avant la décision de la Bank of England, s’établissait à 3.3% en mars.
Les marchés financiers ont peu bougé après l’annonce de l’ECB. L’euro s’est apprécié d’environ 0.2% face au dollar à $1.17, tandis que les rendements des obligations souveraines de la zone euro ont légèrement reculé, notamment une baisse de 3 points de base du rendement du bund allemand à 10 ans, à 3.0580%.
L’ECB a souligné qu’elle procéderait réunion par réunion et ne s’engagerait pas à l’avance sur une trajectoire des taux. Cela place la réunion de juin au centre de l’attention, certains économistes envisageant une possible hausse de 25 points de base si les pressions inflationnistes semblaient plus persistantes.
Mark Wall, économiste européen en chef de Deutsche Bank, a déclaré que le communiqué de l’ECB laissait entendre une confiance dans la résilience de l’économie mais aussi une inquiétude croissante si le conflit se prolongeait. Yael Selfin, économiste en chef chez KPMG, a estimé que le taux directeur de la zone euro se situe en territoire neutre, ce qui pourrait donner à l’ECB une raison d’agir plus rapidement si les pressions inflationnistes s’ancrent.
Pour l’instant, l’ECB a choisi d’attendre davantage de preuves plutôt que de réagir immédiatement au dernier choc d’inflation. Sa prochaine décision dépendra de la durée d’un maintien des prix de l’énergie à un niveau élevé et de la question de savoir si la hausse actuelle de l’inflation commence à se propager dans l’ensemble de l’économie.
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