La Corée du Sud a infligé à Coupang une amende de plus de 400 millions de dollars après qu’une importante fuite de données a exposé des informations personnelles liées à environ 37,5 millions d’utilisateurs.
Le régulateur sud-coréen de la vie privée a infligé au géant du commerce en ligne Coupang une amende record pour violation de données, dans le cadre de pénalités totalisant plus de 400 millions de dollars (299 millions de livres sterling), après que des enquêteurs ont conclu que des informations personnelles liées à environ 37,5 millions d’utilisateurs avaient été exposées.
L’action de la Personal Information Protection Commission marque l’amende la plus élevée infligée par le régulateur de Séoul pour une fuite de données. Le nombre de comptes touchés équivaut à plus de la moitié de la population sud‑coréenne, d’environ 50 millions de personnes, ce qui souligne l’ampleur de l’incident sur la plus grande plateforme de vente en ligne du pays.
La commission a annoncé mercredi avoir infligé une amende de 423,6 milliards de won pour la fuite de données personnelles, ainsi qu’une pénalité additionnelle de 201 milliards de won pour la collecte d’informations sans consentement.
Les autorités ont constaté que des mesures de protection insuffisantes, notamment une gestion faible des clés d’authentification et des contrôles d’accès, ont entraîné l’exposition des données clients. Les informations divulguées comprenaient des noms, des coordonnées et des adresses de livraison, ainsi que l’historique de commandes de certains clients de Coupang.
Coupang a déclaré à la BBC qu’elle « regrette profondément l’inquiétude causée » et qu’elle renforcerait ses mesures de sécurité, mais l’entreprise a aussi indiqué qu’elle avait l’intention de contester la décision du régulateur. Coupang a affirmé que ses explications et ses mesures pour prévenir d’autres dommages « n’avaient pas été suffisamment prises en compte » dans les conclusions de la commission.
« Dès réception de la décision officielle de la PIPC, nous nous attendons à ce que les faits soient clairement établis par des procédures judiciaires », a déclaré la société.
La décision fait suite à une enquête de plusieurs mois qui a commencé après que des allégations de fuite de données ont émergé en novembre. Coupang avait alors déclaré avoir été alertée d’une atteinte impliquant 4 500 comptes clients et l’avoir immédiatement signalée aux autorités. Des vérifications ultérieures ont montré que près de 34 millions de comptes clients, tous en Corée du Sud, avaient probablement été exposés, et la société a indiqué que la fuite pourrait avoir commencé dès le mois de juin via un serveur situé à l’étranger.
Coupang est basée aux États-Unis, mais la majeure partie de ses revenus provient de la Corée du Sud. Après la fuite, Park Dae-jun a démissionné de son poste à la tête de l’entreprise et s’est excusé pour l’incident; le chief administrative officer Harold Rogers a été nommé PDG par intérim.
Cette affaire s’ajoute à une série d’incidents majeurs de cybersécurité impliquant des entreprises sud‑coréennes. SK Telecom, le principal opérateur mobile du pays, a été condamné à une amende de près de 100 millions de dollars pour une violation affectant plus de 20 millions d’abonnés.
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