Mark Carney a nommé Louise Arbour prochaine gouverneure générale du Canada, confiant à une juriste chevronnée un rôle constitutionnel à un moment sensible.
Le premier ministre Mark Carney a nommé Louise Arbour, ancienne juge de la Cour suprême avec un long parcours en droit canadien et international, au poste de prochaine gouverneure générale du Canada.
Âgée de 79 ans, Mme Arbour remplacera Mary Simon, première gouverneure générale autochtone, qui prend sa retraite à l’issue prochaine de son mandat de cinq ans. La fonction fait d’elle la représentante du roi au Canada et la commandante en chef des Forces armées canadiennes.
M. Carney a annoncé la nomination mardi à Ottawa et a présenté ce choix sous l’angle de la stabilité institutionnelle, de l’ordre constitutionnel et de la confiance du public. Il a déclaré que Mme Arbour apporterait à Rideau Hall la conviction que les institutions sont « les murs porteurs d’une société civile » et qu’elles ne demeurent dignes de confiance que lorsque les citoyens sont disposés à leur demander des comptes.
Les fonctions publiques de la gouverneure générale comprennent souvent la sanction des lois, la lecture du discours du trône, l’assermentation des ministres, l’accueil d’événements officiels, la remise de distinctions et la réception des ambassadeurs. La charge peut également comporter des responsabilités constitutionnelles plus lourdes, notamment en ce qui concerne la formation, le maintien ou la dissolution des gouvernements conformément au droit et aux conventions.
M. Carney a qualifié Mme Arbour de dépositaire de la tradition canadienne de « paix, ordre et bon gouvernement » et a décrit la gouverneure générale comme la « gardienne de notre ordre constitutionnel ». Son insistance sur ce rôle survient alors que le Canada fait face à des tensions politiques au pays et que les institutions démocratiques d’autres pays sont mises à rude épreuve.
Mme Arbour a dit accepter le poste « avec un profond sens du devoir ». Évoquant le Canada, elle a souligné la diversité des personnes, des perspectives et des expériences du pays, ainsi que ce qu’elle a décrit comme un respect partagé pour des institutions publiques solides et la primauté du droit.
Interrogée pour savoir si elle se considère monarchiste, Mme Arbour a répondu en français qu’elle n’était pas certaine de ce que ce terme était censé signifier, mais elle a défendu l’arrangement constitutionnel actuel et le rôle du roi en tant que chef d’État. Elle a affirmé que ce système a bien servi le Canada et qu’il assure la continuité de la gouvernance.
Mme Arbour arrive à Rideau Hall avec l’un des parcours juridiques les plus en vue du pays. Née à Montréal et formée au Québec, elle a siégé à la Cour d’appel de l’Ontario et à la Cour suprême du Canada. À l’international, elle a été procureure en chef des tribunaux pour les crimes de guerre liés au Rwanda et à l’ex-Yougoslavie, a ensuite occupé les fonctions de Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme et a travaillé comme représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les migrations internationales.
Son parcours comprend aussi un examen critique d’institutions canadiennes. En 2022, elle a dirigé une revue du harcèlement et de l’inconduite sexuels dans l’armée et a dénoncé ce qu’elle a qualifié de culture toxique de misogynie et de glorification de la masculinité. CBC a rapporté que M. Carney s’est engagé à faire adopter le projet de loi en suspens visant à transférer les poursuites relatives aux cas d’inconduite sexuelle dans les forces armées aux tribunaux civils, un changement lié aux recommandations antérieures de Mme Arbour.
Mme Arbour a déclaré mardi que, malgré ses critiques à l’égard de la culture militaire, elle a beaucoup de respect pour le service et le professionnalisme des membres des Forces armées. En tant que gouverneure générale, elle portera officiellement le titre de commandante en chef.
Ses prises de position passées sur les libertés civiles, la migration, les droits des détenus, les droits des personnes 2SLGBTQ+ et les droits de la personne à l’échelle internationale ont suscité à la fois appuis et critiques. Interrogée sur d’éventuelles objections de la part des conservateurs à sa nomination, Mme Arbour a déclaré qu’elle servirait tous les Canadiens et qu’elle écouterait ceux qui ne sont pas d’accord avec elle.
Cette nomination attire maintenant l’attention sur la transition après le mandat de Mme Simon et sur la façon dont Mme Arbour, juriste connue pour ses positions tranchées et ses examens institutionnels, s’adaptera à l’une des fonctions non partisanes les plus visibles au Canada.
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