Des strip‑teaseuses et d’autres travailleuses du sexe de Montréal prévoient une grève samedi pendant la F1 pour exiger des conditions plus sûres, des protections du travail et la décriminalisation.
Des strip‑teaseuses et d’autres travailleuses du sexe de Montréal comptent retenir leur travail pendant le week‑end de la Formule 1 de la ville, période la plus chargée pour les clubs locaux, afin de réclamer de meilleures conditions de travail, des frais d’exploitation moins élevés et une poussée plus large pour la décriminalisation du travail du sexe.
L’action de samedi est organisée par la travailleuse du sexe Adore Goldman et le Sex Work Autonomous Committee, un groupe de défense qu’elle a cofondé. Goldman a dit à CBC que la classification fréquente des danseuses comme travailleuses indépendantes a permis aux clubs d’éviter des obligations qui, selon elle, viendraient normalement avec le statut d’employée, notamment une responsabilité accrue en matière de sécurité au travail.
« En étant reconnue comme employée, vos employeurs doivent garantir votre sécurité et ... votre santé mentale au travail », a déclaré Goldman. CBC a dit avoir accepté de l’identifier par son nom professionnel pour des raisons de sécurité.
La protestation devrait cibler en partie les « "bar fees" », les frais que paient les danseuses aux clubs pour pouvoir travailler. Goldman a dit que ces frais peuvent varier de 15 $ à 100 $ et peuvent augmenter pendant le week‑end de la F1, même si, selon elle, les clubs programment souvent plus de danseuses en même temps, ce qui limite les gains de chacune. Certaines personnes de l’industrie disent que ces frais contribuent à couvrir des coûts comme les droits musicaux, l’entretien des vestiaires et l’électricité.
Goldman et d’autres travailleuses ont décrit un système dans lequel les danseuses paient pour travailler, comptent sur les pourboires et les danses privées pour leurs revenus, et font face à de l’incertitude quant aux horaires parce qu’elles sont traitées comme des contractuelles plutôt que comme des employées. Une étudiante et réalisatrice montréalaise qui fait du strip a dit à CBC qu’elle peut payer environ 60 $ de frais de bar lors de services réguliers avant les pourboires habituels aux videurs et aux DJ, et qu’elle est parfois repartie de son service en devant plus que ce qu’elle avait gagné. CBC a retenu son nom parce qu’elle craignait de perdre du travail en cas d’efforts de syndicalisation.
Les organisateurs disent que le litige porte aussi sur la sécurité. Goldman a affirmé que les danseuses sont souvent laissées à faire respecter elles‑mêmes les règles du club avec les clients, tandis que la réalisatrice a dit qu’elle n’avait pas reçu de formation formelle sur la façon de gérer des clients indisciplinés et qu’elle compte souvent sur d’autres danseuses pour sa protection.
La police de Montréal a dit à CBC que sa présence dans les lieux nocturnes vise la sécurité publique, la prévention du crime, la surveillance des signes d’exploitation ou de traite, et l’assurance de la sécurité des travailleuses et du public. La police a indiqué avoir reçu des retours positifs de la part de certaines travailleuses. CBC a rapporté avoir fait plusieurs tentatives pour joindre les clubs de strip‑tease montréalais pour obtenir des commentaires, sans obtenir de réponses.
L’action s’inscrit dans un effort plus large de Goldman et du SWAC pour bâtir un syndicat qui pourrait inclure différents types de travailleuses du sexe, y compris des travailleuses de salons de massage érotique. Au Canada, la vente de services sexuels est légale, mais les acheteurs peuvent faire l’objet de poursuites; le cadre juridique et la stigmatisation entourant le travail du sexe restent au cœur des revendications des organisateurs.
Tout le monde dans l’industrie n’est pas d’accord sur la voie à suivre. CBC a rapporté que certains commentaires en ligne exprimaient des inquiétudes quant aux salaires, à la flexibilité et aux risques pour les travailleuses migrantes si les efforts d’organisation modifiaient le fonctionnement de l’industrie. Goldman a dit que ces questions pourraient être abordées par la négociation collective.
Goldman estime qu’au moins 50 strip‑teaseuses, travailleuses de salons de massage et d’autres personnes de l’industrie du sexe participeront. Après une marche au centre‑ville, les participantes prévoient distribuer des tracts à l’extérieur des établissements aux clients, aux passants et aux autres travailleuses, la question à plus long terme étant de savoir si l’action de samedi pourra se transformer en un effort formel de négociation collective.
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