Un nouveau programme fédéral‑provincial destiné à alléger la pression sur le secteur du développement, au point mort en Colombie‑Britannique, reçoit un accueil prudent de la part de certains responsables locaux, qui estiment que le plan laisse des questions majeures sans réponse.
Le premier ministre Mark Carney et le premier ministre de la Colombie‑Britannique, David Eby, ont annoncé la semaine dernière qu’Ottawa et Victoria dépenseraient 3,2 milliards de dollars sur 10 ans pour réduire les frais de développement sur les logements multi‑unités et utiliser des outils de financement pour aider à convertir plus de 2 200 unités de condos vides. La proposition a été bien accueillie par les intérêts de la construction et du développement, tandis que des élus de l’opposition l’ont critiquée comme un « sauvetage » des promoteurs.
Pour les municipalités, la situation est plus complexe. Les gouvernements locaux pourraient en tirer parti si des frais réduits facilitaient la construction de logements et si les unités vacantes étaient remises en service. Mais des maires cités par CBC News ont dit ne pas en savoir assez sur le programme pour évaluer ce qu’il signifiera pour les budgets municipaux, l’offre de logements ou la planification des infrastructures locales.
« En l’absence de directives claires, les rumeurs vont bon train et j’espère que nous obtiendrons des consignes précises sur ce que cela signifie réellement pour le gouvernement local », a déclaré le maire de la ville de Langley, Nathan Pachal.
Inquiétudes sur ce que l’argent ne finance pas
Une inquiétude est que le programme ne finance pas directement la construction de logements non marchands, ces logements fortement subventionnés ou à loyer établi selon le revenu dont les municipalités ne peuvent généralement pas financer l’envergure seules.
Pachal et le maire de New Westminster, Patrick Johnstone, ont tous deux évoqué la décision de la province, quelques mois plus tôt, de suspendre ou d’annuler 1,4 milliard de dollars d’investissements du Community Housing Fund qui visaient principalement des projets de logements à but non lucratif. Johnstone a dit que le logement sur le marché comptait toujours, mais a soutenu que les gouvernements supérieurs doivent reprendre un rôle plus important dans la construction de logements non marchands.
La seconde préoccupation porte sur les finances municipales. Dans la région de Metro Vancouver, les frais de développement ont été un outil central pour financer les infrastructures nécessaires à la croissance des collectivités. Réduire ces frais peut aider des projets à avancer et apaiser un litige politique à court terme sur la part que doivent payer les promoteurs, mais les maires ont dit que cela ne crée pas de source de revenus pérenne pour les gouvernements locaux.
Pachal a décrit la proposition comme une autre version d’une aide à court terme des gouvernements supérieurs qui ne résout pas ce qu’il appelle un problème de financement de longue date des gouvernements locaux.
Les détails restent à venir
La ministre du Logement de la Colombie‑Britannique, Christine Boyle, a défendu le programme tout en reconnaissant qu’il ne remplace pas un financement stable et à long terme. Elle a dit à CBC News que le plan répondait à la pression des gouvernements locaux et de l’industrie, et que la province avait réalisé des investissements importants dans le logement non marchand tout en reconnaissant qu’il en fallait davantage.
Boyle a aussi affirmé que la conception du programme et les questions de financement étaient toujours en cours de discussion avec le gouvernement fédéral, notamment sur la façon dont la conversion des unités de condos vides fonctionnerait.
Ces détails ne sont pas attendus avant l’automne, a rapporté CBC. Ce calendrier laisse les responsables municipaux, qui se dirigent vers des élections locales, sans une idée claire de la façon dont l’une des mesures sur le logement les plus déterminantes de la province fonctionnera en pratique.
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