L’attente de deux ans d’un enfant du Nouveau‑Brunswick pour une chirurgie dentaire met en lumière un retard que, selon le seul dentiste pédiatrique certifié de la province, la situation s’aggrave.
Une fillette de 10 ans du Nouveau‑Brunswick attend depuis près de deux ans une chirurgie dentaire qui avait commencé comme le besoin de deux plombages et qui est depuis devenue un cas plus sérieux impliquant au moins sept plombages et d’éventuelles extractions.
Frankie Henderson, qui habite à Rusagonis près de Fredericton, est autiste et souffre d’un trouble anxieux, ce qui rend le traitement difficile dans le cabinet d’un dentiste généraliste, a déclaré sa mère, Erica Henderson, à CBC News. Une carie a maintenant atteint le tissu nerveux, et Frankie a été dirigée vers l’IWK Health Centre à Halifax, où l’attente est plus courte.
« Ça Empire maintenant, comme ses dents de devant sont touchées », a dit Henderson. « Et si on doit attendre encore un an ou plus? »
Le Dr Tom Raddall, spécialiste dentaire pédiatrique basé à Moncton et décrit comme le seul dentiste pédiatrique certifié du Nouveau‑Brunswick, a dit que le cas de Frankie fait partie d’un retard plus large. Il a déclaré que plus de 300 de ses patients dans la province attendent une chirurgie dentaire, beaucoup faisant face à des délais d’un à deux ans et certains approchant les trois ans d’attente.
Les enfants orientés vers Raddall ont souvent des besoins médicaux complexes, sont très jeunes ou sont considérés à risque élevé, ce qui signifie que leurs soins dentaires doivent être effectués à l’hôpital sous anesthésie générale ou intubation. Il a dit que des problèmes dentaires non traités peuvent laisser certains enfants souffrant quotidiennement, ayant du mal à manger, à dormir ou à se concentrer à l’école, et pouvant mener à des infections répétées et à l’usage d’antibiotiques.
Raddall attribue en grande partie le retard au faible accès aux salles d’opération. Il a dit recevoir entre zéro et cinq journées en salle d’opération par mois, mais qu’il aurait besoin d’au moins deux jours par semaine pour répondre à la demande. Il a aussi dit que le Nouveau‑Brunswick ne reconnaît pas la dentisterie pédiatrique comme spécialité, un point repris par Paul Blanchard, directeur exécutif de la New Brunswick Dental Society.
Les données provinciales sur les délais chirurgicaux citées dans le reportage montrent qu’au Georges‑L.‑Dumont University Hospital Centre à Moncton, la moitié des chirurgies dentaires pédiatriques pour plombages et extractions étaient complétées en 300 jours. Les points médians comparables étaient de 267 jours à l’Edmundston Regional Hospital et de 243 jours au Saint John Regional Hospital.
Blanchard a déclaré que la province devrait aussi renforcer la prévention, notamment par des mesures comme la fluoration de l’eau, de meilleures données sur la santé bucco‑dentaire, la présence d’un chef dentaire au ministère de la Santé et des programmes d’application de vernis au fluor dans les écoles.
Le New Brunswick Health Department a indiqué que le temps en salle d’opération est géré par les hôpitaux en fonction de l’état des patients et des listes d’attente des chirurgiens, et qu’il travaille avec les autorités sanitaires régionales pour réduire les délais chirurgicaux en faisant un meilleur usage des salles d’opération existantes. Horizon Health Network a déclaré qu’environ 800 chirurgies dentaires pédiatriques avaient été effectuées en 2024‑25 sur plusieurs sites par des professionnels dentaires accrédités, y compris des dentistes généralistes. Vitalité Health Network n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de CBC.
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