Santé publique

Pourquoi la recherche de contacts liée au hantavirus sur le MV Hondius n’est pas une alerte à la COVID

L’éclosion a déclenché une recherche internationale de contacts possibles, mais les experts jugent le risque moindre et la recherche vise surtout les expositions étroites et prolongées

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Pourquoi la recherche de contacts liée au hantavirus sur le MV Hondius n’est pas une alerte à la COVID
Les autorités sanitaires retracent des contacts après la mortelle éclosion de hantavirus sur le MV Hondius, avec une attention portée aux passagers débarqués à Sainte‑Hélène.
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Des agences de santé s’emploient à repérer et à suivre les personnes qui pourraient avoir été exposées au hantavirus après une éclosion mortelle à bord du MV Hondius, mais des experts affirment que la riposte ne reproduit pas la recherche de contacts de l’ère COVID.

La préoccupation immédiate est précise : au moins 30 passagers ont quitté le navire de croisière lors de son escale à Sainte‑Hélène, dans l’Atlantique Sud, le 24 avril, puis ont poursuivi leur voyage ou sont rentrés chez eux. On ne sait pas encore si l’un d’eux a été exposé, mais la longue période d’incubation du virus signifie que la surveillance pourrait devoir se poursuivre pendant des semaines.

World Health Organization a confirmé que l’éclosion est liée à la souche Andes du hantavirus, endémique en Argentine et seule souche connue pour se transmettre d’une personne à l’autre. Le MV Hondius a quitté l’Argentine le 1er avril. Des médecins et des responsables de santé publique soulignent que le risque pour le grand public demeure faible, car la transmission semble exiger un contact étroit et prolongé avec une personne infectée.

Pourquoi la recherche de contacts est différente

La recherche de contacts consiste à identifier systématiquement les personnes potentiellement exposées à une maladie infectieuse, à les informer et à surveiller l’apparition de symptômes. Dans ce cas, les enquêteurs s’appuieront probablement sur les listes de passagers, les renseignements de vol et des entrevues pour reconstituer qui a eu des contacts étroits avec des cas confirmés ou soupçonnés.

Cela diffère de la recherche de contacts liée à la COVID-19, qui a été rapidement débordée par un virus hautement infectieux pouvant se propager par l’air partagé et qui a fini par toucher des centaines de millions de personnes. La Dre Anna Banerji, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales à l’University of Toronto, a indiqué à CBC que l’éclosion actuelle exige une approche beaucoup plus ciblée. « This is nothing like COVID », a-t-elle dit.

Le défi tient moins à l’ampleur qu’au temps et à la géographie. Le hantavirus peut mettre de deux à six semaines avant de provoquer des symptômes, selon des experts cités par CBC, et NPR a rapporté que certains contacts pourraient devoir s’auto-surveiller pendant jusqu’à 45 jours. Une fois les passagers débarqués et montés dans des avions, le réseau de contacts possibles est devenu plus difficile à cartographier.

Des spécialistes de santé publique décrivent ce travail comme minutieux plutôt que technologique : identifier les infections confirmées ou présumées, classer les contacts par niveau de risque et décider qui doit être surveillé ou isolé. Comme chacun peut être indirectement relié à d’autres par les déplacements, les autorités tentent de concentrer leurs efforts sur les personnes ayant la plus forte probabilité d’exposition plutôt que d’élargir indéfiniment le périmètre.

Ce que l’on sait des cas

Cinq cas de hantavirus ont été confirmés parmi les passagers du MV Hondius, dont un ressortissant allemand et un Néerlandais morts à bord, ainsi qu’une Néerlandaise décédée ensuite dans un hôpital de Johannesburg, selon CBC. D’autres cas présumés sont à l’étude.

Plus de 140 passagers et membres d’équipage de 23 pays restaient à bord alors que le navire mettait le cap sur les îles Canaries, en Espagne, pour des évacuations, après être demeuré immobilisé pendant des jours au large du Cap‑Vert. Quatre Canadiens se trouvaient toujours sur le navire et n’avaient présenté aucun symptôme, a confirmé à CBC la Public Health Agency of Canada.

Deux autres Canadiens débarqués à Sainte‑Hélène sont de retour au pays et s’isolent à domicile, en Ontario, sans symptômes. Un troisième Canadien, qui n’était pas un passager de la croisière, s’isole au Québec après avoir été en contact avec les deux sur le même vol de retour, a déclaré jeudi la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand.

D’autres cas et enquêtes ont alimenté la riposte internationale. Un passager symptomatique venant de Suisse est soigné à Zurich. Deux résidents de Singapour qui avaient été à bord se sont isolés au National Centre for Infectious Diseases du pays et ont ensuite obtenu un résultat négatif. Un agent de bord de KLM, évalué après un contact avec l’un des passagers néerlandais, a aussi obtenu un résultat négatif. Un cas soupçonné a été signalé à Tristan da Cunha, où le navire a fait escale le 15 avril.

Ce que les autorités surveillent maintenant

Il n’existe ni vaccin ni traitement antiviral contre le hantavirus; la recherche de contacts et les décisions d’isolement sont donc au cœur du confinement. La question clé est désormais de savoir si une personne ayant quitté le navire — ou l’une de leurs relations étroites par la suite — développera des symptômes pendant la fenêtre d’incubation.

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de WHO, a indiqué que le calendrier laisse présager d’autres cas possibles. « Given the incubation period of the Andes virus, which can be up to six weeks, it's possible that more cases may be reported », a-t-il dit.

Pour l’instant, la riposte s’articule autour d’une tâche étroite mais urgente : repérer les personnes les plus susceptibles d’avoir été exposées, les garder sous observation et empêcher qu’une nouvelle chaîne de transmission ne s’installe.

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