L’Espagne prépare un accueil contrôlé du MV Hondius à Ténérife alors que des gouvernements organisent des rapatriements et que des responsables de la santé retracent de possibles expositions au hantavirus.
Les autorités espagnoles se préparaient vendredi à recevoir plus de 140 passagers et membres d’équipage à bord du MV Hondius, un navire de croisière frappé par une éclosion de hantavirus et maintenant en route vers les îles Canaries, en Espagne, pour des évacuations contrôlées.
Le navire devrait atteindre Ténérife samedi ou dimanche après avoir été au mouillage près du Cap-Vert. Les autorités sanitaires tentent de gérer l’arrivée tout en limitant les contacts avec le public, tandis que des autorités à l’international retracent les personnes qui ont quitté le navire plus tôt durant le voyage.
Virginia Barcones, responsable des services d’urgence d’Espagne, a déclaré jeudi que les passagers et l’équipage arriveraient dans « une zone entièrement isolée et bouclée ». L’Espagne coordonne avec d’autres gouvernements les plans d’évacuation de leurs ressortissants.
Les États-Unis prévoient d’envoyer un avion pour rapatrier 17 Américains, et le gouvernement britannique a indiqué qu’il nolisera un vol pour près de deux douzaines de personnes. Des agents consulaires canadiens se déplacent aussi pour rencontrer quatre Canadiens qui demeurent à bord.
La ministre de la Santé de l’Espagne, Mónica García, a indiqué que toutes les personnes à bord recevraient une évaluation médicale après leur arrivée à Ténérife. Les ressortissants étrangers jugés aptes à voyager devraient être rapatriés, tandis que les Espagnols seront envoyés dans un hôpital relevant du ministère de la Défense à Madrid pour y être placés en quarantaine. García a précisé que l’opération éviterait tout contact avec les résidents des îles Canaries et ne présenterait aucun risque pour eux.
Le plan suscite des réserves de la part du président des îles Canaries, Fernando Clavijo, qui a déclaré à la radio espagnole s’opposer à l’entrée du navire dans l’archipel et a affirmé que les autorités locales n’avaient pas reçu suffisamment d’informations.
Trois personnes qui étaient à bord du navire ou en provenaient sont décédées : un couple néerlandais et un ressortissant allemand. Les autorités n’ont pas confirmé que tous les décès étaient liés au hantavirus, et les tests ainsi que les décomptes de cas continuent d’évoluer au fil des enquêtes des agences de santé.
La BBC a cité la dernière mise à jour de la World Health Organization, qui recense huit cas de hantavirus chez des personnes ayant été à bord du navire, dont trois confirmés et cinq suspectés. CBC a rapporté que quatre infections confirmées étaient traitées dans des hôpitaux aux Pays-Bas, en Afrique du Sud et en Suisse. L’exploitant du navire, Oceanwide Expeditions, a affirmé jeudi qu’aucun des passagers ou membres d’équipage restants à bord ne présentait de symptômes.
Trois personnes ont été évacuées médicalement plus tôt du navire, dont des évacués britanniques, néerlandais et allemands. Oceanwide a indiqué que deux personnes dans un état grave étaient arrivées aux Pays-Bas pour y être soignées, tandis qu’un troisième passager, dans un état stable, se trouvait à bord d’un vol d’évacuation qui avait été retardé.
Les autorités de santé de plusieurs pays suivent des passagers qui ont débarqué avant la détection de l’éclosion. Plus de deux douzaines de personnes d’au moins 12 pays ont quitté le navire lorsqu’il a accosté à Sainte-Hélène le 24 avril, selon Oceanwide et des responsables néerlandais cités par CBC. Les autorités en Ontario et au Québec ont indiqué que trois Canadiens s’isolaient à domicile après une possible exposition, et deux États américains ont déclaré à la BBC qu’ils surveillaient trois passagers de retour qui ne présentaient pas de symptômes.
Le hantavirus se transmet habituellement par contact avec des rongeurs infectés. Dans cette éclosion, les autorités ont identifié la souche Andes, que WHO décrit comme la seule souche de hantavirus pour laquelle une transmission interhumaine a été détectée. Des experts en santé soulignent que le risque pour le grand public demeure faible et que les préoccupations de transmission concernent les contacts rapprochés, et non la simple proximité.
La prochaine étape immédiate est l’arrivée du navire à Ténérife, où les autorités espagnoles prévoient d’évaluer les personnes à bord, de les tenir à l’écart du public et d’orienter les passagers admissibles vers des dispositifs de rapatriement ou de quarantaine.
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