Keir Starmer a accepté une recommandation en faveur d'une commission d'enquête publique nationale sur les réseaux d'exploitation sexuelle de mineurs, faisant volte‑face après des mois de résistance à un nouvel examen.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré samedi qu'il allait mettre en place une commission d'enquête publique nationale sur les réseaux d'exploitation sexuelle, acceptant une recommandation de Baroness Louise Casey après des mois de pressions liées au refus du gouvernement de lancer un nouvel examen à l'échelle nationale.
L'enquête couvrira l'Angleterre et le pays de Galles et examinera les abus sexuels collectifs d'enfants, un sujet qui a retrouvé une attention politique après que des affaires passées dans des villes comme Rotherham et Rochdale aient révélé les agressions sexuelles et les viols de filles par des groupes d'hommes.
Starmer a annoncé la décision alors qu'il se rendait au sommet du G7 au Canada. Il a indiqué que Casey, à qui on avait demandé de procéder à un audit des données et des éléments de preuve disponibles sur la nature et l'ampleur des abus, avait changé d'avis après avoir examiné le dossier ces derniers mois.
« J'ai lu chaque mot de son rapport, et je vais accepter sa recommandation », a déclaré Starmer aux journalistes, ajoutant que l'enquête serait statutaire en vertu de l'Inquiries Act. Ce statut confère à une commission le pouvoir d'obliger des témoins à fournir des éléments de preuve.
Une source gouvernementale de haut niveau a indiqué que l'enquête nationale coordonnerait des enquêtes locales ciblées, y compris de nouvelles investigations locales qui pourraient se poursuivre même lorsque les autorités locales n'en veulent pas. Ces enquêtes pourraient également contraindre des témoins à témoigner et à fournir des preuves.
La ministre de l'Intérieur, Yvette Cooper, devrait faire une déclaration à la Chambre des communes lundi, date à laquelle le rapport de Casey devrait aussi être publié.
L'annonce marque un revirement par rapport à la position du gouvernement en début d'année, lorsque des ministres estimaient qu'une enquête nationale n'était pas nécessaire car les abus sexuels d'enfants avaient déjà été examinés par une enquête de sept ans dirigée par le professeur Alexis Jay. Cooper avait plutôt ordonné un audit rapide de trois mois dirigé par Casey sur les éléments de preuve concernant les abus sexuels collectifs d'enfants, incluant les données démographiques des auteurs et des victimes et les éventuels facteurs culturels à l'origine des infractions.
Cooper avait également annoncé à ce moment‑là des plans pour cinq enquêtes locales soutenues par le gouvernement, dont une à Oldham et quatre autres non encore nommées. L'examen de Casey a ensuite été retardé, la ministre du Home Office Jess Phillips s'étant excusée plus tôt ce mois-ci et indiquant que Casey avait demandé une courte prolongation.
Les Conservateurs ont réclamé à plusieurs reprises une enquête nationale dotée de pouvoirs pour contraindre la production de preuves. La dirigeante du parti, Kemi Badenoch, a réagi à l'annonce de Starmer en l'accusant d'un revirement tardif et en disant qu'elle demandait une enquête nationale complète depuis janvier. Le chef de Reform UK, Nigel Farage, a qualifié la décision de « bienvenu demi‑tour », tout en avertissant que l'enquête ne devait pas devenir une opération de blanchiment.
La chancelière Rachel Reeves, interrogée dimanche pour savoir si Starmer avait eu tort de résister à une enquête nationale, a déclaré que le gouvernement « n'avait jamais rejeté les préoccupations des victimes » et que Starmer s'était concentré sur des mesures pratiques pour prévenir de futurs abus.
La prochaine étape pour le gouvernement sera la déclaration de Cooper aux Communes et la publication du rapport de Casey, qui devrait préciser les conclusions qui ont convaincu Starmer d'autoriser une commission d'enquête publique statutaire nationale.
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