Keir Starmer tente de contenir une révolte au sein du Labour alors que les rendements des gilts augmentent et que des députés le pressent d'annoncer un calendrier pour quitter le pouvoir.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a promis lundi de rester en fonction et d'affronter les "grands défis" du pays, alors qu'une révolte croissante au sein du Labour, après de lourdes pertes aux élections locales, a exercé une pression sur le coût d'emprunt du gouvernement britannique.
Le discours visait à stabiliser à la fois son parti et le climat politique plus large après qu'on a rapporté dimanche soir que 42 députés Labour demandaient sa démission. Le scrutin local n'a pas modifié le contrôle du gouvernement national, mais il a été considéré comme un test sévère de la confiance du public envers le Labour et son chef.
Starmer a reconnu la frustration à l'intérieur et à l'extérieur de son parti tout en soutenant que le Labour doit aller plus vite sur la croissance, la défense nationale, l'énergie et la relation du Royaume‑Uni avec l'Europe. "Pour relever les défis auxquels notre pays est confronté, des changements progressifs ne suffiront pas", a-t-il déclaré, ajoutant : "Je sais que je dois leur donner tort et je le ferai."
La pression s'est intensifiée après que la députée Labour Catherine West, qui a fait pression pour un scrutin sur la direction du parti, a déclaré à la BBC après le discours de Starmer qu'elle informait Downing Street de son intention de recueillir les noms de collègues demandant qu'il fixe un calendrier pour son départ.
Starmer a insisté sur le fait qu'il mènerait le Labour aux prochaines élections générales, prévues en 2029. Mais la spéculation sur un possible changement de Premier ministre est devenue une source d'inquiétude pour les marchés, les investisseurs surveillant le coût d'emprunt déjà élevé de la Grande‑Bretagne.
Les rendements des obligations d'État britanniques de référence à 10 ans, connues sous le nom de gilts, étaient autour de 4.957% après le discours de Starmer lundi matin, en hausse de 4 points de base mais peu changés par rapport à leur niveau avant son intervention. Après l'annonce de West, la vente s'est renforcée, les rendements augmentant d'environ 7 points de base pour atteindre 4.98% à 7:20 a.m. ET, selon le reportage de CNBC.
Des rendements des gilts plus élevés importent car ils peuvent augmenter le coût d'emprunt du gouvernement, réduisant la marge de manœuvre pour les choix budgétaires à un moment où le Royaume‑Uni fait déjà face à une croissance faible et à des pressions inflationnistes persistantes. Kallum Pickering, économiste en chef chez Peel Hunt, a déclaré à CNBC que les récents mouvements laissaient entendre un élément politique dans les rendements des obligations britanniques, même si des conditions économiques plus larges les maintenaient également à un niveau élevé.
Starmer a aussi utilisé son discours pour se démarquer de Reform UK de Nigel Farage, qui a enregistré d'importants gains lors des élections aux conseils locaux, et des Conservatives. Il a dit que ces partis étaient "définis par la rupture de notre relation avec l'Europe", tandis que son gouvernement serait "défini par la reconstruction de notre relation et par le fait de placer la Grande‑Bretagne au cœur de l'Europe."
Al Jazeera a rapporté que Starmer a également promis de nationaliser British Steel, décrivant cela comme faisant partie de son engagement à obtenir une performance plus solide après les mauvais résultats du Labour aux élections.
L'épreuve immédiate pour Starmer est de savoir si suffisamment de députés Labour passeront de la critique publique à une contestation organisée de la direction. Pour les marchés, le prochain signal sera de savoir si la pression politique s'atténue après son discours ou continue d'alimenter le coût d'emprunt de la Grande‑Bretagne.
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