Keir Starmer a annoncé qu’il quittera la direction du Labour, ouvrant un scrutin qui déterminera le prochain premier ministre du Royaume‑Uni.
S’exprimant devant Downing Street, Starmer a déclaré qu’il avait accepté de ne pas être la bonne personne pour conduire le Labour lors de la prochaine élection générale et qu’il avait informé le roi de sa décision de démissionner. Il a dit qu’il resterait premier ministre jusqu’à ce que le parti ait terminé le processus de choix d’un successeur.
Le calendrier présenté par Starmer prévoit l’ouverture des candidatures le 9 juillet et leur clôture avant la pause estivale, le 16 juillet. S’il y a une course, a‑t‑il ajouté, le Labour aurait un nouveau chef en place avant le retour du Parlement en septembre, et il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour assurer une transition «ordonnée».
L’annonce marque un tournant politique net pour un premier ministre qui est entré à Downing Street le 5 juillet 2024 après la victoire écrasante du Labour aux élections. Starmer, devenu chef du Labour en avril 2020, s’apprête à quitter ses fonctions en tant que premier ministre du Labour le plus bref de l’histoire. Son départ signifie aussi que le Royaume‑Uni se dirige vers son septième premier ministre depuis 2016.
Starmer a dit que des députés travaillistes lui avaient demandé s’il était le mieux placé pour conduire le parti à la prochaine élection. «J’ai entendu la réponse de mon groupe parlementaire à cette question, et je l’accepte avec bonne grâce», a‑t‑il déclaré.
La course à la succession a rapidement commencé à se dessiner. Andy Burnham, tout frais d’une victoire sur Reform UK lors de l’élection partielle de Makerfield, a annoncé qu’il se présenterait à la direction du Labour. Wes Streeting, l’ancien ministre de la Santé qui avait été considéré comme un rival potentiel, a déclaré qu’il soutiendrait Burnham après des discussions entre les deux hommes.
Starmer a profité de sa déclaration de démission pour défendre son bilan au gouvernement, notamment sur les droits du travail, l’immigration et la pauvreté infantile, et a dit avoir transformé le Labour après avoir hérité d’un parti qu’il a décrit comme «politiquement, financièrement et moralement en faillite». Il a dit que son successeur bénéficierait de son «soutien plein et sans équivoque».
Les opposants politiques se sont empressés de présenter ce moment comme plus qu’un simple changement de direction du Labour. La cheffe conservatrice Kemi Badenoch a critiqué le bilan de Starmer, le chef des Libéraux‑Démocrates Sir Ed Davey a dit que la Grande‑Bretagne en avait assez du «manège» des premiers ministres, le dirigeant de Reform UK Nigel Farage a réclamé des élections générales, et le chef du Parti vert Zack Polanski a estimé que le pays avait besoin d’un «changement de cap audacieux».
La question immédiate est maintenant de savoir si Burnham fera face à une course contestée, et à quelle vitesse le Labour pourra se mettre d’accord sur un nouveau chef avant le retour des députés à Westminster en septembre.
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