La sénatrice Susan Collins fait du financement fédéral pour le Maine un argument central de sa réélection, alors que le démocrate Graham Platner remet en cause son bilan et sa séniorité à Washington.
La sénatrice Susan Collins présente sa capacité à obtenir des fonds fédéraux pour le Maine comme un argument central en vue de sa réélection, alors que la course au Sénat de l’État se dirige vers un probable affrontement en novembre avec le démocrate Graham Platner.
L’élue républicaine demande aux électeurs de mettre en balance sa séniorité et son rôle de présidente de la commission des crédits du Sénat avec la proposition de Platner en faveur d’un renouvellement politique destiné aux travailleurs. Cette course fait partie des scrutins qui pourraient déterminer le contrôle du Sénat en novembre.
Collins a déjà indiqué à quel point cet argument sera central dans sa campagne. Sa première publicité mettait en avant des fonds fédéraux qu’elle a contribué à obtenir pour un quai brise-lames à Eastport, une communauté du Maine de un peu plus de 1 000 habitants. Elle a aussi décrit son poste aux crédits comme une rare opportunité pour l’État, qualifiant cela d’« occasion unique en un siècle ».
« Et cela disparaîtra avec un sénateur débutant, » a déclaré Collins après avoir répondu à des questions lors d’une conférence sur la fabrication dans le Maine. « Il m’a fallu des années pour gravir l’échelle de la séniorité. »
Son bureau indique qu’elle a obtenu 1,5 milliard de dollars en dépenses du Congrès sur cinq ans pour près de 700 projets locaux. Lors de ses remarques au sommet sur la fabrication, Collins a cité le soutien fédéral aux collèges communautaires, à la recherche biomédicale et des fonds pour lutter contre le bostryche des épinettes, un ravageur qui peut endommager les peuplements résineux du Maine. Elle a aussi évoqué son opposition aux tarifs sur les produits canadiens, qu’elle a dit pouvoir nuire à une papeterie près de la frontière.
Platner, un vétéran de combat et ostréiculteur, a tenté de réduire l’impact de cet argument sans pour autant nier l’importance des fonds fédéraux. Sa campagne a dit que Collins devait être tenue responsable du budget fédéral plus large et des pressions sur le coût de la vie des Maineois. Le directeur de campagne Ben Chin a déclaré en avril que les crédits ciblés pour les routes ou les ponts ne compensent pas ce qu’il a décrit comme le fardeau financier de l’agenda de l’administration Trump.
Platner a aussi accusé Collins d’offrir une « opposition symbolique » aux politiques du président Trump, notamment après qu’elle a fourni un vote clé pour faire avancer le One Big Beautiful Bill de Trump avant de voter finalement contre ce texte. La loi inclut des coupes à Medicaid ; environ 30 % des 1,4 million de résidents du Maine reçoivent des prestations par ce programme, selon le rapport de NPR.
Le combat souligne l’équilibre que Collins a longtemps cherché à maintenir dans le Maine : compter sur les électeurs indépendants et sur les bulletins partagés tout en conservant suffisamment d’appuis républicains dans un État où ses marges se sont réduites. Elle a obtenu près de 70 % des voix en 2014 et 51 % en 2020.
Les dirigeants républicains ont également souligné les enjeux. Le vice‑président Vance a dit lors d’un récent événement à Bangor qu’il souhaitait parfois que Collins soit « plus partisane », mais il a ajouté que « Le Maine est un État indépendant. » Trump, qui avait critiqué Collins auparavant, a déclaré en mars qu’il espérait qu’elle gagne parce que les républicains ont besoin de conserver la majorité au Sénat.
Pour les électeurs, le choix que Collins tente de cadrer est simple : sa séniorité et son bilan en matière de dépenses valent-ils la peine d’être préservés, ou bien la remise en cause du système par Platner correspond-elle mieux au moment présent. Cette question risque de définir la course dans le Maine jusqu’en novembre.
Commentaires (0)