Les actions de Zealand Pharma ont chuté jusqu’à 23 % après que de nouvelles données sur le survodutide ont ravivé les inquiétudes des investisseurs concernant les effets secondaires, malgré des objectifs d’essai atteints.
Les actions de Zealand Pharma ont reculé jusqu’à 23 % lundi, après que de nouvelles données sur son médicament expérimental contre la perte de poids ont fait renaître des inquiétudes au sujet des effets secondaires, mettant la pression sur une action qui avait déjà perdu près de la moitié de sa valeur cette année.
Le laboratoire danois a indiqué que le survodutide, qu’il a concédé sous licence au privé Boehringer Ingelheim, avait atteint des objectifs clés dans un essai de phase avancée. Mais le profil de sécurité a attiré l’attention des investisseurs : 19 % des patients ont interrompu le traitement en raison d’événements gastro‑intestinaux, contre 2,9 % pour le placebo.
Les analystes de Barclays ont écrit dans une note lundi que « la sécurité/tolérabilité demeure la question clé », qualifiant les résultats de décevants pour Zealand, même si les données montraient quelques signaux encourageants liés à la composition corporelle et à la santé du foie.
L’essai a évalué le survodutide sur 76 semaines chez des adultes vivant avec l’obésité ou chez des adultes en surpoids sans diabète de type 2. Les données principales publiées en avril ont montré une perte de poids moyenne pouvant atteindre 16,6 %, contre 3,2 % pour le placebo.
La question pour les investisseurs est de savoir si ce bénéfice suffit dans un marché des médicaments contre l’obésité déjà encombré et de plus en plus concurrentiel. Plus de 40 % des patients ont signalé des vomissements, un niveau que les analystes estiment susceptible de limiter les perspectives commerciales du médicament dans l’obésité ou la stéatose hépatique.
Les analystes de Citi ont été plus directs, écrivant qu’un taux d’arrêt de 19 % lié à des événements indésirables « n’est pas une erreur d’arrondi » et que les taux de nausées, de vomissements, de diarrhée et de constipation semblaient élevés par rapport à des médicaments rivaux tels que le tirzepatide et le sémaglutide.
Les actions de Zealand ont terminé en baisse de 22,9 %, plaçant la société en bas de l’indice paneuropéen Stoxx 600. Ce recul fait suite à un autre revers plus tôt cette année, lorsque des données sur le petrelintide, un autre médicament expérimental anti‑obésité que Zealand développe avec Roche, ont déçu les investisseurs en affichant des résultats de perte de poids inférieurs aux attentes.
Le marché est toujours dominé par les produits à base de sémaglutide de Novo Nordisk, commercialisés sous les noms Wegovy et Ozempic, et par les médicaments à base de tirzepatide d’Eli Lilly, vendus sous les noms Zepbound et Mounjaro. Avec de plus en plus d’entreprises cherchant à prendre part à ce secteur en forte croissance, les investisseurs regardent au‑delà des chiffres bruts de perte de poids pour s’interroger sur la tolérabilité, la différenciation et la capacité des patients à poursuivre le traitement.
Pour Zealand, les derniers résultats laissent une question familière sans réponse : une efficacité prometteuse peut‑elle se traduire par un profil de médicament suffisamment solide pour concurrencer une fois la sécurité et les abandons de patients pris en compte aux côtés de la perte de poids ?
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