Ottawa police ont porté des accusations contre deux hommes après une enquête sur des images sexuelles et violentes présumées générées par IA mettant en scène des femmes à travers le Canada.
Ottawa police ont porté des accusations contre deux hommes après une enquête multisectorielle portant sur l’exploitation en ligne présumée de femmes au moyen d’images sexuelles et violentes générées par IA, une affaire qui, selon des documents judiciaires, concerne jusqu’à 25 victimes présumées.
Les femmes ont expliqué à CBC News s’être senties violées, effrayées et incertaines quant à la diffusion possible des images après avoir appris que des photos provenant de comptes de réseaux sociaux auraient été transformées en photos et vidéos deepfake d’apparence réaliste. Les allégations n’ont pas été vérifiées devant les tribunaux.
Stephen Lowe, 60 ans, de Maitland, N.S., fait face à 79 accusations, ont indiqué la police, notamment de harcèlement, de formulation de menaces, de publication ou de possession de matériel obscène en vue de la diffusion, et d’infractions liées à la pornographie juvénile. Gregry Van Beek, 38 ans, de West Nipissing, Ont., que son avocat dit qu’il appelle Peter Van Beek, est accusé de harcèlement par observation et assiégeage, de complot en vue de commettre une infraction criminelle, de formulation de menaces et de publication d’images intimes sans consentement.
Les avocats des deux accusés ont refusé de commenter auprès de CBC News. Les deux hommes demeurent en détention, selon le reportage.
CBC News a dit avoir parlé à 10 femmes, âgées de 24 à 64 ans, dont les images, selon la police, auraient été liées à l’affaire. Les femmes vivent en Ontario, en Nouvelle-Écosse et au Nunavut, des endroits où Lowe a vécu, bien que toutes ne soient pas identifiées comme victimes dans le dossier judiciaire d’Ottawa.
Une femme, identifiée par CBC seulement comme C.M. parce qu’elle craint pour sa sécurité, a dit qu’une photo ordinaire d’elle avait été transformée en quelque chose de perturbant. « C’était écœurant de voir qu’une photo innocente de moi s’était transformée en quelque chose d’aussi abject », a-t-elle dit.
Les images décrites dans le reportage comprenaient le visage réel de femmes placé dans des scènes générées par IA montrant des violences sexuelles, des liens, des enlèvements et la torture. Certaines femmes ont dit que des images les montraient nues, y compris alors qu’elles étaient mineures. CBC a rapporté avoir visionné une partie du matériel et ne nomme pas le site web impliqué pour éviter de causer davantage de tort.
La police a dit à CBC que l’enquête avait commencé après le signalement d’une femme représentée dans du contenu nuisible en ligne. Les enquêteurs ont ensuite constaté qu’il semblait y avoir plus d’une victime possible et que l’affaire traversait plusieurs juridictions.
Des courriels examinés par CBC indiquaient que la RCMP avait informé les femmes concernées que des profils connus utilisés pour diffuser les images avaient été supprimés et qu’un site d’hébergement principal avait été mis hors ligne. CBC a ensuite confirmé que le site était de nouveau en ligne avec un message indiquant qu’il avait renforcé ses systèmes de modération pour détecter et sanctionner le contenu illégal.
Cette affaire a ravivé l’attention sur les lacunes du droit canadien. Le Canada interdit la diffusion d’images intimes sans consentement depuis 2014, mais des experts cités par CBC ont indiqué que la loi ne couvre pas clairement les deepfakes. Un projet de loi fédéral connu sous le nom Protecting Victims Act, ou projet de loi C-16, élargirait la loi pour inclure les deepfakes sexuels et devrait revenir à la Chambre des communes pour la troisième lecture la semaine prochaine.
Pour les femmes qui se sont exprimées publiquement, le processus judiciaire n’est qu’une partie des retombées. Plusieurs ont dit à CBC craindre que des images aient été téléchargées, copiées ou partagées davantage, et que des renseignements personnels tels que des adresses aient pu circuler en ligne. Le prochain développement majeur est attendu au tribunal, où les procureurs devront prouver les allégations portées contre les accusés.
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